A COUÏL'MI-: KT LA LOI
au roi au présidial de Clermont-Ferrand. Il a coinposé sur le droit privé un grand ouvrage qui parut en partie après sa mort (de 1689 à 1697) : Lev lois civiles dans leur ordre naturel. Ce qu'il a voulu faire, c'est une œuvre de vulgarisation pratique. Comme il le dit dans sa préface, il a fait deux remarques. La première, c'est que le droit romain avait en France une très grande importance : « Comme (ces textes) contiennent le droit naturel et la raison écrite, on les cite devant les tribunaux ; on les enseigne publiquement, et c'est sur l'étude de ces livres qu'on donne les degrés et qu'on examine ceux qui veulent entrer dans les charges de judicature » ^ Mais, d'autre part, il a remarqué qu'en général on connaissait très mal ce droit. 11 a cherché la cause de cette contradiction et il l'a trouvée dans ce double fait, que le Recueil des lois romaines, étant écrit en latin, est difficile à comprendre, et que, de plus, il est extrêmement étendu, sans que les lois y soient rangées dans un ordre logique. Pour remédier à ces inconvénients, il a entrepris d'exposer les lois romaines en langue française et de les présenter dans leur ordre naturel. Parlant de là, il a combiné une exposition systématique du droit romain débarrassé des détails historiques et présenté comme la raison écrite, applicable à tous les pays et à tous les temps : il a voulu atteindre « l'ordre par le retranchement de l'inutile et la clarté par le simple effet de l'arrangement ». Son exposition est en effet froide, claire et bien ordonnée ; mais le livre a peu de valeur scienlifi([ue. Il a cependant été quelquefois utilisé par les rédacteurs du Gode civil. — Polhier, que nous connaissons déjà par ses œuvres françaises-, a produit sur le droit romain une œuvre d'ensemble, qui est aussi et avant tout un arrangement : ses Pandectœ Justinianeœ m novum ordinem dirjestœ, publiées en 1748. C'est un travail de haute patience et en même temps d'érudition. Ici l'ordre des titres est respecté et les lois ne sont point transportées hors de celui auquel elles appartiennent. Mais, dans chaque titre, elles sont classées méthodiquement de manière à présenter une exposition suivie et complète de la matière, grâce à des transitions et à des notes explicatives, le tout en latin.
1 Édition Paris, 1713, Préface.
2 Ci-de?sus, p. 831.