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LA COUTUME ET LA LOI
donné au Corpus jnris civilis une forme qui est restée classique dans les éditions françaises : il a ajouté aux documents, qu'y avaient joints les Bolonais, la traduction latine d^'un certain nombre de constitutions des empereurs byzantins postérieurs à Justinien, et spécialement des Novelles de Léon le Philosophe. Les notes dont il avait accompagné les textes du Corpus juris civilis ont été longtemps renommées.
Cette grande Ecole française du xvi*' siècle exerça une immense influence scientifique sur le monde entier, et spécialement sur TAllemagne*; mais son influence sur la pratique, «ur rinterprétation du droit romain, lel qu'il était appliqué par les tribunaux, fut beaucoup moins considérable. Ceux-ci restèrent en grande partie fidèles aux doctrines qu'ils tenaient de l'Ecole bartoliste. Cujas exerça sur le développement des théories de droit romain suivies en France une action beaucoup moins puissante que Du Moulin^, et la filiation du romaniste Du Moulin n'est pas niable : par la forme comme par le fond, c'est le dernier des grands Barlolistes '\
Après cette brillante floraison^ l'élude et l'enseignement du droit romain baissèrent sensiblement en France aux xvii"^ et xviii*' siècles. On ne trouve plus que deux noms qui méritent d'être cités*. Le premier est Domat (16:2o-169o), avocat du roi au présidial de Clermont-Ferrand. 11 a composé sur le droit privé un grand ouvrage qui parut en partie après sa mort (de 1689 à 1697) : Les lois civiles dans leur ordre natureL Ce qu'il a voulu faire, c'est une œuvre de vulgarisation pratique. Comme il le dit dans sa préface^ il a fait deux remarques. La première^ c'est que le droit romain avait en France une très grande importance : « Comme (ces textes) contiennent le droit naturel et la raison écrite, on les cite devant les tribunaux, on les enseigne publiquement, et c'est sur Tétude de ces livres qu'on donne les degrés et qu'on examine ceux qui veulent entrer dans les charges de judicature^. » Mais, d'autre