‹ Cours élémentaire d'histoire du droit français à l'usage des étudiants de première année (volume 5)Chapitre 187 sur 545 · Ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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2. Greg. Tur. Historia Francorum^ III, 34; c'est un évêque qui s'adresse au roi Théodeber t : « Rogo, si pietas tua habet aliquid de pecuuia, nobis commodis... cumque hi uegucium exerceutes responsum in civitate noslra, sicut reliquat habent^ prsestiterint^ pecuniam tuam cum u^uris legitimis reddimus. )>

3. Sur la gilde, voyez Drioux : De la gilde germanique ^l?a.v'\Sy 1883; — Charles Gross, The gild merchant^ Oxfort, 1890; et surtout le bel ouvrage de M. Hegel, Stddle itnd Gilden. Selon M. Hegel, la gilde aurait été le produit à la fois des coutumes germaniques et des idées chrétiennes, dans un milieu où la t^écurité faisait défaut. Elle présenterait trois caractères distinctifs et essentiels : lo Tassociation se réunissait périodiquement dans des banquets, auxquels devaient prendre part les associés (ce serait un souvenir des sacrifices et des banquets du paganisme germanique) ; 2** tous les associés devaient se considérer comme des frères et Tassociation se livrait à des pratiques pieuses (ce serait la part des idées chrétiennes dans Tinstitution) ; 3^ les associés étaient tenus de se soutenir et se défendre les uns les autres, Fassocriation exerçant sur tous une juridiction disciplinaire ; enfin le plus souvent Tassociation et les obligations des associés sont garanties par la foi du sermeut; t. 1, p. 7 et suiv. ; 27 et suiv. ; 102 et èuiv. ; 250 et suiv. ; t. H, 168, 169, 501 et suiv. L'existence des gildes est tout d'abord attestée parles prohibitions séculières et canoniques dirigées contre elles à Tépoque carolingienne (t. I, p. 1-4). Elles se développent largement chez les Anglo-Saxons, jusqu'à la conquête normande, et en Danemark, où peut-être elles avaient été importées d'Angleterre. Au moyen àge^ c'est la forme que prennent le plus souvent les corporations de marchands; à ce type se rattachent également les associations si intéressantes qui existent dans certaines villes flamandes sous le nom de caritates (charités), t. II, p. 147 et suiv., 172.

L\ SOCIÉTÉ FÉODALE

corps municipal, et^ si celte Ihèse paraît trop absolue, elle contient cependant une grande part de vérité*. En France, l'organisation municipale révèle très souvent la part considérable qu'ont eue les corporations dans la conquête des franchises en ce que les officiers municipaux sont nommés par ces corporations, qui constituent ainsi le collège électoral^. Parfois, c'est un corps de marchands qui concentre entre ses mains tout le pouvoir municipal*. Pour la ville de Saint-Omer, on a démontré que la gilde marchande est directement devenue la commune^, et le môme phénomène s'est produit pour la municipalité de Paris. On sait, en elTet, que celle-ci fut d'abord concentrée dans la corporation des marchands de Veau, qui faisait l'importation des marchandises par le cours de la Seine, et dont on a voulu souvent faire remonter les origines à une corporation de nantie Parisienses^ que l'on trouve à l'époque romaine^. Le maire de Paris^ dans Tancien régime, portera jusqu'au bout le titre de prévôt des marchands, et l'emblème de la vieille corporation figure encore dans le blason de la ville de Paris. Enfin^ d'autres associations jouèrent souvent un rôle prépondérant dans le mouvement d^émancipation : celleslà sont toutes politiques, bien que souvent elles se déguisent sous la forme de confréries religieuses. Ce sont des sociétés de secours et de défense mutuels^ formées spontanément entre les habitants d'une ville. Ces associations avaient dû être tentées de bonne heure, car ce sont elles, sans doute, que pro-

1. Voyez, contre cette thèse, M. Gross, op. cU.^,^ ch. v-vii, qui résume tous les travaux sur la question, et App. A, B. — M. Hegel combat également cette idée ; il n'admet Tidentitc de la gilde des marchands et de la municipalité anglaise que dans quelques cas exceptiounels, pour Preston et Worcester par exemple ; encore cette assimilation serait-elle un état, non originaire, mais second; t. 1, p. 93etsuiv., 113. Mais, dans son travail si complet et si consciencieux, M. Hegel a relevé nombre de faits qui montrent que, si la giide est rarement devenue toute Forganisation municipale, elle en a été souvent partie intégrante et importante ; voyez, par exemple, t. II, p. 157-160 (Saint- Omer) ; 162 (Arras).

2. Cil. Gross, op. c?7., ^pp. F., The contineiilal (jUd mcrchant, p. 2S2 etsuiv.

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