Luchaire, Les communes, p. 117 et suit
LES VILLES
le droit de faire elle-même des expéditions contre ses ennemis propres \ C'est ainsi qu'elle partait en corps pour aller détruire la maison de l'étranger, qui était venu porter la violence chez elle et n^avait pas voulu répondre devant ses mag^istrats*. Il n'y a là d'ailleurs rien de bien surprenant, dans une société où les guerres privées étaient licites
Tous ces droits politiques, c'étaient les attributs naturels de la seîg-neurie, et les villes privilégiées furent incontestablement considérées comme des seigneuries. Parfois, cela se traduisait par une forme précise, par un hommage que le principal officier municipal faisait au roi, au nom de la^ville* ; mais partout celte idée était la base de la pleine franchise municipale. On ne se figurait pas alors les droits politiques sous une autre forme que celle du fief ou de la seigneurie. Celle-ci d'ailleurs pouvait avoir pour titulaire [réel une personne morale^ comme le prouve Texistence des seigneuries ecclésiastiques. Elle pouvait de même appartenir à une collectivité d'habitants, constituant un être de raison, et représentés par des officiers municipaux^.
Quelque étendue qu'eussent d'^ailleurs les privilèges d'une ville, alors même que celle-ci ne devenait pas une personne publique, support d'une seigneurie, ses habitants, ceux qui étaient couverts par ses privilèges, appartenaient dos lors à une nouvelle classe de personnes. Le bourgeois, ou citoyen de la ville privilégiée, représente vraiment un nouvel étatdans la société féodale ; il se distingue des autres roturiers et se rapproche sensiblement du noble ; c'est un privilégié, comme ce dernier et comme Tecclésiastique.
Autant que par Tétendue de leurs privilèges , les villes affran-