‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle à l'usage des lycées, colléges, séminaires et maisons d'éducation. BotaniqueChapitre 114 sur 142 · HÉPATIQUES. 4S · texte numérisé non relu

HÉPATIQUES. 4S

sont sur un seul cercle ou sur deux : d'oîi l'on dit le përistome simple ou double. 11 est bien remarquable qu'elles sont en nombre constant dans une espèce donnée et toujours multiple de 4^ savoir 4/ 89 16^ 32, 64. Leur texture éminemment hygrométrique détermine, suivant les variations de l'état de l'atmosphère, des mouvements variés, d'où résulte le détachement de l'opercule d'abord, puis la dispersion des spores. Rarement le péristome est formé par une membrane étendue horizontalement, ou épiphragme. La cavité sporifère n'occupe pas tout le renflement de la capsule dont la partie inférieure, souvent pleine, prend le nom d'apophyse (fig, 473, a).

La spore en germant émet des prolongements tubuleux qui, se divisant par des cloisons transversales, s'allongent et se ramifient à la manière des Gonferves(§ 246, lo], dont cet ensemble de filets, qu'on désigne par l'épilhète de proembryonnaires, oiïte toute l'apparenèe. Après qu'elle a végété quelque temps à ce premier état confervoïde, qu'on pourrait comparer au mycélium des Champignons, la cellule initiale qui constituait la spore et quelques-unes des cellules terminales des filets se divisent par des cloisons obliques ou longiludinales, et il en résulte autant de petits corps celluleux destinés chacun à former un axe qui émettra à sa base des racines adventives, sur son contour des feuilUs, et plus haut enfin les organes reproducteurs. C'est le second état de la mousse, sa foime définitive sous laquelle elle est généralement connue et décrite.

Les mousses ne sécrètent aucun produit remarqu2d>le et ne servent à aucun usage économique qui ait assez d'importance pour être mentionné ici, et cependant elles paraissent en avoir un considérable par le rôle qui leur est assigné d^ns l'ensemble de la végétation. Elles couvrent la terre d'un tapis épais qui, y entretenant la fraîcheur et augmentant par ses détritus l'épaisseur de la couche végétale, permet à d'autres plantes de s'y établb: et d'y prpspércr. Nous avons vu (§ 6, fig, 31) que plusiem's ofi'rent un système particulier de cellules poreuses dont la réunion constitue des sories d'épongés propres à absorber l'eau qui, portée ainsi au contact de l'air, s'évapore incessamment. Ce sont principalement les Sphagnum qui peuvent de cette manière convertir les terrains inondés en tom'bières, et contribuer puissamment 4 leiu* dessèchement graduel et à leur solidification.

•& § 548. Hépatiques (Eepalicœ), — Elles forment avec les Mousses une classe naturelle, présentant comme elles un tissu vert coloré en dedans par la chlorophylle, percé à sa surface de stomates ; comme elles aussi, deux sortes d'organes reproducteurs, des anthéridies et des sporanges {fig, 450) assez analogues par leurs formes. Cependant CCS sporanges n'offrent ni columelle, ni opercule, ni dents, ni

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conlicnnenl au dedans deux sorles d'utrlculus : fies unsqni reforment les spores fortni^es dans leur intdrteiir tout à fait à la miiiîcrG des grains polli niques, et qui, i-ésorbés pcuà peu,finiss('iii par laisser ces snores libres dans la casil^ du sporange ; S* lii autres, plus longs, rciircrraant sciUemenl quelques grains vertï, et Unissant par se découper en autant de lanières spiralcj {fig.*n,e] Irès-hïgromëlriques, servant parleurs mouvements à dlqterscr les spores, et qu'on a nommées ilatèra.

Les Hépatiques n'ont pas toujours des feuilles ( fig. 474 ) < comme tes Housses, mais lonl quelquefois réduites comme In Lichens k des lames ou expansions herttacées nommées /rondes, dans l'épaisseur desqueUet peuvent eire plongés tes sporanges {fig. 4S2, t ), qui dam d'autres s'élèvent en dL-hors sur un pédicule, première ubaucbe de t'axe.

§ 549. Faorkrca (Fiït'cM).— Nous nous sommes déjà occnpéi des caroctëres de la végétation de ce grand groupe de végélaui acotylédonés, de ses tiges (g§ 86-91) qui, dans les espèces de noi climats tempérés, marchent sous la terre, mais qui, dans beaucoup de celles des régions tropicales, se dressent en un tronc perpendiculaire {fig. 103) ; de ses racines toutes adventives (§ 102) ; de sn feuilles [§ 132) quelquefois entières, mais souvent eitrêmemenl divisées. Ces feuilles présentent ce caractère constant, qu'avant leur développement elles se roulent en ci'osse et en dedans, non-seulement le limbe gi'néi'al sur le pétiole commun, mais tous les lobes (qu'on nomme des pinnuks) sur les pétioles partiels, de manière que, dans ce jeune âge, la face supérieure se trouve toujours cachée. Nous avons enfin dit un mot [g 172) des poils particuliers scariem, c'est-à-dire dilatés en écailles ou membranes, qui sont dispersés en grande abondance à la surface des diverses parties : ils fuurnissoiit

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aussi d'utiles caraclùrcs pour la distinction des genres cl des espèces. Les spores, qui jouent ici le même rôle que dans les ramilles précédemment exposées, sont renfermées dans depetits sacscelluleux, sporanges ou capsules, toujours situés sur la face inférieure ' des feuilles. Ces feuilles chaînées de sporanges, tantôt conservent la même forme que celles qui n'en portent pas, tanlAl ep prennent une un peu diQërente, dans 47v.

laquelle le parencbyme fo-, liacé est beaucoup moins développé, et même dispa< raitpresquecomplétemenl, laissant à nu les nervuics toutes couvertes de cap- ■ules.

Celles^ offrent, en général, dans leur paroi celluleuse, un rang de cellules beaucoup plus grandes et ^ plus épaisses que les autres, r disposées bout à bout en ' manière d'anneau. L'an- , neau entoure quclquefuis entièrement la capsule, suivant une direction soit verticale (dans les Polypodia- 0^ [fig- i^i])^ soit horizontale ou oblique (dans les Bymènophylléet). D'autres bis, incomplet, il ne forme (7e. «:(.

qu'un fragment d'anneau

oblique (dans les Parkériacées].Sim rôle physiologique semble analogue à celui des élatères et des përistomes; c'est-à-dire que, pins résistant que le reste des parois, et tendant à se contracter ou s'étendre par l'effet de sa croissance ou par ses changements hygrométriques, il détermine la rupture irrégulière de ces parois sur un

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*>■•. "ragmcnl de li fronde d'une luire Fongère (Nipimdium axfMttrt). lue a dauoai. — p Dcui pinnulei eharg^i dt »»■ i. — r RKfaie qui Ici porte.

«IS.UadHfomcoupéiTerlicatenKnl. — nNerrurequile pocle, — i iBdsiiBn nu rr|>li qui le contre — c Ctpiulei.

autre point, et, par ses mouvements, pousse au dehors les spores contenues. Cette déhiscence n'a pas toujours lieu de cette manière, mais par une fente régulière qui ouvre la capsule, soit d'un seul côté, ^t dans sou pourtour en la séparant en deux yalves. Dans > t&i detnlers'cas, ou Ton observe encore un anneau complet reporté te fômmel eh manière de calotte (chez les Lygodiacées), et un incomplet (chez les Osmondacées), ou il n'y en a pas du tout (chei les ÔphioglosséeSj chez lesquelles quelquefois ces capsules bivalves se soudent en série par leurs côtés). Enfin, elles ont une consistance coriace particulière, et sont rangées en un cercle du côté intérieur duquel elles s'ouvrent (dans les Marattiacées).

Les capsules ne naissent pas éparses^ isolées à la surface inférieure des feuilles, mais par groupes, qu'on appelle des sores (son [fig. 476, fy s]). Ces sores affectent des formes diverses : tantôt ils sont arrondis (comme dans les Polypodes), tantôt plus ou moins allongés (comme dans les Asplenium[fig, 476, f'"^) ; tantôt écartés les uns des autres, tantôt rapprochés en série longitudinale. Lear position aussi varie par rapport à la feuille sous laquelle ils sont dispersés avec plus ou moins de régularité, soit à la surface, soit le long du bord (comme dans les Adianthées), dont leur série peut suivre le contour (comme^dans les Pteris)^ ou la nervure médiane (comme dans les Èlechnum).

lis se montrent quelquefoisà nu sur la surface delà feuille (comme dans les Polypodes) ; mais plus souvent une membrane fine, qui semble un repli de l'épiderme, se détache pour les couvrir, et c'est ce qu'on appellêleurtncfttôtum. Celui-ci forme quelquefois une sorte de collerette ou capsule qui entoure le sore (par exemple, dans les Cyathea) ; mais, plus souvent, il les recouvre comme un couvercle à charnière (fig. 478, t), et, dans ce cas, se continuant avec l'épiderme d'un côté, présente de l'autre un bord libre qui peut regarde! soit le milieu, soitle contour de la feuille (fig. 477). L'indusium s'attache par un simple point (comme dans les Nephrodium), ou par une ligne plus prolongée (commedansleSi4(Ayrtum). Tous ces caractères, tirés delà forme des sores, de celle de l'indusium, de son point d'attache, de sa figure et de sa direction, servent à la distinction des genres.

Les capsules elles-mêmes, considérées à pari, sont sessiles ou poriées sur un pédicelle plus ou moins allongé ( fig. 479, p). Les spores se forment dans leur intérieur de lamême manière que celles des Cryptogames précédemment examinées, c'est-à-dire quatre par quatre dans les cellules-mères qui, dans le principe, sont soudées ensemble en un tissu continu, et qui, se résorbant plus tard, laissent les spores ibres dans la cavité de la capsule.

ÉQUISÉTACÉES. ' 427

Les spores par la germination émettent unprolongement tubiileux qui ne tarde pas à se partager par division en deux eellules^ lesquelles à leur toiu: se divisent par de nouvelles cloisons^ les unes transversales^ les autres longitudinales : d'où résultent lai accroisse ment en longueur et en largeur^ et la formation d'uàilKne t^ '. luleuseou prothaliium, ordinairement bilobée à sûii'fStiéflQdl^^ a C'est sur la face inférieure de ce prothallium que* se dévéÎQlqpâi^r^'^ bientôt d'assez nombreuses anthéridies (§ 495^ fig. 449, 1) et qùèV* ques archégones situés vers l'échancrure terminale. L'un d'eux^ fécondé sans doute, produit un corps comparable à un embryon, qui s'allonge en un axe redressé dont le sommet produira des feuilles, dont la base émettra latéralement des racines àdveniives. La petite plante s'enracine ainsi formée et commence à vivre par ellemême. Alors le plus souvent le prothallium disparaît, quoique dans quelques cas rares il persiste et puisse même acquérir des dimensions assez considémbles. Cet organe^ imparfaitement connu^ avait été considéré comme un cotylédon par plusieurs botanistes qui, en conséquence, sous le nom de Cryptogames monocotylédonées, séparaient les Fougères et quelques familles voisines du grand embranchement qui nous occupe. Cependant ce mode de développement ne soutient pas une comparaisoiurigoureuse avec la structure et la germination d'un véritable embryon monocotylédoné, et est au contrsdre tout à fait analogue à celui des Acotylédonées, dont nous avons traité précédemment^ notamment des Hépatiques.

Dans plusieurs Fougères des pays chauds, les souches contiennent un principe nutritif qui permet de les employé^ à l'alimentation ; mais, dans les nôtres, le mucilage est mêlé à un autre principe amer, quelquefois stimulant et même purgatif, qui lés rend impropres à ce premier usage, utiles au contraire à la médecine, à laquelle certaines espèce^ fournissent des anthelminihiques, c'est-àdire im remède contre les vers intestinaux. Cette propriété s'affaiblit ou disparaît dans les feuilles, où un principe aromatique, s'associant au mucilage, lui communique de nouvelles propriétés.

§ 550. Éqniaétaeées. — Celles-ci s'éloignent assez notablement de toutes les autres Acotylédonées par la structure de leur tige^ la disposition de leiu'srameaux etcelledeleurs organes reproducteurs. La tige est creusée à l'intérieur d'une grande lacune cylindrique coupée de distance en distance par des cloisons qui répondent à autant d'articulations; et elle présente dans sa partie solide, presque toute cellulaire, d'autres lacunes beaucoup plus petites disposées en un ou deux cercles. Quelques vaisseaux annulaires se trouvent le long de ces lacunes. De l'extérieur de la tige, à la hau* tcur de l'articulation, partent des rameaux en cercle, et, en dedans

de ees rameaux^ une gaine membraneuse terminéeparuncenain nombre d& lanières ou dents. Ces gaines sont les seuls organes de nature à être comparés à des feuilles : comparaison que repoussait la considération des rameaux situés en dehors et alternant avec les dents^ tandis que si chacune de ces dents eût représenté rextrémitc d'une feuille^ le rameau eût dû naitre yis-à-vis d'elle et à l'aisselle de la feuille^ c'est-à-dire en dedans de la gaine. Cependant les travaux organiques les plus récents conduisent à admettre chaque gaîne^ non plus conune un verticille de feuilles soudées par leurs bords^ mais conune une feuille unique amplexicaule. Us ont Dût reconnaître que les rameaux^ qu'on ne peut considérer que conune adventife^naiséent dans l'épaisseur de la base de cette feuille et k percent pour sortir au dehors^ n'occupant ainsi que consécutivement cette position extérieure par rapport à eUe.

La tige est terminée par une sorte de cône formé parlaréunion d'un grand nombre d'écaillés en forme de dous {fig. 480)^ perpendiculaires à l'axe. Sous la tête e de chacun de ces dous naissent eu cercle de petits sacs c (capsules ou sporanges), dont chacun {fig. 481), fendu dans sa longueur à la maturité^ laisse échapper une foulcdc spores. Chacune de celles-ci se montre sous la forme d'une masse

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