Waitz, op. cil., TH, p
5. Brunner, Deutsche Rechtsg., 11^ p. 254 ; — Roth, Beneficialwesen. p. 330 et suiv. M. Roth, il est vrai, ne présente pas cette assimilation comme s'étant directement opérée. W voit un moyen terme dans les bénéfices en terres que le rci concédait ordinairement au comte dans sa circonscription. Ceux-ci devinrent la dotation de la charge, et en voyant celle-ci se transmettre avec ces bé néfices proprement dits, on en serait arrivé à la considérer elle-même
LES ORIGINES
Gela était d'ailleurs naturel, étant donnée la conception fondamentale du pouvoir royal ^ : la fonction publique était, dans le patrimoine du roi, comme les villse fiscales, et pouvait en être détachée de la même manière. La langue juridique du tx® siècle fournit la preuve très claire de cetle assimilation : les mots hono7\ qui signifie la charge publique, et beneficiiim^ qui désigne le bénéfice, deviennent véritablement synonymes et sont souvent pris Tun pour Tautre^. C'est des bénéfices' honneurs^ et seulement de ceux-là, que s'occupe le capitulaire de Kiersysur-Oise^. Voilà comment se formèrent les grandes seigneuries féodales, et il en est un assez grand nombre pour Thistoire desquelles on peut remonter jusqu'à la fin du ix® siècle. Mais il faut remarquer que, tandis que les comtes acquéraient ainsi le pouvoir à litre propre, sauf à entrer nécessairement dans la vassalité du roi, d'autre part^ par un procédé semblable, il se restreignait entre leurs mains : un certain nombre de leurs inférieurs ou suppléants voyaient aussi s'accomplir à leur profit l'appropriation de leur charge, et souvent des seniores s'interposaient entre eux et leurs pagenses.
Déjà sous les Mérovingiens, plus fréquemment encore sous les Carolingiens, les établissements ecclésiastiques et parfois aussi les grands propriétaires laïques obtiennent d^'étranges concessions appelées immiinilates ^ chartes d'immunité. Elles ont pour objet de faire de leurs domaines une sorte d'enceinte réservée, dont Tentrée est interdite aux agents du pou-
comme un bénéfice. Voyez aussi M. W. Sickel, Beitrage zur deuisclien Verfassungsgeschichie^ p. 28, sur les concessions analogues de bénéfices que les comtes faisaient à leurs subordonnés*