De Luçay, op. cit. y p
3. Piganiol de la Force, op. cil,, p. 217, indiquant la composition du conseil des dépêches, dont il sera parlé plus loin, énumère parmi les membres qui le composent, « les quatre secrétaires d'État, et ceux qui sont reçus en survivance de leurs charges
4. Voir ce règlement dans Guyot, Traité des droits, fonction^^, franchises^
LES MINISTRES ET LE3 CONSEILS
xvie siècle. En 1370, un règlement mit dans le département de l'un des secrétaires tout ce qui concernait la maison du roi (garde royale) et la gendarmerie (grosse cavalerie)* : c'était la première ébauched'un ministère de la guerre. En 1589, un nouveau règlement fit un pas de plus ; non seulement il maintint et compléla le département de la guerre, mais il créa un ministère des affaires étrangères, en mettant dans le département d'un autre secrétaire toute la correspondance avec rétraager^. Le règlement de 1589 avait aussi créé des bureaux ministériels, d'ailleurs des plus modestes*. Tels furent les secrétaires d'État sous la monarchie tempérée : juridiquement, Tinstitulion était arrivée dès lors à son complet développement, mais elle ne devait recevoir toute son importance politique que sous la monarchie absolue.
Cependant, sous celle-ci, l'importance de Te nploi fut tout d'abord voilée par la situation prépondérante que prenait Tua des secrétaires^ Richelieu* ou Mazarin, en qualité de premier ministre tout-puissant. Avec le gouvernement personnel de Louis XIV, elle apparat dans tout son jour, rien ne s'int)rposaut plus entre chacun des secrétaires et le roi. Ils devinrent alors ces minisires que Saint-Simon a si énergiqaement quâfc*^ lilîés, « le monstre qui avait dévoré la noblesse, les tout-^ puissants ennemis des seigneurs, qu'ils avaient mis en poudre sous leurs pieds ». Choisis parmi les hommes désignés par leur capacité professionnelle, mais sortis ordinairement de la roture ou de la petite noblesse, ils étaient les instruments naturels du pouvoir absolu, et leur avènement coïncidait avec l'abaissement politique de la haute noblesse. Aussi une réaction violente se déchaîna contre eux à la mort de Louis XIV.
exemptions^ prérogatives et privilèges annexés en France à chaque dignité^ à chaque office et à chaque état^ t. H, 2® partie, p. 216 : «Charge lesdits secrétaires défaire ce qui est de leur devoir... chacun au départemeat qui leur sera baillé par Sa Majesté; lequel elle entend leur changer d'an en an, ou leur continuer, selon ce qu'elle jugera le plus à propos pour le bien de son service. »