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LA COUTUME ET LE DROIT ROMAIN
les successeurs immédiats d'Irnerius ; Rog-eriiis, Placentinus, JohanaesBassianus, Ottoet Azo ^ PJacentin professaen France, à Montpellier^ en 1182, et mourut dans celte ville en 1192 ^ Azo enseigna également en France, du moins en Provence».
Dans le premier tiers du xiu® siècle se produisit un fait d'une importance capitale. Le professeur Accurse eut Tidée d'élever à TEcole de Bologne un monument digne d'elle-, en concentrant dans un livre tout ce qu'elle avait produit d'essentiel, l^our cela, il réunit, en les classant et en cherchant à les concilier lorsqu'elles étaient contraires, les principales gloses que les docteurs avaient accumulées depuis Irnerius par leur travail successif. Il composa ainsi une glose d'ensemble, ou Grande Glose, qui résuma le travail des générations précédentes La glose d'Accurse eiU un immense succès; elle représenta l'interprétation définitive des lois romaines. Dans TEcole et au palais, elle acquit une autorité presque législative ; bientôt elle devint le complément obligé du texte à côle duquel on la reproduisit constamment; ce fut la Glossa ordinaria ou glose par excellence. Il arriva même que la glose masqua le texte, et cela eut un contre-coup fâcheux sur l'enseignement des écoles, qui perdit en partie son originalité première. Les professeurs, en effet, se donnèrent pour tache d'expliquer non seulement le texte, mais encore la glose, et souvent c'est sur elle qu'ils firent porter leur principal effort. Cependant, l'activité des docteurs italiens prit bientôt une autre direction.
Les glossateurs avaient poursuivi un double but. Ils avaient cherché sincèrement à retrouver le sens exact des textes romains, sans y rien ajouter de leur propre fonds; ils avaient
1. Savigny, Geschichte, 2» édit., t. IV et V. — Sur Técole des glossateurs d'iriierius à Accurse, voyez aussi Laadsberg, Die Glosse des AcciirsiuSy itnd ihre Lthi-e von Eigenthum^ Leipzig, 1883, p. 11-23.