COMPOSÉES
Alix formes principales de la corolle que nous avons fait connaître , il convient d'ajouter l'explication de quelques caractèi*es remarquables qu'elle présente. Tel est celui de sa nervation. Nous savons qu'en général^ dans les fleurs des autres plantes-, c'est la nervure médiane qui domine, et qu*ainsiy dans le tube d'une corolle monopétale, les cinq nervures principales sont opposées aux cinq lobes, dans l'axe desquels elles viennent se terminer. U n'en est pas ainsi dans les fleurs des Composées : les cinq nervures alternent avec les lobes ; arrivées à eux, elles se partagent en deux qui se prolongent sur leurs bords correspondants, de telle sorte que chaque division du limbe est bordée de deux nervures saillantes confluentes à son sommet (fig, 268,^ 680-83). Ce sont donc les latérales qui prennent ici le plus grand développement, soudées deux à deux dans le tube, séparées dans le limbe : quant aux médianes, elles se montrent aussi quelquefois, mais manquent plus souvent. On avait proposé de nommer les Composées, d'iiprès ce cai'actère si remarquable, Nervamphipétalêes, La préfloraison valvaire se lie à celte disposition. On y observe des corolles de toutes les couleurs, et tantôt toutes les fleurs d'un capitule ont la même (capitula homochroma), tantéfl une différente (c. heterochroma)j celles du disque étant alors toujours jaunes, celles du rayon blanches ou de quelque nuance dérivant du bleu*
Les étamines portées sur le tube de la corolle ont leurs filets libres ou soudés : mais leurs anthères sont toujoui's réunies par leurs bords, et forment ainsi elles-mêmes un tube, ne se distinguant entre elles que par leurs sommets ordinairement prolongés en un appendice plus ou moins long, et souvent aussi p^ leurs bases allongées en une queue (antherœ caudatœ), qui manque d'autres fois (antherœ ecaudatœ). Le style, que nous avons décrit, traverse le tube formé par les anthères, et, en s'allongeant,balaye, au moyen de ses poils collecteurs qui s'enfoncent d'ans les fentes de leurs loges, le pollen qui y est contenu.
L'ovaire est à un seul ovule dressé dans une seule loge ; cependant, d'aprèslenombfe double des stigmateset d'après l'existence de deux cordelettes qu'on voit quelquefois, partant de la naissance du style parcourir, en sens opposé et de haut en bas, la paroi interne de la loge jusqu'à l'insertion de l'ovule, peut-être serait-il permis de supposer qu'il est réellement formé de la soudure de deux carpelles.
11 devient un achaine qui, par l'absence ou la présence et la nature de l'aigrette, fournit d'utiles caractères. La graine, en grossissant, finit quelquefois par confondre avec le péricarpe ses téguments composés d'une double membrane. L'embryon tourne eu bas, vers le point d'attache, sa radvcuVe covxcV.^ VJ^. ^^^«
&n BOTAMQCE.
Les Chicoracëes ou Tubuliflores ont un suc laiteux analogue i^ celui des Campanulacées. Il est amer^ lui peu astringent et même narcotique. Ces propriétés se trouvent dans presque toutes les espèces sauvages à un degré plus ou moins prononcé : on les remarque surtout réunies dans les Lactuca sylvestris et virosaj dont Textrait est employé comme Kopium, sans déterminer cependant les mêmes accidents. Mais ces propriétés s'affaiblissent dans d'autres espèces, notamment celles que nous cultivons et dont on mange soit les racines, comme celles du Salsifis et de la Scorsonère, soit les jeunes pousses ou les feuilles, comme celles de la Laitue, de la Chicorée, du Pissenîit> de laBarb€^-de^Bouc, etc.,«lc. Remarquons qu'on emploie ainsi des parties étiolées, ou naturellement, comme celles qui croissent sous terre, ou artificiellement, ou toutes jeunes, de manière que le suc {^opre n'a pu encore être corn • plétement élaboré, et ne possède que ce (àible degré d'astringencc ou d'amertume qui plaît au goût et relève la saveur des aliments.
On en peut dire autant des di verses Cynaroc^p^a/es onCynarées, qui sont alimentaires : des feuilles de Cardon qu'on a soin de laisser blanchir ou étioler, des réceptacles é^Artichaut et autres qu'on cueille avant l'épanouissemdht de la fleur, et qu'on mange même crus lorsqu'ils sont encore jeunes. Chacun connaît l'extrême amertume des àutrej parties de l'Artichaut, et c'est un caractère commun à toutes les plantes de cette même tribu, et qui en fait employer plusieurs comme stomachiques.
Nous le retrouvons dans celles qu'on confondait sous le nom de Corymbifères, mais il s'y modifie par la coexistence d'un principe résineux qui en exalte ordinairement les propriétés. Si celui-ci, au lieu de se concentrer en se solidifiant, reste à l'état d'huile volatile, la plante sera à la fois tonique, aromatique et antispasmodique, comme les Camomilles, les Armoises, les Achilléa, la Tanaisie, etc. On a même proposé l'infusion de plusieurs en guise de thé. La prédominance du principe amer lui donne des vertus fébrifuges, comme dans les diverses espèces confondues sous le nom de Camomille, etc. Celle delà résine augmentera les propriétés stimulantes, provoqueraia sueur, la salivation, la sécrétion abondante de l'urine : et c'est sans doute à ces effets que plusieurs espèces exotiques doivent leur renommée comme antidotes à la morsm*e des serpents : telles sont une espèce d'Ëupatoire, YAyapana,et une de Mikania, le Guaco. — On trouve dans un petit nombre de Corymbifères des dépôts de fécule qui sont utilisés pour lanomTiture de l'homme ou des animaux; le Topinambour {HeliarUhus tuberosus) est, sous ce japport, tout k tail coto^t^Vô \iL\aL^\i!iKûfe ^'j^ Vkw^^ et ce sont ses rameaux inféiieurs eV souVett^Vw^ ^\ ^ xsiî^vaMiKsr^jMsRK^ «^
COMPOi^ÉES. 623
tubercules charges d'yeux et féculents. On a découvert dans un autre^ TAunée (Inula helenium)^ un principe amer, qu'on a nommé InulifiCj extrêmement analogue à la fécule, dont il a presque la composition (en poids 43,72 de carbone, 62,0 d'hydrogène, 50,8 d'oxygène) et toutes les propriétés, si ce n'est qu'il est un peu soluble dans l'eau qui en dissout, chaude \ et froide -j^-, et que l'iode le colore en jaune et non an bleu. 11 se trouve au reste dans un grand nombre d'autres végétaux où il remplace la fécule. Les graines de la plupart des Composées sont oléagineuses comme on peut facilement s'en convaincre par l'examen de celles du Soleil, On culli ve môme plusieurs espèces poui l'extraction de l'huile, les Madia saliva, Giiizotia oîeif ara, Lactuca olei fera, elc*
DIXIÈME LEÇOIK.
KOTIONS SUR LA GÉOGRAPDIE BOTANIQUE.
ITiFLUENCE COMPARATIVE DES LATITUDES ET DES HAUTEIRS;