L. 2, 8, 10, 36, C. Th , XVI
4. Eusèbe, Ilisloria ecctesias., X, 7, p. 432 ; L. 3, C, J., I, ?.. Ils furent seulement exemptés des taxes perçues sur les négociants, quand ils faisaient le commerce; L. 8, 5, 10, C. Th., XVJ, 2; mais voyez aussi les lois 11 et 16, C. Th., Xll], 1, qui restreignent, puis suppriment cette exemption.
l'église dans l'empire romain
Constantin accorda aux églises, ainsi investies de la personnalité civile, le droit d'acquérir des biens. Les temples païens avaient joui de ce privilège, mais d^une manière restreinte : les églises furent décls^rées capables d'acquérir toutes sortes de biens, par disposition testamentaire aussi bien que par acte entre vifs*, et cela sans limitation et sans contrôle de la part de TEtat^. C'était pour elles une conquête des plus précieuses, car, jusque-là, elles n'avaient pu acquérir des biens en propre, et n'avaient possédé que sous le couvert des clercs ou des fidèles. Constantin fit plus encore : il constitua un premier fonds à l'église de chaque civitas^ en lui attribuant, à titre de dotation, une partie des biens ou des revenus de la cité ellemême ^ ; plus tard, ce fonds fut grossi par les biens des temples païens abolis. Mais quelle que soit la portée de ce privilège, il était moins exorbitant que le pouvoir de juridiction, quoique très limité, qui fut accordé à l'Eglise. Il y avait là un véritable abandon d un des attributs essentiels de la puissance publique ; mais cela résulta naturellement des conditions dans lesquelles se fit la reconnaissance de l'Eglise,
Aucune société ne peut exister sans une organisation de la justice plus ou moins complétée. Les communautés chrétiennes qui voulaient vivre, isolées et indépendantes dans le monde païen, en écartant toute intervention de l'Etat, avaient dû nécessairement organiser une juridiction propre, pour réprimer les délits qui se commettraient dans leur sein et trancher les litiges civils qui s'élèveraient entre des frères : c'était le seul moyen d'écarter l'action des j uges de l'empire. Elles arrivèrent à ce but de deux façons :
1*^ Elles établirent une répression disciplinaire énergique sur leurs membres. Le chrétien qui commettait un délit était dénoncé à la communauté, qui, s'il était convaincu et ne s'amendait pas, pouvait l'expulser. Dès les premiers temps, dans les Epîtres de saint Paul, dans les Évangiles et dans la lettre de Pline sur les chrétiens, plus tard dans Y Apologétique de Tertullien, on trouve la manifestation très nette de cette