Saviguy, op. cit., IV, p. 2^5 et suiv
3. Schulte, Geschirtite der Qiiellen und Litceratur des canonischen Rechts^ t. H, p. 130, note 1. — Pour les maîtres français daas cette période, voir Saviguy, op. cit., IV^ p. 440 et suiv.
4 J^a glose des Novelles porte la date de 1220; Auth. coUalio qicinta, lit. II, praefat. v^ Indictionis : « Si autem velis illam iudicliooem colligere accipe annos Domiui qui sunt MCGXX. » — Sur la glose d'Accurse, voyez l'ouvrage de Landsberg cité ci-dessus, p. 23 et suiv.
LA COUTUME ET LA LOI
tenté de faire passer dans la pratique, intég-ralement et telle quelle, la législation ainsi restaurée ^ C'était là, d'ailleurs, pour la seconde partie du moins, un résultat impossible à atteindre^ et, pour la première partie, la glose semblait avoir tout fait. Aussi^ à partir du xiv"" siècle, la science entra-t-elie décidément dans une autre voie, Elle s'efforça de dégager des lois romaines, par un interprétation plus ou moins sincère ou forcée, des principes et des théories, fécondes en résultats et répondant aux besoins de la pratique. Ce fut un travail de construction plus que d'interprétation véritable. En même temps, comme il s'agissait de poser des principes et d'en dégager les conséquences, les jurisconsultes s'approprièrentle mode de raisonnement, qui s'était développé pour la théologie et la philosophie^ c'est-à-dire ladialectique scolastique Cette tendance nouvelle paraît s'être manifestée d'abord enFrance, et se rattacher àl'enseignementque JacquesdeRevigny (Jacobusde Ravanis) donna dans le dernier tiers du xiii^ siècle^. Mais elle eut son représentant le plus illustre dans la personne de Tltalien Bartole^. Celui-ci, dont la vie fut courte (1314-1337), exerça une influence immense et atteignit à la gloire la plus complète. C'est de lui que procède, on peut le dire^ toute la littérature postérieure du droit romain jusqu'à l'Ecole française du xvi^ siècle. Il avait été admirablement préparé à entrer dans la voie nouvelle, par les années qu'il consacra à la pratique judiciaire avant de commencer son enseignement^. Il ne fut point un inventeur^ car son maître Cinus s'était inspiré de Jacques de Revigny et de ses élèves, et lui-même puisa largement à la même source*'. Mais il appliqua leur méthode avec une puissance et un génie supérieurs et en tira d'immenses richesses
1. Sur ce point, voyez Fitting, Qusestiones de juris suhtilitate des Irnerius^ Einleitung, p. 23 et suiv.
2. Gaillemer, U enseignement du droit civil en France vers la fin du xiir siècle^ dans la Nouvelle Revue historique, lll, 1878, p. 604 ; — Flach, Cujas, Bariole et les BartoUstes, même Revue^ 1883, p. 218 et suiv.; — Rivier, ibid., 1888, p. 301.
3. Voyez les travaux cités à la note précédente, Rivier, p. 604; — Flach, p. 216. Sur les Lecturœ de Jacques de Revigny, voyez M. d'Ablaing, môme Revue, 1888, p. 360.