‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle à l'usage des lycées, colléges, séminaires et maisons d'éducation. BotaniqueChapitre 126 sur 142 · ST · texte numérisé non relu

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MONOPÉTALES HYPOGYNES.

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étamines alternes avec les cinq pétales, celle qui s'insère dans l'intervalle des deux lobes de la lèvre supérieure ne se développe que rarement; le plus souvent elle avorte^ soit incomplètement, indiquant alors sa présence par un filet rudimehtaire (comme dans plusieurs Scrofularinées et Bignoniacées), soit tout à fait. Dans ce dernier cas, des quatre autres étamines, les deux inférieures, celles qui alteiTient avec les lobes de la lèvre inférieure, prennent un plus grand développement ; les deux latérales, celles qui alternent avec les deux lèvres, se développent aussi tout en restimt plus petites (auquel cas (m a des étamines tédradynames), ou ne se développant qu'incomplètement et ne se montrant qu'à l'état rudimentaire (auquel cas la fleur est diandre).

§ 599 . On a pu remarquer combien, dans les familles monopétales àfleurs régulières aussi bienqu'irrégulières, est fréquent le nombre binaire des carpelles, et un examen attentif porte à penser qu'il l'est en réalité plus encore que ne l'indiquent nos tableaux. Nous trouvons, en effet, que dans certaines familles le nombre des loges se réduit souvent de quatre à deux, mais qu'alors celui des graines est double dans chacune; que dans d'autres lè nombre 4 des carpelles est constant (comme ^ans les Labiées et les Borraginées); mais alors même le styla unique est bifide, ou terminé par deux stigmates, et chacun des stigmates s'oppose à une couple de car- |lèlles. D'ailleurs, les insertions de quatre ovules ne se cro^sent pas d'ordinaire régulièrement, mais se rapprochent deux à deux en s'opposant aux deux stigmates. Certaines monstruosités nous montrent les carpelles dissociés, mais par couples dont chacune porte un style avec son stigmate; et un genre de Dichondrées offre deux styles distincts, chacun servant également une paire de carpelles. 11 serait peut-être permis d'en conclure que chacune de ces couples représente un carpelle unique bilobé ou biovulé, ce que conlh*merait l'existence fréquente de deux ovules dans chacune des loges des ovaires franchement hiloculaires, et la tendance que ces mêmes loges ont à se diviser en deux compartiments par la récurrence d'une cloison médiane. C'est même ce qui porte dans certains cas le nombre apparent des loges à 8; c'est qu'alors il y en a réellement quatre, mais chacune coupée en deux par une cloison ; en ce cas (dans certaines Verbénacées), au lieu de 8 noyaux uniloculaires, on en observe 4 hiloculaires.

La position des deux loges relativement à Taxe de la fleur est aa contraire fixe et importante. Dans les Sci'ofularinées, les Solanécs, Jes Acanthacées, etc., l'une des loges est supérieure, c'est-à-dire tournée du côté de V axe \ Y a^vx\.\evRXé.v\ç.vu:e^ c'est-à-dire tournée du

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piadécs, etc., elles sont toutes deux latérales, situées, par rapport h l'axe, l'une à droite et l'autre à gauche.

§ 600. LBhléea {Labiata). — La corolle labiée (fig. S69, 635), les élaminesdidynames rarement réduites à deux (dans les Sauves, par exemple] par l'avortement presque complet des deux intermédiaires, et les quatre ovaires avec un seul stjlê g jnobasique(A9- 336,

637, s) bifide à son sommet Ifig. 636, «), distinguent racilement cette ramilledetouteslesaulres. Ajoulons-y leurtige ordinairement quadrangulaire et leurs feuilles opposées; ct.lors même qu onn'aurait à ta disposition que ces organes de la végétation, ils pourraient sufilrc

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au diagnostic par Tcxislence d'un grand nombre de petits réservoirs d'huile essentielle dont les feuilles sont couvertes. C'est à ces huiles que les Labiées doivent leur odeur aromatique, variée suivant les espèces, et si agréable dans quelques-unes qu'il suffit de nommer : la Sauge, le Thym et \e Serpolet, la Mélisse, la Lavande, la Menthe, le Romarin, le Patchouly (espèce de Pogostemofi), etc., etc. Tantôt on extrait l'huile même pour remployer comme parfum, tantôt on en prépare les eaux spiritueuses dont nous faisons le plus fréquent usage, ou Ton en aromatise divers cosmétiques. Certaines feuilles, celles de la Sarriette, de la Marjolaine, du Basilic^ etc., sont introduites dans nos mets comme condiments. L'infusion de plusieurs déjà nommées (Sauge, Mélisse) et d'autres encore (Moldavie, Gléchôme, etc.), légèreqient tonique, est prise quelquefois en guise de thé. Â l'efTet que doit déterminer la présence d'huiles essentielles dont nous connaissons la propriété généralement excitante, il faut ajouter souvent celui que produira la présence simultanée d'un autre principe gommo^résineux, légèrement amer, duquel résulteront ces vertus toniques. Aussi plusieurs de ces boissons sont conseillées pour cette cause comme stomachiques ; et même^ si le dernier principe abonde, elles pourront devenir fébrifuges (Germandrée, Ivette, Scordium). Il est à semarquer que le camphre^ cette substance que nous avons déjà signalée dans une famille bien différente, celle des Laurinées, se trouve associé à Vhuile volatile des Labiées, et avec une telle abondance dans quelques-unes (Sauge et ÏMvande), qu'elles pourraient iârvir avantageusement à son extraction. On cite enfin qiiMBMYH'pr 1 1 i dont les racines présentent des renflements tuber^Bliuc dont la fécule peut fournir un aliment, et, parmi elles, une de notre pays, le Stachys palustris,

§ 601 . Les Borra|pin«*es, par leurs quatre ovaires distincts avec un seul style gynobasique, se rapprochent des Labiées ; mais leurs feuilles alternes, sur une tige arrondie, avec leur corolle presque constamment i-égulière, et môme lorsqu'elle ne l'est pas (dans les Echium), portant cinq étamines anthérifereà, les distinguent au premier coup d'oeil ; et cette distinction serait facile même si l'on n'avait qu'une seule feuille, car on pourrait la reconnaître à sa consistance molle, à sa surface hérissée d'aspérités qui résultent des bosses renflées et endurcies de poils simples, à son tissu entièrement dépourvu d'huile : et, malgré la ressemblance du pistil ou du fruit, ils suffiraient encore sans autre caractère, à cause de la position des ovules pendants au lieu d'être dressés, et de la direction de la radicule qui en est une conséquence nécessaire, et qui, infère dans les Jjihiées (fi^. 638)^ est supère dans les Borraginées (fig, 641). Les propriétés de celles-ci> abondantes en mucilage qui donne à leur

inrusinn des propriétés simplement émollientes, sonl éfulcmenl dùUnctes. La racine de plusieurs espèces, nolamoient de l'ûi'Canettc {Anchusa lincloria), à laquelle on peut substituer celles de

l'Onosma echioides et du Lithosptnaim linctorium, est employée pour la teinture. Elle est rouge à l'extérieur au contact de l'air, blanche en dedans, et contient une niaticre insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, l'éther, les huiles et les corps gras en général ; forme, avec les alcalis, une combinaison do couleur bleue, et est précipitée de sa solution alcoolique par les dissolutions métalliques en laques ili f iiirnMrfftilnri'n

g 602. BonUéeB. — Les planw|bï«tte famille méritent d'être citées pour l'énergie et en même temps pour la diversité de leurs propriétés. La plus généralement répandue est la propriété narcotique qui réside dans les sucs des racines, feuilles et fruits de certaines espèces bien connues : la Belladone [Alropa béliadona), la MandTagore {A . mandragora] si renommée autrefois, laJjuçutotnc [Uyoscyamiu niger) et autres espèces du même genre, la Pomme ipineufe ou. Stramoine [Datura ilramonium], diverses espèces du genre Solaaum (par exemple, le S. nigntm, si commun dans nos campagnes). La chimie a découvert des substances particulièreset en même temps analogues dans ces différentes plantes dont elle leur a donné les noms [atropine, hyoscyamine, daturîne, salanine], et c'est à elles que leurs qualités pai'aissent dues. Les Physalû

MB-MI . OfEinft d€ la fruclificatioo d'nus BuglosM [l'^nehuta ilalica).

somnifera et le Nicandra physalodes produisent des effets semblables, quoique moins intenses. Ceux des feuilles du Tabcu:, dus également à la présence d'un alcaloïde particulier (la nicotine), sont très-violents lorsqu'il est pris à l'intérieur ; mais ce n'est que comme médicament qu'il est ainsi administré^ et^ dans l'usage habituel» il n'est mis en rapport qu'avec les parties les plus extérieures de la membrane qui tapisse le tube intestinal : avec les narines» en poudre ; avec la bouche» mâché ou fumé» forme sous laquelle son effet doit être singulièrement aff'aibli» et cependant ne laisse pas d'être énergique lorsqu'on n'en a pas l'habitude. C'est de l'Amérique qu'il nous est venu. Les habitants d'Haïti le nommaient yatij et le nom de tabac» qu'ils donnaient à la pipe» Tut appliqué par les Eiu*opéens àla plante. Walter Raleigh l'introduisit en Angleterre en 1586 ; mais il était cultivé dès 1 560 en Portugal» d'où il fut apporté en France par l'ambassadeur Nicot» dont on a donné le nom au genre botanique (Nicotiana) . Son usage fut d*abord sévèrement défendu par plusieurs souverains» mais s'établit malgré les menaces et les punitions» et finit par être un objat de faveur et même de monopole» en devenant une branche importante des revenus publics» comme il l'est aujourd'hui. Répandu siu* t^te la surface de la terre» sa culture s'est aussi généralisée» et Ton pourra s'étonner de trouver jusqu'en Ecosse et en Suède celle d'une plante originaire des contrées tropicales; mais il est facile de s'expliquer cette diffusion^ si l'on réfléchit que c'est une herbe annuelle» qui ne demande pour parvenir à sa perfection que peu de mois de chaleur» et qui d'ailleurs» dans son pays aatal» croît sur les hauteurs, pÉr conséquent dans un climat plus tempéré. Plusieurs espèces sont Cultivées : le Nicotiana tahacumk fleurs roses» le plus généralement ; le iV. rustica à fleurs jaunes» de préférence dans l'Afrique occidentale et l'Egypte, ainsi que dans le midi de l'Europe» où l'on en prépai'C le tabac de Salonique et probablement aussi de Latakié. Celui de Shiraz est le N, persica, peutêtre originaire de cette contrée» ce qui pourtant est loin d'être certain. Il est assez singulier dans cette famille» à côté de ces produits vénéneux, d'en trouver d'autres d'une nature entièrement différente. Les fruits du Piment [Capsicum) sont extrêmement piquants au goût et même acres» mais se mangont impunément ; et ceux de la Tomate (Lycopersicun* esculentum) , de l'Aubergine (Solanum melongena) et de quelques autres, sont tout à fait doux et comestibles. Mais c'est surtout la Pomme de terre (Solanum tuberosum [fig, 642-647]) dont l'emploi fait contraste avec tous les narcotiques que nous avons cités d'abord. Il est vrai que cet aliment si usité est fourni par une autre pai'tie de la plante et tout autrement modifiée, par les rameaux inrérieui-s et soulcrraiii^

SCROFULARINÉES.

(§ 158, fig. 160) qui forment en se renflant de riches dépôts de fécule. C'est aussi de l'Amérique que nous est venu ce végétal si

utile; mais de quelle contrée précisëiyent? On Ta trouvé sauvage dans les montagnes du Chili, vers le 33* degré de latitude australe ; danscelles du Pérou, où peut-^tre il avait été porté par les Incas ; récemment sur les pics du Mexique, où cependant il n'était pas connu du temps de Montézuma, et ce fut de Virginie que Ralcigh le rapporta en Angleterre. Mais il est hien difficile de déterminer si une plante d'une propagation aussi fibd|èE4ltoujours crû spontanément dans un certain lieu, ou si elle- y a &é laissée par le voisinage de l'honmie à une autre époque. Quoi qu'il en soit, la Pomme de teiTC a eu plus de peine que le Tabac à s'établir en Europe, et chez nous on peut regarder sa culture en grand comme ne datant que de ce siècle. Elle était plus tôt en usage dans le midi de la France; mais il fallut les efforts les plas persévérants d'un philanthrope éclairé, Parmentier, pour la faire adopter dans le Nord. C'est un fait qui a droit de nous causer aujourd'hui un singulier étonnement.

§ G03. Scroralarinées.— Elles ont les rapports les plus intimes avec les Solanées, dont elles diffèrent seulement par l'irrégula-

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