Flammermont, op. cit,^ p
LE DÉVELOPPEMENT DU POUVOIR ROYAL
dualité distincte, soit dans chaque bailliage, soit dans un ensemble de plusieurs bailliages et sénéchaussées constituant ce qu'on appellera plus tard une province. Il y avait alors une délibération commune, et Tadhésion à l'impôt royal était donnée pour toute la circonscription*. C'est de cette pratique que sortirent, comme on le verra plus loin, un certain nombre d'Elats provinciaux.
Eniin, le procédéle plus simple et leplussatisfaisant en même t(»mps consista à demander l'aide aux Etats généraux, comme on Ta vu précédemment. Mais ce procédé lorsqu'il eut été introduit ne fit point disparaître les deux autres, qui furent encore employés de préférence selon les cas^. Il faut, ajouter que les aides votées par les Etats généraux, au cours du xiv® siècle, ne furent pas simplement une application du principe que j'ai indiqué; les seigneurs ecclésiastiques etlaïques ne se contentaient pas ordinairement de laisser le roi lever un impôt sur leurs sujets imposables, c'est-à-dire serfs ou roturiers; le plus souvent, à cette époque, l'aide votée par les Etats généraux porta sur tous les sujets du royaume, c'est-à-dire même sur les nobles et les ecclésiastiques.
En même temps que les rois obtenaient ainsi des impôts extraordinaires, plus ou moins généraux, ils essayaient, dans certains cas^ d'en établir iV autorité^ sans vote ni adhésionpréalable. Lorsque le roi , considéré comme seigneur, se trouva dans un des cas précis où, d'après la coutume, le seigneur pouvait exiger de ses vassaux l'aide féodale % il prétendit^ au cours du xnrsiècle, lever une imposition sur lessujets de ses vassaux, au lieu de faire contribuer les vassaux eux-mêmes. Au fond, cela revenait à peu près au même, car le seigneur vassal qui payait l'aide à son propre seigneur avait coutume de la récupérer en levant, à celte occasion, sur ses sujets une taille au moins égale '* ; on évitait môme un circuit inutile. Mais, en droite c'était
1. Voyez des exemples : eu 1319, les iioblea réunis en Auvergne; en i;B50, les États de Vermandois et les États de Noruiandie ; en 1351, le baillia^^e d'Auûeus (Ord., T, 602 ; 111, 391 ; II, 402, 439). — Thomas, Les Étais provinciaux de la Finance ce 7i traie sous Charles VII.
2. La première aide fut demandée aux États généraux en 1314. Flammermont, op. cit.^ p. 118.