Isambert, XXIII, p. 4'i, note
LE POUVOIR LÉGISLATIF
de sa liberté reconquise que pour faire opposition à un certain nombre de mesures libérales, que Topinion publique imposa au gouvernement personnel de Louis XVI, comme nous le constaterons lorsqu'elles passeront successivement sous nos yeux. C'est seulement en 1787, qu'il reprit la direction du mouvement poli tique, comme interprète de Tesprit public. Après la première réunion des notables, en exécution de leurs délibérations, le gouvernement de Louis XVI rédigea un certain nombre de projets de lois importants. Plusieurs étaient conformes au vœu général (liberté du commerce des grains, établissement des assemblées provinciales, conversion en argent de la corvée royale); mais il y avait aussi des édits fiscaux. L'un, d'ailleurs assez bien combiné, établissait une imposition territoriale ^ ; un autre créait un impôt nouveau du timbre*. Le parlement refusa de les accepter. Le roi les fit enregistrer dans un lit de justice ; mais le parlement protesta dans des remontrances rendues publiques, faisant appel aux Etats généraux dont il fut ainsi le premier à demander la réunion^. La royauté se crut asse"^ forte encore pour user de ses anciens procédés, et le parlement fut exilé à Troyes. Mais la Cour des aides et la Cour des comptes le soutinrent en refusant également d'enregistrer les édits ; il finit cependant par céder et obtint son rappel en acceptant, à la place des impôts proposés^ une autre combinaison financière. Ce n^'était là qu'une trêve. Le 19 novembre, Louis XVI vint faire enregistrer, dans une séance royale, tout un système d'emprunts* ; le roi ayant laisse