Ci-dessus, p. 251 et suiv
4. Flainmermont, de Concessu legis et auxilii, p. 33 et suiv.
5. Dans les documents se rapportant aux villes, il est aussi question très souvent des murs ou remparts. La ville se présentait na:turenement comme une enceinte fortifiée, et c'était là encore un des traits qui la distiuguaient du plat pays : mais avoir^ des remparts en bon état était pour elle tout^aulant une obligation qu'un droit.
LA SOCIKIÉ FÉODALE
chies variaient par la forme de leur organisation municipale : ici encore, c'était rinclividualisnie qui dominait. Cependant, sous cette diversité apparente et d'ailleurs réelle, on constate une certaine unité partielle. Divers groupes de villes arrivèrent à avoir des chartes^ qui ne présentaient guère que les variantes d'un même type. Cela se fit en premier lieu par la propagation directe des chartes. Une charte rédigée pour une seule ville se trouva répondre aux besoins d'une région tout entière, ou, tout au moins^ d'un certain nombre d'autres cités. Elle fut copiée ou même parfois transplantée presque ^ans modifications \ La charte qui a eu ainsi la propagation la plus étendue, ce sont les établissements de Rouen que les monarques anglais accordèrent aux principales villes, dans leurs possessions de l'ouest de la France, depuis Rouen jusqu'à Rayonne*. Eurent également une large dilTusion, les chartes d'Amiens, de Laon^ de Saint-Qiiantin, la loi de Reaumont en Argonne ^, la coutume de Lorris en Gàtinais '% la charte enfin qui fut donnée, en 1270, aux habitants de Riom^ par Alphonse de Poitiers^ et que l'on appela TAlphonsine.
En dehors de cette propagation directe^ il arriva, parle jeu des lois naturelles, qu'un certain type d'organisation municipal tendit à se reproduire dans la môme grande région du pays : c'est ainsi que s'étend et se limite l'action des dialectes, et que dans chaque province s'établit un type spécial pour le costume des habitants et la structure des habitations. Je n'ai point rintention de présenter ici la géographie politique de la France du moyen âge quant à Torganisation municipale mais je voudrais esquisser trois formes d'organisation municipale, qui sont particulièrement nettes, et qui ont été historiquement les plus importantes : la commune, le consulat et la ville de prévôté.
1. cil. Gross, T/ie gild merchant^ App. E, Affiliation of 7nedieval boroug/is ; — Luchaire, Les communes, p. 136 et suiv. ; — Hegel, Stddte und Gilden^ II, p. 65, 67, 15, 77-80, 81 et suiv.