LES LIBERTÉS DE L'ÉGLISE GALLICANE
On entendait, dans ^ancienne France, sous le nom de libertés^ droits et franchises de V Eglise gallicane^ un ensemble de règles qui déterminaient la condition de FEglise nationale quant au temporel et à la discipline. Elles établissaient, en réalité, que l'Église gallicane était, à cet égard, largement indépendante de la papauté, mais qu'en revanche elle dépendait, dans la même mesure^ du pouvoir royal. C'était donc une partie très importante de notre ancien droit public. Les termes libertés ^ droits et franchises de l'Église gallicane apparaissent de bonne heure. Ils sont prononcés par les prélats dans la dispute de Vincennes ^. Les ordonnances des xiv® et xv^ siècles, rendues pendant le grand schisme^, proclament et rétablissent ces libertés; la Pragmatique sanction en contient l'expression et en même temps une application éclatante. Mais c'est seulement dans la seconde moitié du xvi® siècle, et au commencement du xvii^, que ces principes arrivèrent à former un corps de doctrine. Cela se fit par l'action non de la législation, mais de la littérature. Quatre écrivains exercèrent à cet égard une influence prépondérante. Le premier, Jean du Tiilet, composa sous Henri II plusieurs substantiels mémoires et études sur les libertés de TEglise gallicane^. Puis Guy Coquille, sire de Romenay, écrivit avec sa vigueur ordinaire