‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle à l'usage des lycées, colléges, séminaires et maisons d'éducation. BotaniqueChapitre 125 sur 142 · OMBELLIFÈRES · texte numérisé non relu

OMBELLIFÈRES

sa longueur et en double ainsi le nombre. Souvent^ dans l'épaisseur du péricarpe et le long de chaque vallécule^ sont creusées une ou plusieurs lacunes remplies d'im suc propre résineux^ qui vont en s'élargissant de haut en bas où elles ce terminent en ccecurriy et dessinent à l'extérieur autant de lignes colorées ou bandelettes (vittœ). Ce sont la forme et le nombre des côtes, des vallécules, et la disposition des bandelettes^ qui fournissent les caractères principaux maintenant employés et qu'il faut apprendre à déterminer. Les faces interjies^ par lesquelles les deux carpelles sont d'abord réunis et qui finissent par se séparer, sont quelquefois planes (Ombellifères orthospermées [fig. 625, 626] ), d'autres fois concaves, soit par l'inflexion de leurs bords ou-c^tes latérales (0. campylospermées)^ soit, plus rarement, parce qu'elles se recourbent à leurs deux extrémités (0. cœlospermées). Le périsperme, formant la plus grande partie de la masse de chaque carpelle et intimement adhérent à ses téguments, présente les mêmes modifications de forme. Le suc accumulé dans les bandelettes est une huile aromatique qui communique ses propriétés et son parfum aux graines employées en conséquence dans un certain nombre d'espèces, comme VAnis, le Coriandre, le Fenouil, le Cumin, etc^etc. Cette huile est souvent associée à un principe narcotique dans les autres parties du végétal, surtout dans l'écorce et les feuilles où abondent les sucs propres qui peuvent, suivant la proportion du principe qui domine, présenter des qualités diverses. Tantôt ils forment des gommes-résines stimulantes ou antispasmodiques utilement employées par la médecine, comme Vassa fœtida, Vopopanax, le sagapenum, le galbanum, la gomme ammoniaque ; tantôt ils deviennent des poisons plus ou moins violents, dans le Conium maculatum, le Cicuta virosa^ YjEthusa cynapium, le Phellandrium aquaticum, etc., plantes auxquelles on donne vulgairement les noms de Cigue\ petite Ciguë, Cigu'é aquatique, sans pouvoir déterminer avec précision celle avec laquelle se préparait le breuvage de mort si célèbre dansl'antiquité; tantôt enfin ils sont mitigés au point de ne plus servir, de mêmeflAp dans les graines, qu'à aromatiser .les parties au milieu desquolCs ils se distribuent et qui deviennent comestibles, comme dans les feuilles du Persil, du Cerfeuil, dans les tiges de VAng^ique. Mais faisons remarquer que c'est surtout dans les parties soustraites h l'action de la lumière que cela a lieu, dans les racines particulièrement, comme celles de la Carotte, du Panais, etc.,. etc., d'un usage si journalier, et que les Jardiniers déterminent artificiellement cette modification en couvrant certaines portions destinées à la nourriture, par exemple les feuilles du Céleri. On a observé aussi que ces propriétés augmentent ou diminuent d'énergie sui-

404 DOTANIQUË-

vant le climat plus ou moins chaud : qu'ainsi le Camum maculor ium, poison dangereux dans le midi de l'Europe, peut se manger sans inconvénient en Russie. Les racines charnues, que nous avons citées plus haut et que chacun connaît, présentent en outre une proportion assez considérable de matière sucrée.

VÉGÉTAUX DICOTYLÉDONES MONOPÉTALES.

§ 594. Nous les avons vus divisés par Jussieu (§•[517) en HypocoroUées, PéricoroUées et ÉpicoroUées, ces dernières partagées en deux classes, suivant que leurs anthères sont distinctes ou soudées entre elles. Tout en suivant cette classification, nous confondrons les monopétales à insertion périgynique et épigynique, à cause de la difficulté qu'on éprouve fréquemment à distinguer l'une de l'autre dans la pratique.

lIONOPÉTAIfS ^POGYNES.

§ 595. Parmi ^ les autres, nous commencerons par un certain nombre de familles qu'on peut considérer comme établissant le passage des polypétalées aux^'monopétalées. Plusieurs en effet nous offrent ce double caractère dans lem^s genres, liés du reste entre eux par une affinité évidente : telles sont les Styracinées, les Ébénacées, les Uieinées. Quoique, dans le reste, les pétales se soudent entre eux jusqu'à une certaine hauteur, c'est quelquefois dans une étendue extrêmement courte ; et d'ailleurs plusicui*s caractères propres aux plantes essentiellement monopétalées font ici défaut. Dans celles-ci, les étamines sont portées sur là corolle; leur nombre ^ale au plus ou n'atteint pas celui de ses divisions, et enfin on ne retrouve pas ce nombre dans celui des carpelles, qui, pour la plupart des cas, se réduit à trois, ou plus ordinairement deux. Les familles qui suivent nous présentent au contraire des carpelles souvent en nombre égal aux pétales, des étamines souvent en nombre double ou multiple, et très-fréquemment aussi parfaitement indépendantes de la corolle. Plusieurs, il est vrai, ont, suivant la loi ordinaire, leui*8 éta^l^iiies insérées sur le tube de cette corolle, et en même nombriirf|ii|^fèt lobes ; mais le plus souvent aloi*s elles leiu- sont opposj!^ etb présence fréquente d'autres corps, même de filets stérile», ^o^ftltemant avec elles, viennent occuper leur place normale, indique assez l'existence d'un second verticille d'étant incs dissimulées jusqu'à un certain point par un avortemont plu.N ou Jijoins complet. Ces diverses considérations nous ont engagé à pi*éseniev ces familles dauswxv\îi\Aûîi\x^^^\V,^v.^sl dans quelques-uns

MONOPIÎTALES A GOROLLE RÉGULIÈnK.

Cx3

o ce

•Cd

eu

os

mi mi

S JS

ru

s v'SLv

ai a-: »•«

lu

sâ<s

i as

u •« eu

• «:*£ ^ 5 •s o eu.zi 9 ^

go

S.-2 S ► Éi „

f-SS ua « d

a^g lis

*M . DOTANIUUE.

lières que noas avons cm devuir j comprendre, noUs ne trouvons pas ces caractères exceptionnels, leur place naturelle n'en est pas moins marquée ici par l'ensemble de tous leurs autres caiactèrcs, auquel nous avons dû avoir égard. L'insertion même semble perdre un peu de son importance dans ce groupe ainsi formé qui nous offre quelques cas, bien rares il est vrai, de périgynie : nouveau lien avec les familles polypétales par lesquolles nous avons Qni.

[Iibleau Xll, pige 4».)

^ 396. Les PrlmalBe^a, par leurs étamines'opposées aux lobei de la corolle Ijig. 621, 628), par la placentation centrale de leurs graines (fiij. 428, 620, 630), et par la situation de l'embr jon qni

tourne son câté, au lieu de son exti'émilt-, vers le point d'attache \/ig. 632), se distinguent facilement de toutes les autres Tamillcs monopétales, si ce n'est des Mynlnéea. Mais celles-ci sont en quelque sorte les Primulacées des régions tropicales, où elles croissent exclusivement, et elles n'y sont représentées que par des arbres ou des arbrisseaux ; tandis que les Primulacées proprement

B!T-«)3. Orgidti de la

trucliBcilion du PriwHila ilatior.

«!7. DiBuramine de li r Styl* «1 •Ligmite.

M» L'iHliMOMllpéli

-•Biudu ,lj[^.

tVt. Coupe nrlioLe d Itrliws, doni qiKlques-u

t. - t Cïliee, p Corolle. — e 1

eriioleimnt pour nwnlrer le plKCnl

u fruil. - / P*™.rpe, - p Pl« aes ODI éié delicheei.

Mi.' 1.1 11.4.M. coupée

'-«Enibrvon.

«M. LV.iibrson lépsr

MONOPfiTALES ÏIYPOGYNES. 497

ditcs^^ habitantes des climats tempérés ou froids^ sont toujours herbacées. On ne les recherche qu'à cause de Tëlégance de leurs fleurs, qui, pour plusieurs espèces, offrent l'avantage de paraître à une époque de Tannée où nos champs et nos jardins sont encore peu fleuris, précocité qui a valu son nom au principal genre, la Pi^imevère (Primula), Les propriétés de cette famille sont peu prononcées, mais paraissent avoir un certain degré d'énergie, notamment dans VAnagallis ou Mouron (qu'il ne faut pas confondre avec celui des oiseaux). L'extrait de VA^ arvensis est un poison de la classe des acres*

§ 597. Les familles comprises dans les tableaux suivants, et qui forment la grande majorité des M^nopétales, présentent constamment les caractères que nous avons plusieurs fois signalés comme liés à cette modification de la corolle, dans le nombre, la position et rinsertioB des étamines, ainsi que dans le nombre des carpelles ordinairement inférieur à celui des pétales, quoique dans quelques rares exceptions on le trouve au contraire supérieur. Plusiem*s plantes des familles énumérées dans le tableau précédent, et où Ton rencontre ces mêmes caractères, devraient donc se ranger dans l'un de ceux qui suivent, si l'onn'avai^égard qu'à leur place systématique ; mais nous avons mieux aimé les laisser à celle que leur assignent leurs rapports naturels. On ne pourra en aucun cas les confondre avec celles du tableau XIII, où la: corolle est irrégulière; et quant à celles du tableau XIY, l'examen des autres caractères pourra facilement décider la question dans le petit nombre de cas où elle serait douteuse.

(Tableaux XllI et Xiv, pages 4f S et 499.)

§ 598 . Avant d'examiner en particulier quelques-unes des familles mentionnées dans les deux tableaux suivants, il convient d'examiner en général plusieurs points de leur organisation. Celles dont les pétales inégaux forment par leur réunion une corolle irrégulière nous occuperont d'abord. Ordinairement un de ces pétales est opposé à la bractée, c'est-à-dire regarde en dehors et se soude plus ou moins haut avec les deux voisins, tandis que les deux autres se déjettent du côté opposé ou intérieur, de manière que le limbe se partage en deux parties ou lèvres, la supérieure bilobée,i'inférieune trilobée; et qu'en coupant la corolle suivant un plan parallèle à Taxe, on obtient deux moitiés inégales et de formes différentes dont chacune constitue une de ces lèvres; en la coupant dans un plan perpendiculaire au précédent et suivant l'axe, on obtient deux moitiés symétriques. Le calice peut être lui-môme régulier ou participer àcette irrégularité; dans ce dernier cas, U seraluV^m%uv^\ïtoX\^^^^'^^\N>s\

iOS

en

lis® -g

fit sl|

.2 CLtS ~"

Page 1