‹ Cours élémentaire d'histoire du droit français à l'usage des étudiants de première année (volume 5)Chapitre 516 sur 545 · Savigny, op. cit., VI, p · texte numérisé non relu

Savigny, op. cit., VI, p

4. On peut s'en apercevoir aux nombreuses citations que j'ai empruntées à la Praclica de Jacobi et aux Institutes de Faber.

5. Par certains passages d'auteurs littéraires, on peut constater quels étaient

LA COUTUME ET LA LOI

Mais, au xvre siècle, se produisit, dans noire pays, une nouvelle renaissance des éludes de droil romain, qui différa profondément de celle des xi* et xu"* siècles. Elle fut une conséquence de la Renaissance proprement dite, et présenta deux caractères distinctifs. 1" Elle eut pour but de rendre aux lois romaines leur véritable portée et leur sens originel, au moj^en de Thisloire et de Térudilion. 2^ Elle tendit à faire la synthèse et le système du droit romain, ainsi reconstitué, pour dégager son esprit et sa philosophie^. En même temps, ellr* introduisit dans ces études, qui continuèrent à être exposées en langue laline, le lalinpoli et élégant des humanistes, au lieu de ridiome barbare qu'avaient parlé les glossaleurs et surtout les liarlolistes. Ce mouvement % comme toute rénovation, eut ses précurseurs qui furent un Italien, Alciat, et un Français, Budée; elle eut son foyer principal dans la petite Université de Bourges^. Ses représentants les plus illustres, que je choisis au milieu d^une véritable pléiade, furent Cujas, Doneau et Jacques Godefroy.

Cujas (1522-1390)* professa un peu partout dans les écoles de France, comme c'était alors l'usage pour les maîtres célèbres, mais surtout à Bourges. Il a laissé une œuvre d'une

les romanistes les plus connus eu France. Voyez le passage de llabehiis, plus haut cité, p. 769, note 3. Ou peut y joindre les passages suivants. Goinnulle, Ae Menteur^ acte I, scène vi : « Je sais le Code eutier avec les Authentiques, — le Digeste nouveau, le vieux, Ylnfortiat^ — ce qu'eu a dit Jasou, Balde, Accurse, Alciat. » — INIolière, M. de Pourcedugnac^ acte li, scène xiu : <i Si vous consultez dos auteurs, — législateurs et glossateurs, — Justiniau, Papiniau, — Ulpian et Tribonian, — Fernand, Rebutfe, Jean Imole, — Paul Castre, Juiian, Bariliole, — Jason, Alciat et Cujas. »

1. Rabelais a dégagé nettement tons ces caractères, Pantagruel ^ 1. 11, cb. x. Voyez le frcignient cité plus haut, p. 7H0, note 3, et encore ce passage : « Davantage, veu que les loix sont extirpées du milieu de philosophie morale et naturelle, comment Tenteudront ces foiz, qui ont par Dieu moins estudié en philosophie que ma inulle. »

2. Sur ce qui suit, vo3'ez Adolphe Tardif, Histoire des sources du droit français, origines romaines, ch. vi, p. 463 et suiv. ; — Stintzing, Geschichte der Deuischen Recktsicissenschaft, 1880, t. 1, ch. x, p. 367-385.

3. Voyez dans Rabelais, Pantagruel^ 1. II, ch. v, le passage où Pantagruel visite successivement les diverses universités de France; en dernier lieu « Ainsi vint à Bourges, où estudia bien longtemps et profita beaucoup en la Faculté des loix. »

4. Berriat Saint-Prix, Hisloire du droit romain suivie de l histoire de Cujas, Paris, 1821.

LA COUTUME ET LE DROIT ROMAIN

étendue et d'une richesse admirables. Il représente surtout, dans l'école du xvi^ siècle, la méthode historique et l'érudition appliquées au droit romain, et jamais peut-être on n'en a tiré de plus féconds résultats. Ses principaux ouvrages sont : 1*^ ses Ohservationes et emendationes, en dix-huit livres, où il éclaire et souvent rétablit d'innombrables passages des lois et dos auteurs latins; 2° ses Commentaires sur les fragments des principaux ouvrages des grands jurisconsultes épars dans le Digeste. En rapprochant livre par livre les débris d'un même ouvrage, Cujas a essayé de leur rendre, dans la mesure du possible, leur physionomie originale. C'est ainsi qu'il a reconstitué en parlie Papinien, Paul, Julien etModestin^ Cujas a suivi la méthode exégélique, tempérée par les reconstitutions dont il vient d'être parlé. — Doneau représente surtout la synthèse du droit romain^. Né, en 1527, à Châlon-sur-Saône, il étudia d'abord à Toulouse, puis à Bourges où il professa. Protestant, il dut fuir la France après la Saint-Barthélemy et se réfugia en Hollande^ puis en Allemagne, où il mourut en 1591. Son principal ouvrage est intitulé Comment arîi ju7ns civilis^ en vingt-huit livres. Les seize premiers livres parurent seuls de son vivant; les livres dix-sept à vingt-huit furent publiés après sa mort et sur ses notes par Scipio Gentilis. — Jacques Godefroy appartieni à cette école, plutôt par la filiation scientifique que par le temps où il écrivit. Il est en effet un auteur du xvii*" siècle (1582-1652). Il fut^ pour le droit du Bas-Empire et surtout pour le droit public de cette époque, ce que Cujas avait été pour le droit privé. Son principal ouvrage, ses C ommeiitaires sur le Code théodosien, garde aujourd'hui encore toute sa valeur ^ Un autre Godefroy^ Denys Godefroy, le père du précédent, doit être également cité, parce qu^il a

1. La meilleure édition des œuvres de Cujas est celle de Naples eu 11 volume?.

2. M. Ad. Tardif, op, cit., p. 436, place Doneau parmi les Bartolistes, comme « le plus éminent représentant de l'École dogmatique ou bartoliste. » C'est là une erreur manifeste. Doneau fut, il est vrai, l'adversaire de Cujas à Bourges, mais pour des raisons personnelles. Il est dogmatique, comme tous ceux qui synthétisent; mais sa méthode est aussi éloignée que possible de celle des Bartolistes ; voyez un exemple de la diiîérence des procédés dans la Nouvelle Revue historique de droit, ^888, p. 342 et 345.

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