‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle à l'usage des lycées, colléges, séminaires et maisons d'éducation. BotaniqueChapitre 112 sur 142 · CHAMPIGNONS · texte numérisé non relu

CHAMPIGNONS

époque échapper les spores de son sommet ouvert, ou (comme dans la Tniffe) rester close et ne leur donner issue qu'en se désagrégeant par décomposition. Les thèques sont souvent entreraôlccs de cellules allongées et vides, ou paraphyses.

Enfin nous trouvons les Champignons les plus parfaits, et parmi eux ceux dont les formes nous sont le plus familières et qu'on est le plus habitué à connaître sous ce nom. Cependant nous en observons encore ici d'analogues aux précédentes, celles de massues, de masses ovoïdes ou sphériques, de cupules ; Tune des plus communes et des plus remai'quables (fig. 463) est celle d'un dôme ou chapeau (c) exhaussé sur un support ou pied (p) plus ou moins étroit, plus ou moins allongé. Mais ce qui distingue éminemment tous ces Champignons, c'est la forme de ieiu^ organes reproducteurs. Ce sont de petits corps arrondis, terminés par deux ou plus souvent quatre pointes qui supportent chacune une spore à leur extrémité. On a nommé ces corps basides (basidium [fig. 465]), et les Champignons qui en sont pourvus Basidiosporés: Assez fréquemniient, mais non constamment, à ces basides ttftrouvent entremêlés en moindre nombre d'autres corps vésiciileux ordinairement plus voliunineux, transparents, remplis à ce qu'il paraît par un liquide, sans pointes ni spores aucunes : on \& désigne par le nom de cys- Udes(fig. 463, c). Quelques auteurs les regardent comme destinées à la fécondation des spores et jouant relativement à elles le rôle d'étamines ; mais alors il faudrait les retrouver dans tous les BasidiosporéSy-ce qui n'a pas lieu : elles sont probablement les analogues des paraphyses. Ces basides et cystides, comme les thèques dans le cas précédent,se trouvent situés extérieurement ou intérieurement. Intérieurs, ils se présentent (comme dans les Sclérodermes) entremêlés aux cellules, aux parois desquelles ils sont accolés, ou tapissent la surface de lacunes plus considérables (comme dans les Lycoperdon) ; extérieurs, ils sont quelquefois recouverts d'une couche mucilagineuse (comme dans les Phallus) ; mais plus souvent, extérieurement libres, ils sont épars sur toute la surface du réceptacle allongé en masse ou ramifié en manière d'arbre (comme dans les Clavaires)^ ou bien seulement sur sa face inférieure. C'est alors en général que le réceptacle offre la ïotme d'un parasol ou chapeau au-dessous duquel sont des lames rayonnantes (comme dans les Agarics) jOu des veines (comme dans les Chanterelles), ou des tubes (comme dans les Bolets), on des pointes (comme dans les Hydnum), ou enfin une surface lisse ou hérissée de comptes papilles (comme dans les Téléphores). C'est cette surface ou celle des pointes, des veines, des lames, ou de l'intérieur des tubes, qui est recouverte par les basides.

DifPcionts termes, outre ceux que nous avons dëjà cilés^ ont été adoptés pour désigner toutes ces différentes parties et abréger ainsi la description des Champignons. Ainsi la couche formée par les corps reproducteurs^ hasides ou thèques^ est Vhyménium. On voit que les Champignons les plus simples^ tels que nous les avons décrits^ sont à peu près réduits à cet hyménium ou même à un fragment ; que, dans ceux qui le sont moins> une couche d'un autre tissu appartenant au système de la végétation vient s'y ajouter et former le réceptacle, puisque ce réceptacle s'agrandit de plus en plus et peut unir par présenter diverses parties. S'il est entièrement dos, c'est un péridium. Mais, même dans les Champignons en parasol, le chapeau (pileus) dans la première jeunesse forme quelque temps une cavité close au moyen d'une membrane (veluni^ \figM^, ^l)<]ui de son bord va se continuer sur le pied, et qui phifl tard, en se rompant, forme autour du pied une sorte de collerette ou seulement de cicatrice annulaire a (anneau, annulus); quelquefois, en outre, dans le premier âge, un sac cellulaire {volva) enveloppe le Champignon tout entier depuis sa base, autour de laquelle il s'iiisère, pms se déchire irrégulièrement pour la laisser se développei (dans rôronge, par exemple).

Ce que nous avons décrit  constitue pas d'ailleurs tout le Champignon ; ce n'est en quelque sorte que son inflorescence. Avant que cette partie ne se développe, on voit des filaments rayonnant d'un centre (probablement de la spore en germination),entre-croisé8daD8 tous les sens ; ils finissent par s'agglomérer et se condensent en certains points où se forment les appareils que nous avons (ait connaître. On nomme mycélium ce réseau filamenteux^ caché le plus ordinairement sous la terre et échappant à notre observation par sa situation ainsi que par sa texture fragile. 11 n'est pas rare de l'apercevoir sur les surfaces humides et obscures; sur les planches de nos caves, par exemple. Ce mycélium est une sorte d'arbre souterrain qui n'apporte au jour que ses extrémités chargées des organes de la reproduction, de sorte qu'en général tous lesChampignons que nous voyons croître dans le voisinage l'un de l'autre appartiennent réellement à un seul individu : de là la disposition en cercle qu'ils affectent souvent, le mycélium se développant régulièrement dans un milieu homogène et envoyant tous ses rayons à la même distance.

Le tissu des Champignons est une sorte de feutre de cellules, les unes arrondies, les autres allongées et unies bout à bout en tubes. L'hyménium est souvent formé par l'extrémité de ces tubes, dont quelques-uns se terminent par les thèques, hasides ou cystides, de sorte que ces filaments isolés représentent réellement desCham-

gnons plus simples, cystosporés ou trichosporés.

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La membrane de ces cellules est de même nature que celle de toutes les autres parois végétales : c'est de la cellulose. On croyait autrefois le tissu des Champignons formé par une substance tout à fail différente^ très-azotée, et qu'on nommait fongine. Mais cette composition est étrangère à la paroi, et due sans doute aux matières qui la remplissent ou la pénètrent. Ils se montrent très-supérieurs aux Algues par les produits qu'ils sécrètent, et parmi lesquels on remarque Talbumine, le sucre, une matière grasse et divers acides, sans compter plusieurs qui leur sont propres et auxquels ils doivent sans doute leurs propriétés si connues. 11 résulte de leur composition qu'ils croissent exlrêmement vite, et qu'après une existence extrêmement passagère, ils se décomposent de même avec des phénomènes et des produits très-analogues a ceux qu'on observe dans les matières animales.

Ils déploient des couleurs très-<variées et quelquefois très-brillantes^ mais presque jamais la couleur verte. Aussi les voit-on vivre et se colorer tout aussi bien dans l'obscurité qu'à la lumière, et agir sur l'air atmosphérique à la manière des autres parties colorées autrement qu'en vert. Ils vicient très-rapidement l'air en absorbant son oxygène pour former et exhaler une égale quantité d'acide ç^bonique. Il est à remarqua que, dan^ l'oxygène pur, ils absorbent ce gaz, en en combinant une partie avec leur carbone, et le rendant sous forme d'acide carbonique, et en en conservant une autre qui semble remplacer dans leur tissu une assez grande quantité d'azote qu'ils exhalent alors au dehors. Dans une atmosphère d'azote, ils modiflent à peine ce gaz. C'est donc à la terre qu'ils empruntent ce principe si abondant chez eux, ainsi qu'on devait s'y attendre en les voyant vivre presque toujom^ sur les matières organiques en décomposition.

Chacun sait que les Champignons offrent, à côté de mets recherchés, des poisons extrêmement dangereux. Il n'y a malheureusement pas de caractères auxquels on puisse distinguer les vé néneux des innocents, et l'on doit apporter à leur usage d'autant plus de prudence que l'expérience des autres n'est pas toujours décisive. Il parait, en effet, que la manière de les apprêter entre pour beaucoup dans les effets qu'ils peuvent produire. On détruit les qualités malfaisantes de certaines espèces en les faisant cuire ou saler, ou infuser dans le vinaigi^e ; ce qui prouverait qu'en cas d'empoisonnement il faudrait se gardcr'de faire emploi de sel ou de vinaigre, qui, dissolvant le principe vénéneux, le répandraient avec beaucoup plus de rapidité dans tout le corps.

§ 546. Ijlctacns {IJchene8),^Le$ Lichens forment ces expansions ordinairement sèches que nous voyons s'étendre sur les pierres,

ta teri'G, Vécorct des ai'bre!<, qu'ils recouvrent de cea teintes Tarife qui leursont propres. L'expansion, qu'on appelle le thalltaàalichen, a quelque rois la consistance d'une fine pousàère, etaloneUe est mal circonscrite et sans forme arrêtée. D'autres fois elle rom» une sorte de croûte de forme déjà plus régulière et de consistance assez analogue austromadecertainsChampignons. EnQn elle peut s'étendreen lames {/ig. 408, t) dont le contour est nettement circonscrit, souvent par des lobes qui en se développant se partagcikl

par une sorte de dichotomie, ou bien s'allongent en filets siniplei ourameni.OnreconnaîtdansletissutroiBsortes de cellules: les une» courtes, à parois épaisses et d'ordinaire unies intimement enlre

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