‹ Cours élémentaire d'histoire du droit français à l'usage des étudiants de première année (volume 5)Chapitre 114 sur 545 · Ainsi les curiales, L. 63, C. Th., XII · texte numérisé non relu

Ainsi les curiales, L. 63, C. Th., XII

4. Consulter le second volume de l'ouvrage de M. Lœtnng, qui ne dépasse pas, il est vrai, la période mérovingieone, et Waitz, op, cit.^ II f, 416 et suiv.

l'église dans la monarchie franque

hérétiques ariens : les victoires du roi franc sur ces deux peuples apparurent comme des triomphes du catholicisme sur l'hérésie. Enfin, après la chute de l'empire d'Occident, parmi les ruines des institutions ;^omaines, TÉglise était le seul ore:anisme qui fut resté intact; par là même elle représentait une force considérable. Dans chaque cité, Févêque était le premier personnage et le représentant naturel de la population gallo-romaine^ comme le clergé figurait la première classe de la cité. C'était l'Eglise qui conservait, à peu près seule, la tradition, la science et la civilisation romaine. Pour gouverner les Gallo-Romains, son concours était indispensable au roi barbare : aussi, il l'associa au gouvernement et lui délégua, comme nous le verrons, certains attributs de la puissance publique. Mais, en revanche, le monarque franc prit sur TEglise des Gaules un pouvoir de direction et de conirôle plus énergique et plus complet que celui qu'avait exercé Tempereur romain. Il devint son véritable chef, choisissant ses principaux dignitaires et légiférant pour elle. Cependant, l'Eglise universelle avait un chef spirituel, le pape; mais il n'eut, pendant long^temps, qu^une action restreinte sur l'Église des Gaules, et ne gêna point la dynastie mérovingienne. Sous les Carolingiens, son intervention devint, au contraire, fréquente et efficace; mais, sous les premiers Carolingiens, elle ne contraria en rien Faction du pouvoir royal, car la papauté était alors la cliente et la protégée de la monarchie franque. Après la chute de l'empire d'Occident, la papauté, par tradition, était restée sous la protection et, dans une certaine mesure, dans la dépendance des empereurs d'Orient; mais cette protection devenait, en fait, de moins en moins efficace. Ayant besoin d'un secours plus actif, spécialement contre les rois lombards, la papauté se tourna vers la grande puissance qui s'était élevée en Occident^ vers la monarchie franque, avec laquelle déjà elle avait entretenu quelques relations sous les Mérovingiens. Des relations suivies entre les papes et les rois francs commencèrent sous Charles- Martel, après la bataille de Poitiers, et se continuèrent sous Pépin et Charlemagne : sous le règne de ce dernier, a été rédigé, en 791, un recueil officiel des lettres des papes aux rois francs, résnl' de ce commerce; c'est ce qu'on appelle le

LES ORIGINES

Codex Caroliîius^ . Gela amena, sous les règnes de Pépin et de Cliarlemagne, une intervention armée des Frimes en Italie pour secourir la papauté, et cette intervention se termina par la ruine du royaume lombard et par la donation de certains territoires, que les monarques francs firent à l'Église de Rome. En revanche^ la papauté consacra la dynastie carolingienne : le pape Zacharie approuva la déchéance du dernier roi mérovingien, et le pape Léon III ressuscita au profit de Cliarlemagne l'empire d'Occident. Dès lors se précisa en Occident une conception nouvelle des rapports entre l'Église et TÉtat : la chrétienté est conçue comme ayant deux chefs, Tempereur et le pape; chacun d'eux a son domaine distinct, mais l'empereur est cependant supérieur au pape^. Cela rendait parfaitement logique un des traits qui depuis longtemps caractérisaient l'organisation politique de la monarchie franque. à savoir que les dignitaires de TEglise étaient en môme temps les fonctionnaires de rÉtat : on Ta vu plus haut, dans le comté, le comte et l'évêque étaient, en réalité, deux agents égaux, devant se prêter un mutuel appui et se surveiller l'un l'autre; les missi allaient d'ordinaire deux par deux, un comte et un évêque, et enfin, dans les placita, les éveques et les abhés siégaient à coté des comtes. Mais c'était là un équilibre instable entre les deux puissances : celte harmonie ne survivra pas à Cliarlemagne, et déjà, sous Louis le Débonnaire, plus nettement sous ses successeurs, l'Église s'efTorcera de conquérir Tindépendance, puis la suprématie. Pour l'instant, voyons ce que devinrent, dans la monarchie franque, son organisation et ses privilèges.

L'unité constitutive de l'Église était toujours l'évêché; seulement, le clergé perdait peu à peu son caractère strictement urbain; les paroisses rurales s'étaient développées et multipliées. Les principes antérieurs, quant à la nomination de Tévêque, restaient en vigueur : la règle était qu'il était élu par le clergé et le peuple de la cité. Mais, en même temps, la règle

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