Tacite, A?m., XI, 23; Hisl., I, 8, SI
2. C'est pourtant un point délicat que de savoir si Fédit de Garacalla accorda le droit de cité à tous les hommes libres établis dans Tempire. INI. Mommsen incline à penser qu'il s'api)liquait seulement à ceux qui appartenaient à une civilas ayant une organisation municipale ; voyez Schwelzer Nac/istudleîiydains Vller^ 77ies, t. XVJ, p. 475.
3. Sur Timportance djs coutumes provinciales dans renqjire roniaiu^ Vijyez^ il est vrai, pour TOrient, Mitteis. Reichsrec/tt und Volksï-echf la den dslJlc/œn Provlnzen des romUcken Kaiset reicks ^ 1891.
à peu de ce grand corps si bien organisé ; cela venait surtout de ce que toute liberté en était absente.
La liberté politique, qui implique la participation des citoyens aux atTaires publiques, à celles qui intéressent l'Etat tout entier, avait disparu la première. De bonne heure, sous le Haut-Empire, les citoyens romains, disséminés d'ailleurs sur une immense étendue de pays, avaient cessé de participer au vote des lois et des impôts, à Télection des magistrats supérieurs. Tout pouvoir, à cet égard, avait passé à l'empereur et au sénat ; puis s'était concentré, au Bas-Empire, entre les mains de l'empereur seul : le sénat n'était plus qu'un corps de parade, sans aucune autorité \ le litre de sénateur, accordé k un grand nombre de fonctionnaires et se transmettant héréditairement, n'était plus qu'un titre de noblesse^.
Les lifjertés locales^ avaient persisté plus long-temps, c'està-dire celles qui assurent aux habitants d'une circonscription l'autonomie administrative, en leur donnant droit de diriger eux-mêmes la g^eslion des intérêts locaux Le régime municipal, qui les représentait, fut libre et florissant pendant les deux premiers siècles de l'ère chrétienne. Mais, dans le cours du ni'', la forte organisation municipale de l'empire, sans perdre son importance, perdit, dans une large mesure, son indépendance. Elle devint, en réalité, un rouage de l'administration impériale^ le dernier et le plus important, celui qui était en contact immédiat avec la population, et sur lequel portait le poids de toute la machine.
L'empire étant devenu une monarchie absolue et administrative, l'administration impériale prit peu à peu pour tâche d'assurer partout non seulement Tordre et la justice, mais encore la vie et la prospérité matérielles. Pour arriver à ce résultat, elle tendit à constituer un vaste système de classes et presque de castes, de façon que lous les services, nécessaires ou utiles à la vie sociale, eussent toujours un personnel suflisant. Elle s'ingénia à maintenir d'autorité chaque homme dans la fonction ou la profession qu'il avait adoptée ou pour
1. Kuhu, Die sladtische und bUrgerliche Ver fassung ries rdmlschen Beichs^ 11, p. 203.
2i Knhn, op. cit.. H, p. 107 et suiv.
LES INSTITUTIONS ROMAIISES EN GAULE 5
laquelle il était désigné par sa condition sociale, sa fortune ou son éducation , et, par une conséquence naturelle, elle tendit à rendre les fonctions et professions légalement héréditaires, en forçant les fils à continuer celles de leurs pères -.Sans doute, ce système, dont les origines premières et la formation successive n'apparaissent pas avec une clarté parfaite, n'arriva jamais à une application générale; mais nous en trouvons des applications partielles et très importantes. C'est ainsi que les décurions, membres des sénats municipaux, étaient attachés à leur fonction, et que leurs fils étaient nécessairement décurions à leur tour; les fils des vétérans et soldats étaient tenus d'entrer dans l'armée^; les offîciales, c'est-à-dire les employés des bureaux des fonctionnaires supérieurs étaient rivés à leur emploi ^, et, sonvent, leurs fils devaient suivre la même carrière". D'autre part, les colons étaient attachés, à perpéUieWe demeure, à la terre qu'ils cultivaient, et leur condition était héréditaire; les ouvriers et artisans des vilk^.s étaient, au moins pour certaines professions, attachés de ht même manière à leur métier, et, en général^ les marchands et artisans étaient enrégimentés sous Tautorité et la surveillance de Tadministration. Celle-ci^ on le voit, réglementait la production des richesses.
Cette vaste machine administrative ne fonctiorinait point sans nécessiter d'immenses dépenses. De là des impôts très lourds, qui écrasaient la population, en même temps que la production décroissait sous la double influence de la réglementation à outrance et du travail servile, peu productif de sa nature.
L'administration, qui régissait l'empire, s'était constituée peu à peu, entraînant une centralisation progressive ; elle avait reçu sa forme dernière, à la fin du ui« siècle et au commencement du IV®, par les réformes de Dioclélien et de Constantin;