‹ Cours élémentaire d'histoire du droit français à l'usage des étudiants de première annéeChapitre 46 sur 90 · CHAPITRE IV Les impôts · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV Les impôts

Dans la société féodale,. le droit de lever l'impôt était devenu un droit seigneurial; il était, en principe, l'attribut de la haute justice (1). Il en résultait cette conséquence : non seulement le roi ne pouvait pas établir et lever des impôts à son profit dans les grands fiefs, qui constituaient véritablement des principautés souvei aines, mais, même dans son Domaine, il ne le pouvait pas partout où il trouvait devant lui un seigneur haut justicier; il ne pouvait imposer à son profit que là où il avait conservé la haute justice sur les habitants (2). Pour rétablir le droit public sur ses véritables bases, une double transformation devait s'accomplir : il fallait donner au roi, représentant l'Etat, le droit de lever l'impôt sur tous les habitants, dans toute l'étendue du royaume; il fallait enlever aux seigneurs le droit de pen:îevoir aucun impôt. Voyons dans quelle mesure ce double travail s'accomplit.

(1) Ci-dessus, p. 263.

(2) Flammermoiit, De concessu legis et auxilii, p. 52-53, 57, 72, 93-95,'* 105, 109, et les textes qu'il cite. — Le principe est encore rappelé très nettement dans Boulainvilliers {Etat de la France, Londres, 1717, t. III, p. 490); Fauteur parle des impositions dans les Flandres : « La raison pour laquelle les hauts justiciers dirigent ces impo- ^ sitions et entendent les comptes des mises est qu'ils jouissent encore du droil, autrefois commun à tous les seigneurs de haubert, d'imposer eux-mêmes leurs vassaux des taxes proportionnées à ce qu'ils accordaient volontairement aux souverains, le roi n'ayant point anciennement le droit d'exiger aucune somjne des vassaux,

des seigneurs, si eux-mêmes n*y avaient consenti et n'en avaient fait l'imposition. Ainsi

les comtes de Flandres et ducs de Bourgogne se sont toujours adressez aux quatre

justices de cette province, qui étaient alors les seules, afin qu'ils voulussent laisser

lever sur les habitants de leurs terres les sommes convenues et dont ils avaient ^

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LES IMPÔTS

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