‹ Cours élémentaire d'histoire du droit français à l'usage des étudiants de première année (volume 5)Chapitre 479 sur 545 · Brunner, op. cit., I, p · texte numérisé non relu

Brunner, op. cit., I, p

2. Yves de Chartres le cite à la fia du xi® siècle, Ép. CLXXl ; de même qu*il cite le Code théodosien d'après le Bréviaire Ép, CCXIL

LA COUTUME ET LA LOI

La renaissaace des études de droit romaia, qui se produisit dans la seconde moitié du xi^ siècle, et qui atteignit sa pleine floraison au xii''*, introduisit un élément nouveau. Elle révolutionna le droit privé plus profondément encore que le droit public \ Partout le droit romain exerça son inlluence scientifique, servant de modèle aux jurisconsultes, et faisant pénétrer dans la jurisprudence des principes directeurs; dans certaines régions, il se fil recevoir comme loi véritable, comme loi écrite et impérative. Dans le midi de la France, où la coutume avait été profondément imprégnée de droit romain, où les populations vivaient en réalité sous l'empire du droit romain passé à l'état de coutume, les lois romaines, remises en lumière et en honneur, prirent sans difficulté force de loi vivante. Cela se fit naturellement, par le consentement des populations, par l'autorité de la coutume. Ce fut comme un pays qui, ayant perdu ses codes, aurait vécu pendant quelques siècles sur leur seul souvenir, et qui les retrouverait un beau jour. Plus tard, nos anciens jurisconsultes étaient assez embarrassés pour expliquer cette valeur acquise dans une portion de la France par le droit romain. Ils craignaient d'y voir un signe de cette suprématie prétendue par l'Empire, et contre laquelle ils protestaient : ils disaient généralement que c'était un etTet de la bienveillance des rois de France, qui avaient permis aux populations de se servir des lois romaines^. Mais si quelques provinces du midi, lors de leur réunion à la couronne % av^aient

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