L. :r,), g. Th., XII
(Irait point qu'ion fût arrivé à un pareil système, qui devait souvent fournir un personnel bien peu capable. siTon nesavait quelles sont devenues les attributions les plus importantes de ces curiales du Bas-Empire. Ils sont, avant tout, les instruments et les esclaves, pour ainsi dire, de l'administration impériale ^ : c'est d'eux qu'elle se sert pour diriger en bas tous les services qui assurent le fonctionnement de la machine administrative^. Elle les emploie en particulier pour faire, sous leur responsabilité personnelle et celle de la curie, la répartition et la levée des principaux impôts^ et pour exécuter ces réquisitions de personnes et de choses qui jouent un si grand rôle dans le régime du Bas-Empire. Dans ces conditions, ce qui importe surtout, c'est d'avoir un corps de décurions suffisamment nombreux et solvables, la curie ayant elle-même un riche patrimoine. Aussi, toutes les précautions sont-elles prises pour atteindre ce but. Les curiales ne peuvent point ver^dre leurs 4nimeubles^ans un décrcJ, 4u juge ^; ils ne peuvent pas, sous des peines sévères, qujJlQr lij^xiU^
pagne^.' S'ils laissent leurs biens à des héritiers qujjie soj^uJ^ pas décurions, un gjiart^du patrimoine tst^attribué à la curie ^. Lorsque leur ti^rij^g;e va^^ celles-ci subissent la
meme réductjon du quaj±,.§i elles n'épousent pas des curiales"'. Au contraire, la capacité réelle des curiales importe assez peu. Aussi admot-on parmi eux, à côté de Vînfan^^^ l'illettré^ et la personne notée d'infamie Mais, en môme temps, la qualité de décurion, au lieu d'être principalement un honneur, est devenue avant tout une Imirdi^ cliarge^et les habitants des cités sont tentés de s'y soustraire. La loi y pourvoit^ comme on l'a dit
1. Dans Salvien, De quhernaLione Dei^ V, 4, ils sont qnixXïVié^ jiiciicibus obse- ^z/en/e^. Les/i/d/ce.*? dont il est ici questiou sont les gouverneurs des i^rovinces.
2. Voyez, dans Kuhn, op. cit., II, p. 244, la liste des inunera ou des charges qui pouvaient leur être imposées.
3. L. 8, in, G. Th., 1 : L. 20, G. Th., Xlî, 6; L. i2, IG, G. Th., XI, 7.
LES INSTITUTIONS ROMAINES EX GAULE
plus haut. Eu môme teuips qu'elle fait entrer de force dans la curie le citoyen qui arrive à la fortune, elle décide qu'une fois décurioU;, on Test nécessairement et à perpétuité; on est attaché à la fonction. Vainement, les curiales cherchent-ils à échapper au joug en entrant dans l'armée \ dans le clergé % dans les fonctions de Tadministralion impériale^, même dans la classe des ouvriers de TËtat^ ou dans celle des colons^ : toujours^ sauf de hien rares exceptions, la loi poursuit ces déserteurs^ et les ramène à la curie. Cette application du système des classes fut, sans doute. Tune des premières"^.
Sous un semblable régime, les abus devaient être très grands, surtout en ce qui concernait la i^partition des imp)ots. Les décurionSj talonnés par Tadministration impériale^ tyrannisaient à leur tour les petites gens ; contribuables eux-mêmes, ils cherchaient à faire peser sur le peuple le plus lourd du fardeau de rimpôt, d'autant plus qu'ils étaient, d'autre part, obligés de ménager les hommes puissants, les hauts fonctionnaires en activité ou en retraite qui avaient des biens dans la circonscription de la cité. Ce n^'est pas seulement Salvien qui nous expose ces abus dans le tableau si sombre qu'il a tracé de la Gaule dans la seconde moitié du v^ siècle^; ils apparaissent aussi dans les lois qui cherchent à y porter remède^. Le mal était si grand qu'au iv"" siècle on créa un nouve^au magistrat municipal dont la seule fonction fut d'abord de dénoncer et d'empêcher ces injustices ; le defç?iso r c iv itcitis ^ ^' . On trouve la