‹ Cours élémentaire d'histoire du droit français à l'usage des étudiants de première année (volume 5)Chapitre 471 sur 545 · Ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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LE DÉVELOPPEMENT DU POUVOIR ROYAL

ils s'étaient formés pour la défense niulueile des intérêts; parfois^ ils résultaient naturellement de ce que les ouvriers qu'ils comprenaient étaient serfs d'une même abbaye^. Mais ce ne furent point des corps fermés, ni une enrégimentation par voie d'autorité. Tous ceux qui^ en fait, exerçaient le métier pouvaient y entrer, en se soumettant aux statuts, et aucun ouvrier ou marchand ne song-eait à rester en dehors de la corporation. A cette époque, l'homme isolé était sans force et sans droit : le métierou le commerce absolument individuels étaient impossibles^. La liberté du travail avait été cependant restreinte dans la société féodale, en ce que, pour pouvoir exercer la plupart des métiers, il fallait obtenir Tautorisation, moyennant finance^ de l'autorité qui exerçait la haute justice dans \v lieu, seigneur, municipalité ou pouvoir royal ' ; mais cela suffisait en droit pour ouvrir boutique ou atelier et le nombre des patrons ou des ouvriers n'était pas limité.

Dans le cours des xui*" et xiv"" siècles, une transformation se produisit. Les statuts des corporations qui, jusque-là, a valent été le plus souvent purement coutumiers, qui, dans tous les cas^ n'avaient que le caractère de règlements intérieurs, furent soumis à l'approbation de l'autorité seigneuriale, municipale ou royale (selon les cas), et devinrent ainsi des règ^lements publics et administratifs. Cette rédaction se lit, pour Paris, sous le règne de saint Louis, sous la direction d'Élienne Boileau, prévôt des marchands, et elle s'est conservée sous le nom de Livre des métiers^. Les corporations profitèrent de cette interven-

1. l'iach, Les orlrjines de l ancienne France^ 11, p. 378 et saiv. ; — ci-dessus, p.:iOO.

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