ALGUES
il y en a qui font saillie à l'extérieur, souvent portées sur une sorte de pédicelle ; et c'est dans celles-là que la matière contenue s'organise en une spore à laquelle la membrane cellulaire forme une enveloppe (périsporé), mais qui en outre se revêt d'une membrane propre (épispore), intimement unie à sa substance et continuant à la tapisser après qu'elle s'est échappée de sa membrane extérieure. On peut nonimer ces Algues Huplosporées (d'àTrXdo^^ simple). Ce n'est pas toujouis àla surface même de la fronde que se montrent les spores, mais elles se cachent souvent dans les conceptacleSy ou cavités disséminées sur cette surface (fig. 460), qu'elles continuent au moyen d'un petit canal ou ostiole (fig, 461) par lequel elles s'ouvrent au dehors.
Ce nom s'oppose à celui de Choristosporées (de x«>>pi<rTd; , séparé) par lequel on désigne la division suivante, celle qui comprend les Algues les plus élevées en organisation. Dans celles-là, les organes reproducteurs sont de deux sortes : les uns consistent en un corps saillant à l'extérieur, assez semblable à la spore des précédentes, si ce n'est qu'il forme une masse continue et n'est pas contenu dans un périspore dont il sorte pour germer ; les autres se forment dans des ceihiles plus profondes aux dépens d'une masse d'abord simple, mais qui plus tard se partage eiA)uatre spores. Celles-ci, dont l'existence est générale dans les Choristosporées, méritent véritablement ce nom ; les premières, quoique susceptibles de gernicr de même, sont plutôt analogues à des bulbilles. La plante entière présente la forme de rameaux ou de lames, et est toujours d'une couleur rouge, très-éclatante quelquefois ; couleur qui passe au vert lorsqu'elle reste exposée à l'air. Les Haplosporées, au contraire, sont vertes sous l'eau, et se décolorent, en blanchissant, lorsqu'elles sont exposées à l'air.
Nous avons cru devoir encore conserver provisoirement cette classi.tication de M. Decaisne, telle qu'elle fut proposée en 1842, quoiqu'elle doive probablement subir de grandes modifications pai' suite des études et découvertes nombreuses auxquelles la famille des Algues a donné lieu depuis cette époque. Ces études n'ont pu encore s'appliquer à tous les types si divers de cette famille^ et se poursuivent activement. C'est ce qui nous a engagé à attendre qu'elles se soient assez multipliées pour pouvoir se généraliser et se résumer plus sûrement en une classification dont l'essai serait aujourd'hui prématuré. Les zoospores ont été déjà constatés dans tant de genres, où d'abord on ne les avait pas connus, et qui dès lors doivent être transférés des autres groupes auxquels on les. rapportait à celui des Zoosporées, que ces premiers groupes ainsi diminués demandent à être remaniés aussi bien que le dernier, dans lequel eus
noiiTclIcs acquisitions trop variées doivent amener de nouveaux démembrements. M. Thuret en a proposé un fonde sur la nature même des zoospores qui peuvent présenter line diflërence essentielle dans leur coloration en même temps que dans rinsertion et la direction de leurs cils vibratiles. D'après ce principe^ le&Zoosporécs se subdiviseraient en Ghlorosporées (de /.x^poc, vert)^ où la matière qui colore la moitié ou les deux tiers de la spore est verte^ et lesciU en cercle au nombre de deux^ quatre ou plus ifig. 454, 455, 4^), un peu au-dessous du rostre ou de Textrémité incolore amincie ; et en Phéosporées (^atoc, binm)^ où la matière colorante est brune oa olivâtre, les cils vibratiles au nombre de deux, émanés d'un point rougeâtre situé vers les limites de la coloration, et se dirigeant, Tun, plus long, en avant, Tautre en arrière (fig. 458). La première section comprend avec les Algues d'eau douce un certain nombre d'espèces marines, la seconde des Algues marines seulement.
Nous avons parlé (§ 495) des anthéridies et des anthérozoïdos des Fucus. Ces anthéridies sont cachées dans une cavité, ou saillantes à la surface de la plante, tantôt placées sur d'autres individus que les sporanges, tantôt sur les mêmes individus, et quelquefois dans les mêmes conceptacles.
Les Algues les plus simple^ilottent sans tenir au sol, et les plus composées peuvent vivre aussi dans cette condition, quoique plus habituellement elles se fixent au fond et aux rochers par des prolongements qui ressemblent à des racines ; mais ce sont de véritables crampons et non des organes d'absorption. Car toutes ces plantes absorbent par toute leur surf!u:e l'eau qui leur porte leur nourriture, et présentent souvent dans leur composition les principes inorganiques contenus dans cette eau. C'est ainsi que la soude et l'iode se trouvent en grande abondance dans les plantes marines, qu'on exploite pour en extraire ces substances. Leur sécrétion est un mucilage qui, dans un certain nombre d'espèces^ est assez organisé pour servir à la nourriture de l'honune.
§ 545. CbampiffiioDs (Fungi), — Tandis que les Algues vivent dans l'eau, les Champignons vivent dans la terre ou à sa surface, abondant surtout sur les matières animales et végétales en décomposition. Quoique dans les uns l'organisation s'élève à un degré de composition évidemment supérieur à celle des Algues, elle descend dans d'autres à un degré égal, on peut dire au dernier degré de simplicité, comme le montrera la classification suivante, duc à M. le docteur 1^ veillé, dont les travaux ont jeté tant de jour sur la connaissance de ces végétaux.
11 y en a, en effet, qui consistent en filaments simples ou rameux, composés d'articles qui finissent par se séparer tantôt dans toute
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la longueur du niamcnl, tanlôt seulement à son cxliiïmik'. Cli.i' cun de ces articles est une spore, et par conséquent le végétal m
pantît composé que d'oi-ganes de ta reproduction qui se confondent avec ceux de la végétation. On peut nommer ces Champignons ArthrMpOTés (d'i}i;ty, article, jointure).
D'autres, qu'on peut appeler Trichosporés (de Bpi| , ipizo; , poil), présentent lamdme forme filamenteuse, simple ouramilléeimais leurs jipores, au lieu de former le lilament par leur union bout \ bout, en sont bien distinctes et s'insèrent soit à son extrémité, soit plus bas, quelquefois isolées, plus souvent plusieurs ensemble, rlis-
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posdcs en un faisceau terminal ou en verticillcs rdf^nlièrcroent étages^ ou entin dispersées sur toute la surface depuis le lias jusqu'au haut.
D'autres fois les spores ne se trouvent plus ainsi au dehors, mais sont renfermées dans des vésicules membraneuses qui terminent des filets capillaire^ simples ou rameux^ continus ou cloisonnés. Ces~ vésicules sont donc de véritables sporanges (§ 496)^ qui indiquent déjà un plus gran^ degré de composition ; à une certaine époque^ elles s'ouvrent pour laisser échapper les spores contenues. C'est ce qu'on peut observer facilement sur la moisissure commune. Nous appellerons ces Champignons Cystosporis (de xuxri;^ vessie).
Nous trouvons ensuite des filaments simples ou rameux, chaque filet ou chaque rameau terminé par une spore isolée^ovale ou ronde, simple ou cloisonnée. Mais tous ces filaments se rattachent à un corps commun ou réceptacle, auquel on est convenu de donner le nom particulier de stroma («TpôjAa, lit^ matelas] ; et de là celui de Stromatosporéêf par lequel on peut désigner ces Champignons. Le stroma^ tantôt charnu, s'étend en yne surface plane ou concave, laissant ainsi les spùres saillantes à l'extérieur; tantôt coriace ou membraneux, il se recourbe et se referme au-dessus d'elles de manière à les enfermer dans uifli cavité qui s'ouvre au sommet par un pore. Quelquefois les pores de plusieui*s stromas, groupés en cercle, viennent aboutir au même centre, qui semble ainsi une ouverture commune à tous. Le stroma est quelquefois exhaussé sur un pied plus étroit que lui; plus ordinairement il est sessile.
Supposons, au lieu des filets sporifères, un sac, soit globuleux, soit allongé en massue ou en cylindre, et contenant dans son intérieur quatre ou huit spores libres, ou, en un seul mot, ce que nous avons désigné (§ 498, fig. 453) par le nom de thèque, et ces thèqucs insérées sur un réceptacle commun qui, comme dans le cas précédent, ou les supporte, ou les enveloppe complètement: nous aurons les Champignons Thécasporés, Ici le réceptacle, en général beaucoup plus développé, ne porte plus le nom de stroma. Dans ses rapports avec les thèques, il présente cette suite de modifications que nous avons autre part signalées (§ 266) dans l'infiorescence des Phanérogames entre les fleurs et l'axe qui les porte. Ainsi le réceptacle des Thécasporés peut être chargé de thèques sur toute sa surface extérieure (comme dans le Geoglossum), ou bien seulement à son sommet ordinairement renflé (comme dans la Morille), ou bien à la surface supérieure de celte même sommité évasée en cupule (comme dans les Pezizes) ; ou bien cette cupule se referme au-dessus des thèques qui se trouvent alors cachées dans une cavité intérieure qui peut ou laisser à une certaine