GRAMINÉES
ment de phisiciirs, qui d'autres fois a lieu constamment dans chacun d'eux, la réunion ou la séparation des étamines et des pistils dans «ne même fleur, la présence ou l'absence des glumes, la consis: tance et la forme des paillettes, les styles réunis ou distincts, la nature des stigmates, le nombre des étamines et celui des paléoles* tels sont les caractères qui varient dans la famille, et dont la combinaison est employée pour distinguer les tribus et les genres.
Cette immense famille, distribuée sur tout le globe, sert à des usages aussi variés qu'importants. L'abondance de la fécule dans ses graines fait cultiver un certain nombre d'espèces qui prennent le nom de céréales : ce sont de préférence celles où la graine offre un volume assez considérable, le Froment dans les climats tempérés ; concurremment avec lui ou un peu plus au nord l'Orge, le Seigle et l'Avoine; plus au midi le Mais, le Riz et le Sorgho ; quelques autres espèces sous les tropiques, comme, par exemple, le Poa abyssin nica, diverses espèces de JPontcum eid' Eleusine, La farine qu'on retire du périsperme broyé est un aliment doublement nourrissant et par la fécule qu'il contient et parle gluten, principe azoté, qui y est associé. Le son résulte des débris du péricarpe et doit ses qualités aux particules amylacées qui y restent attachées. La sève de beaucoup de Graminées contient le sucre en dissolution ; c'est surtout de là Canne (Saccharum officinale)^ où il est en si énorme proportion, qu'on l'extrait avec avantage. La présence du sucre détermine la fermentation par suite de laquelle sont produits divers liquides de nature alcoolique recherchés aussi pour la boisson et plusieurs autres usages de l'homme. C'est ainsi que le rhum et le tafia sont obtenus du jus de Canne, l'arack du Riz, et la bière de l'Orge. Le procédé pour la fabrication de cette dernière, qui consiste à soumettre à la fermentation dans un grand mélange d'eau l'orge auquel on a fait éprouver un commencement de germination, dépend de ce qu'en germant, une certaine partie de la fécule qui entoure la jeime plante se convertit en sucre. Cette abondance de principes nutritifs4ansles diverses parties des Graminées est employée aussi utilement à la nourriture des animaux, et fait d'un très-grand nombre d'espèces la base des pâturages et des fourrages. EnGn nous avons vu (§§ 19, 241] que les Graminées ont une affinité particulière pour la silice, qui, pénétrant avec leur sève et se solidifiant dans les parois de leurs cellules les plus extérieures, encroûte souvient leur épiderme et leurs nœuds : de là la rigidité et l'incorruptibilité de certaines pailles dont l'industrie tire parti.
Toutes les Graminées ne sont pas sans odeur; quelques-unes, au moment de la floraison, en exhalent une douce, mais en même temps pénétrante, dont tous les promeneui*s ont dû être frappés à
cette époque^ surtout lorsque les individus sont multipliés, comme dans une prairie. On cite la Flouve (Anthoxanthum) comme Tune des plus odorantes parmi nos espèces indigènes. U y en a qui le sont à un beaucoup plus haut degré dans les climats plus chaud$, et l'on en extrait une huile essentielle. Le vétiver, si généralement employé maintenant pour parfumer les vêtements^ est la racine d'une Graminée (Andropogon muricatus).
§ 557. Jussieu composait ses monohypogynes des familles précédentes ; des suivantes, ses monopérigynes et ses monoépîgynes^ entre lesquelles la ligne de démarcation n'est pas facile à tirer.
Nous les diviserons àom d'après im autre caractère qui se lie aussi en général à celui de l'insertion et qui a l'avantage de pouvoir être aisément constaté, l'adhérence ou la non-adhérence du calice avec l'ovaire. Les plantes de ces familles monocotylédonées qu'il nous reste à examiner, offrent un périanthe à folioles presque toujours disposées par verticilles ternaires, le plus ordinairement au nombre de deux, qui sont ou semblables entre eux, ofi&ant l'un et l'autre l'apparence soit d'un calice, soit d'une corolle^ ou différents, l'extérieur alors calicoïde et l'intérieur pétaloîde.
Parmi les familles à ovaire libre, nous citerons particulièrement les trois suivantes. *
§ 558. Palmiers (Palmœ). — Nous avons exposé précédemment (§§ 77, 78), la structure de la tige des Palmiers et leur port le plus habituel (fig, 100, 4). Quoique le plus ordinairement elle se dresse en un tronc plus ou moins élevé et simple, ce n'est pas un cas sans exception. Ainsi elle se divise à une certaine hauteur par une dichotomie régulière dans le Doum (Cucifera thebaica), et, dans plusieurs autres, se réduit à mi bulbe ou à un rhizome « Le tronc, lorsqu'il s'allonge, peut être assez épais ou plus ou moins grêle ; ses entre-nœuds sont tantôt très-courts, tantôt écartés l'un de l'autre par de longs intervalles ; sa surface est quelquefois lisse et même luisante (connue dans les Calamus) souvent au contraire elle est toute hérissée par les bases persistantes des feuilles ou même, dans les parties plus vieilles où elles se sont détachées, inégale, rugueuse et fendillée ; il n'est pas rare de la voir armée d'épines droites plus ou moins longues. Les racines adventives, naissant au-dessus du sol et accumulées vers la base de la tige, forment souvent autour d'elle un lacis qui l'épaissit en une sorte de cône.
Les feuilles, qui atteignent des dimensions considérables, sont portées sur de longs et forts pétioles très-flexibles, auxquels leur limbe très-épais s'attache, non en ligne droite, mais sur une ligne brisée en zigzag, de manière à former une suite de plis qu'on ne neut mieux comparer qu'à ceux d'un éventail, et qui se déploient