‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle à l'usage des lycées, colléges, séminaires et maisons d'éducation. BotaniqueChapitre 113 sur 142 · LICHENS · texte numérisé non relu

LICHENS

elles (fig. 469^ c] ; les autres allongées en filaments lâchement feutrés (fig. 469^ m) ; les troisièmes, globuleuses, éparses sans adliér^ce (fig. 469, g), et qu'on nomme gonidies. Celles-ci peuvent par leur développement individuel reproduire le végétal dont elles sont nées. Les trois sortes de cellules s'observent ensemble dans les Lichens les plus parfaits, qui présentent en conséquence trois couches : la plus superficielle ou corticale (c), formée par les premières ; la plus profonde ou médullaire (m), formée par les secondes ; Tintermcdiaire ou gonidiale (g)^ formée par les gonidies, quelquefois aussi disséminées par groupes au milieu du tissu médullaire. Dans certains Lichens moins complets, qu'on appelle cmstacés parce que leur tissu est constitué par une sorte de croûte, ce tissu est presque exclusivement borné au cortical. Dans ceux qu'on appelle pu/vérulents etque nous avons déjà indiqués plus haut, cet aspect de poussière est dû aux gonidies nombreuses entremêlées aux filaments de la couche médullaire ; mais il est très-vraisemblable que cette forme n'est celle que de Lichens imparfaitement développés et dépourvus des organes de reproduction, ce qui n'empêche pas leur multiplication, qui a lieu au moyen des gonidies.

Pour ces organes reproducteurs qu'on trouve dans les autres Lichens, ils se rapprochent tout à fait ddl Champignons thécasporés^ car chez eux ce sont aussi des thèques {fig. 470, t) contenant les spores au nombre de 2 ou de l'un de ses multiples : 4, 6, 8 le plus souvent, quelquefois 12 ou 16. Elles sont rapprochées par groupes tantôt portes immédiatement sur la substance duthallus, qui forme ainsi par places le réceptacle, tantôt sui* une substance propre et intermédiaire qu'on nomme hypothécium!Ce réceptacle (/îgf. 468, s) se relève autour des groupes en un rebord saillant formé de même aux dépens ou du thallus, ou de la substance propre, ou des deux à la fois, et qui tantôt forme autour une simple margelle (fig, 469), tantôt, dépassant les thèques, se referme au-dessus d'elles de manière à les renfermer dans une cavité, et prend alors le nom de périthécium. Souvent il ne les enveloppe complétement^ue dans le premier âge, puis s'entr'ouvre et s'étale. Aux thèques s'entremêlent des filets stériles, ou paraphyses (fig. 470, p), qui, plus longues et unies par leur sommet, au moyen d'une matière visqueuse qu'ils exsudent, lient tout ce système en une sorte de masse unique (nucleus ou excipulum). Cette masse, avec son réceptacle, représente éxidemment celle des Chatnpi gnons avec son hyraénium, et prend ici le nom d'apothéciitm.

A côté de ces appareils qui portent les thèques, on en a reconnu d'autres analogues par leur forme, mais beaucoup plus petits et tK>uvent plongés dans répaiss€;ur du thallus. Leur surface c$t rc-

couverte dé Olets cellulaires ordinairement cloisonnés^ dont les extrémités^ tantôt ovoïdes^ tantôt filiformes, finissent par se dcsarticuler^et, libres dans la cavité qui lésa produits^ s'en échappent enfin par un pore dont son sonunet est percé. M. Tulasne, qui a fait bien connaître ces corps dans un grand noml»'e de Lichens, propose de les nommer spermaties (spermatia), et la cavité qui les venierme spermogonie {spermogonium), U n'a pas reconnu à ces spermaties les mouvements que leur attribuent d'autres observateurs. Mais leur présence presque constante au voisinage des apolhéciums porte à penser qu'ils sont destinés à les féconder^ et que par c<mséquent ces appareils sont analogues aux anthéridies.

La spore, parvenue à maturité et sortie de la thëque, germe à la manière de celle des Champignons, c'est-^-dire s'allonge par un ou plusieurs points en filaments rameux t]ui, se multipliant, ne tardent pas à s'entre-croiser, soit entre eux, soit avec ceux des spores voisines, et à constituer ainsi un réseau comparable au mycélium. Sur divers points de ce réseau, là où le feutre est le plus épais, on voit apparaître de petits amas celluleux qui^ se dilatant et s'ctalant peu à peu, constitueront le thallus.

On peut distinguer les Lichens où le réceptacle est fourni par Ir thallus même, en Coniothataméson pulvérulents, et Idioihalamés ou crustacés ; ceux où il est formé pai une substance propre^ en CastérothalaméSy ceuxqui sont munisd'un périthécium clos, et Hyméno- Ihalamés, ceux où il est ouvert. L'apothécium a été souvent désigne sous d'autres noms, suivant les différentes formes qu'il affecte : par exemple, sous ceux de disque, scutelle, tubercule, globule, qui se comprennent d'eux-mêmes ; ou encore sous celui de lirelle, lorsque, linéaire et flexueux, il s'ouvre par Une fente longitudinale.

Les Lichens diffèrent encore des Champignons en ce qu'ils persistent pendant un temps très-long, et, s'appliquant sur des corps inorganiques, ou sur des corps organiques vivants ou morts, mais jamais en putréfaction, semblent rechercher l'air et le jour. Ils offrent cependant rarement la couleur verte, quoique tous la prennent sans distinction lorsqu'ils sont mouillés ou humides, et leur tissu, sec, cassant ou coriace, devient alors mou, flexible et facilement déchirable.

Le tissu de plusieurs lichens est employé utilement pour la nourriture des hommes dans certains cas, et des animaux dans certains pays : c'est le Cenomyce rangiferina qui nourrit les rennes pendant l'hiver en Laponie .Les Cetraria islandica (Lichen d*Islande\ Sticla pulinonacea et autres, fournissent une gelée saine et nutritive dont l'usage est avantageux pour certains états de santé. Li cellulose qui forme les parois de la couche médullaire, isonniri-

MOUSSfô. M

quCy comme on le sait (§ 22o)^ à la fécule^ approche autant qu'il est possibljB de ses propriétés dans ces végétaux^ où elle J:>leuit même par l'iode. C'est elle qui^ étendue en gelée par une certaine proportion d'eau, et relevée par le mélange d'un principe légèrement amer contenu dans les cellules^ peut fournir dans les Lichens un aliment doux et un peu tonique. Des espèces différentes sont remarquables par l'abondance d'un principe colorant^ qui néanmoins ne devient apparent que par la préparation. En effet, dans la nature, leur tissu est grisâtre ; mais après qu'on les a fait fermenter avec un alcali (la potasse ou l'urine, si riche en ammoniaque), on obtient Une couleur rouge, puis bleue, si l'on augmente la dose de potasse. La Parelle et surtout l'Orseille sont particulièrement employées à cette extraction; plusieurs autres Lichens fourniraient le même principe, mais en moindre proportion.

§ 547. HoasMs (Musci). — Chacun connsût ces élégants petits végétaux si abondants à la surface de la terre, des rochers, des écorces, qu'ils revêtent d'un tapis vert, croissant quelquefois sous Tcau. En les examinant de près^ on les voit formes par des tiges grêles, simples ou rameuses, couvertes de feuilles menues d*une texture entièrement cellulaire, mais aiunilieu desquelles une série d'autres cellules allongées commence a ébaucher la nervure médiane. Nous voyons dans l'intérieur des cellulesde ces plantes apparaître la chlorophylle : aussi la surface extérieure sur quelques points est-elle parsemée d'ouvertures ou stomates propres à les mettre en rapport avec l'air atmosphérique. Leurs organes reproducteurs sont de deux sortes : 1* des anthéridies (§ 495, fig. 4i8) groupées au milieu de rosettes terminales de feuilles ou situées à leur aisselle, ordinairement entremêlées de filets stériles ou paraphyses ; ^ des archégones d'une forme particulière. Ceux-ci dans le premier âge isolés ou réunis plusieurs ensemble, tantôt éloignés des anthéridies sur des pieds différents ou à ui^e autre place du même pied, tantôtenvironnéspar ces corps, représentent autant de sacs en forme de bouteille et sessiles. De plusieurs archégones ainsi groupés un seul se développe ordinairement, tandis que les autres se flétrissent. Alors celui-ci s'allonge, et en s'allongeant rompt le sac extérieur qui l'enveloppe et l'emporte avec lui posé sur son sommet en manière de bonnet de nuit, d'où lui vient le nom de coiffe {calyptra [fig, 471, c ; 472, c]). On distingue alors deux portions dans la partie intérieure développée : un pédicelle inférieur et grêle, appelé quelquefois la^ote (seta{fig, 471, p]) ; un renflement supérieur globuleux ou ovoïde, ou souvent en forme d'urne, capsulé^ thèque ou urne (theca [fig, Ali, u]), La capsule à l'intérieur présente une cavité parcourue au centre par une sorte d'axe plcin^ la colwnelle (co/ti-

«J BUTASIQUE.

nictlii|/^i'i/. 473, c])i'cnipHe tout aulourdecetue par une multilud« de spoies menues devenues libres pev la résorption de leurs cclliiletmëres, dont le tissu dons le principe icunissait la columellc aui parois de la capsule. Celle-ci, à la matuiiti!, s'ouvre on maniùrcdc

PïxideparlaséparatLOnd'uncou¥erclcou'>pMcu(«(o)cono'idi',lons temps caché soiis la coiffe, mais quiaprès sa chute se dessine nettement du reste de la capsule par un sillon annulaire. Lorsqu'à se sépare lui-mfime, il laisse celle-ci ouverte au sommet : •.■ettc ouverture porte le nom de péristome. Le péristorae est entouré par un rebord tantôt entier ou nw, tantôt tout garni de petites dents i/ig. 472,p) souvent allongées ensoicsdroitcs, ou tordues. Cesdents

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