SYSTÈMES ARTIFICIEL ET NATUREL; — ESPÈCE, GENRE, FAMILLE, ETC
§ 501 . Quand nous jetons les yeux sur les végétaux répandus autour de nous, nous voyons dans chacun d'eux un individu. Ce nom môme indique un tout indivis, des parties liées les unes aux autres sans discontinuité. L'apparence peut nous tromper souvent en nous montrant extérieurement comme séparées des plantes qui appartiennent à une souche commune cachée sous la terre. Ainsi les rhizomes du Carex arenana, par exempte, pai'courent une étendue très-considérable en longueur, émettant de distance en distance des tiges qui s'élèvent hors de terre et nous font reffet d'autant d'individus distincts, quoiqu'elles ne soient en effet qu'autant de j>arties d'un seul et même individu. 11 est clair que tous ces rejets offrent entre eux une ressemblance frappante, telle qu'en les considérant à tort comme autant de pieds diftcrents, nous n'hésitons pas cependant à reconnaître que nous avons toujours affaire à une plante identique et à les appeler tous du même nom.
§ 502. Rspèces. — Or cette ressemblance nécessaire des différents rejets d'un même individu peut se trouver dans plusieurs individus réellement séparés. Un champ de seigle ou d'avoine nous en présente des milliers que nous pouvons facilement isoler l'un de l'autre, mais que nous ne saurions distinguer entre eux. Dans les champs, dans les jardins, nous reconnaissons de distance en distance des plantes que nous saluons sans hésitation du mêm^ nom. Cette collection de tous les individus qui se ressemblent ainsi entre eux a reçu, en histoire naturelle, le nom d'espèce (species) : leurs caractères communs, ceux dont la combinaison les distingue des autrcvs, sont dits spécifiques. Nous savons de plus qu'en séparant les rejets d'un individu ou en faisant germer ses graines, nous obtiendrons autant d'individus nouveaux semblables au premier. Celle notion complète la définition de l'espèce : collection de tous les
tnals didi'retitâ, dans des saisons dîfici'cntes, les dd lopp(!s dans des cuuditions qui ne se rcssemlileaU cette inëgalilë 'de conditions de leur nulrilion pareil l>lances d'autant plus inarqudcs que les causes en 1 nombreuses cl plus intenses. Nous ne potLTons pan toutes les inodiBcations dont une csiùcc est suscepl llucncedcces conditions diverses, et qiicd'ailLeursrï organes, delcur structure, de leur développement, 41 pcul jusqu'à ur certain point nous faire prétoir. Fal remarquer qu'elles sont d'autant plus fréqtienles m un organe moi ns tmjKirliint et sont moins iinporlanl| Ainsi les changemenls de couleur, et surtout de H telle autre, le développenjent ou l'absence des poa coinp&clc ou plus lfti;he, s'observent asseit commuas mi^mc espÈce, et qui plus csl dans un même individj sifie les circonstances dans lesquelles il se troiire ; 4 simples variaiioM. Lorsque la raodiflcalîon est ri[ plus (enace, elle prend le nom de variété (varielàÉ montre avec une certaine (Ixilé dans un certain u dus, el peut fnirc distinguer leur collection entre 1| la mCme espèce, moins nellement cependant que il cui-niëmes distinguas de ceux d'une espiice dtfTëiM Nous venons de voir que la variation aecidenlelM peut disparaître avec In cause qui la pioduil dans Tt qui eu est affecté. D'aulies fois l'effet persiste aprf llndlvidu conserve toute sa vie ses caractères de id peut 0tre plus permanente encore et se reproduit dans tous les individus obtenoi du p '