Fustel de Coulanges, op. cit., p. 45 et suiv
LES INSTITUTIONS DE LA MONARCHIE l RANQUE 67
nouvelle en opérant, de son vivant, un partage de ses États entre ses fils, exemple qui fut suivi par Louis le Débonnaire ^ 2** Le roi considérant le pouvoir royal comme sa propriété privée trouva naturel de disposer, à titre g-ratuit, de ses attributs au profit de certaines personnes ou de certains établissements. De là, ces renonciations aux droits régaliens, ces concessions viagères, puis héréditaires des fonctions publiques, ces chartes d'immunité, qui jouent un si grand rôle dans la préparation de la féodalité. Tout cela, incompréhensible tant que la notion de l'État persiste, devient naturel dès que le pouvoir royal appartient au roi en propre et privativement ^.
On a souvent, enfin, signalé un autre trait comme caractérisant la nature de cette monarchie. C'est le serment de fidélité que le nouveau roi, sous les Mérovingiens, exigeait régulièrement de tous ses sujets adultes^, et qui apparaît encore, quoique moins régulièrement, sous les Carolingiens. Mais il y a là une pratique qui s'est produite dans d'autres milieux; peut-être même n'était-ce que l'imitation des usages suivis dans l'empire romain '.
Voilà comment, dans ses traits généraux^ le pouvoir du roi était conçu. Voyons comment il s'exerçait.
Le monarque franc avait autour de sa personne, lui servant comme organes du gouvernement central, un certain nombre d'officiers. Ils se divisent en deux groupes, de provenance diverse. Les uns étaient un legs de l'organisation romaine; ils formaient une chancellerie destinée à rédiger les diplômes qui contenaient l'expression de la volonté royale, les conces-
1. Voyez des exemples de ces divisio?ies rerjiii aut imperli dans Boretius et Krause, Capitularia regum francorum^ t. II, p. 20, 58, 193.