‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle à l'usage des lycées, colléges, séminaires et maisons d'éducation. BotaniqueChapitre 132 sur 142 · DIFFÉRENCE DES CONTINENTS ET DES ILES · texte numérisé non relu

DIFFÉRENCE DES CONTINENTS ET DES ILES

niâTRIDUTION SUR LA SURFACE DU GLOBE DE QUELQUES-UNES DES FAMIIIES

PRÉCÉDEMMENT EXPOSÉES ET DE QUELQUES-UNS DES VÉGÉTAUX LES PLUS UTILES A l'hOMME.

§ 609. On sait que toute plante n'est pas répandue uniformémciit sur tout le globe^ mais se montre seulement sur telle ou telle parlie de sa surface. Ces limites assignées <\ chacune d'elles dépendent de plusieurs causés. L'organisation, diversement modiGée dans les divers végétaux, leur impose des conditions ditTérentes d'existence^ et ils ne peuvent vivre et se multiplier que'là où ils trouvent réunies ces conditions propres à chacun d'eux. De plus, l'observation démontre que toutes les plantes ne sont pas parties d'un centre miique d'où elles se seraient dispersées ensuite en rayonnant, mais qu'il a existé une foule de centres originaires de végétation, chacun avec la sienne propre, quoique, d'une autre part, plusieurs espèces semblent avoir été communes à plusieurs centres à la fois. Si les conditions sont différentes sur deux points, leur végétation doit donc l'être également, mais la similitude deà unes n'entraîne pas aussi nécessairement celle de l'autre, surtout à de grandes distances^ puisque les plantes n'ont pu en général passer de l'un de ces points à l'autre, où elles auraient également prospéré. Ainsi, la distribution des végétaux sur la terre est réglée par des causes compliquées, les unes physiques, dépendant de leur nature et des agents qui les entourent, les autres cachées à nos recherches dans le mystère de l'origine des èlies.

§ 6iO. La géographie \io\.a.xAc\w^ e."5X\^ ^^\?Cm5. \^\^ 'sfcvwNRa. ojii

cape de cette dlslrVhuWoxv ^esN^^è\.;i\fl..\ii.^^\V^Otf2va^^^^

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dans tel ou tel milieu, prt^cntant un certain ensemble de conditions physiq^ics, constitue leur station; le fait de leur existeuce dans tel ou tel pays constitue leur habitation. Quand on dit cpi'une plante croit dans les marais^sur le sable du rivage de la mer, sur les Kiichei*s des montagnes, au bord des glaciers, on indique sa station. Quand on dit qu'elle croît en Europe, en France , en Auvergne, autour de Paris, on indique son habitation dans des limites de plus en plus précises. Ces notions peuvent s'appliquer à des unités d'un ordre plus élevé que les espèces; on peut rechercher la distribution de genres entiers , ou même de tribus ou de familles, et souvent ces associations plus ou moins considérables d'espèces, entre lesquelles il est permis de préjuger alors ime grande uniformité d'organisation, en offrent une remarquable dans leurs stations, ou leurs habitations, ou dans les deux à la fois.

§ 611. 11 convient d'abord de se livrer à quelques considérations générales sur la manière dont se distribuent à la surface de la terre ces agents extérieurs que nous avons vus jouer un rôle si important dans la végétation, principalement la chaleur et l'humidité , qui dans chaque lieu se combinent en un certain rapport pour former le climat.

La chaleur va en décroissant de l'éqtateur vers les pôles et assez régulièrement, si Ton considère à part un seul et même méridien, mais si Toy considère ce décroissement sur plusieurs méridiens à la fois, on est frappé des dilférences qu'iis présentent sous ce rap* pjrt. Chaque lieu, dans le cours d'une année , reçoit une certaine quantité de chaleur, et si l'on compare ces quantités pendant une longue suite d'années, on en déduit la température moyenne du lieu. La ligne qui passerait par une suite de lieux ayant la même température moyenne est dite Isotherme (taoç, égal; 6i?p.ïi, chaleur). En comparant entre elles les lignes isothermes telles qu'on a pu les constater par l'observation directe, on s'aperçoit tout de suite qu'elles forment, au lieu de circonférences parallèles à l'équateur ou seulement parallèles entre elles, des courbes inégalement éloignées de lui et l'une de l'autre dans les divers points de leur trajet. Dans l'hémisphère boréal, en les suivant d'occident en orient, on les voit s'83)aisser vers le sud dans l'intérieur des deux grands continents et surtout de l'Amérique, se relever vers le nord dans les grandes mers qui lui sont interposées et surtout dans l'océan Atlantique-. La température de l'ancien continent est donc généralement plus clev'ce que celle du nouveau, celle des cont»:?ents moins élevée à Tintérieur que sur les bords de la mer, et beaucoup plus siu* le rivage occidental que sur l'oriental.

§612. Do ce que plusieurs lieux sont situes sur la môme Htgae

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isotherme, de ce qu'ils ont, dans le cours de toute ime année, reçu la même somme de chaleur, il ne s'ensuit pas que leur climat soit identique. En effet, cette somme peut se distribuer de diiïerentcs manières entre les difiéi*ents mois, et par suite entre les saisons ; ou avec une certaine égalité, de manière que l'hiver et l'été soient tous deux fort tempérés; ou, au contraire, très-inégalement, de manière que l'été soit très-chaud et l'hiver très-froid. Ces différences de températures extrêmes ont beaucoup plus d'influence sur la végélatioii que la température moyenne. On appelle isochimène ( xtiauv , hiver) la ligne qui passerait par tous les lieux où l'hiver (année moyenne) descend au même point; et isothère (ftépo;, été) celle qui passerait par les lieux où l'été s'élève au même degré de chaleur. Ces nouvelles lignes, s'éloignant à leur tour des isothermes, ne comprennent pas la même série de lieux.

§ 613. La masse des eaux tend bien plus que la terre à une certaine constance de température, telle que, sur mer, dans un moment donné , sa différence entre deux points de latitude différente soit moindre, et que, dans un lieu donné, la différence entre l'hiver et l'été le soit aussi. Les terres adjacentes participent à cette uniformité, et de là la distinction des climats en marins et en continentaux : les premiers, ceux dis rivages et des îles , plus tempérés , et d'autant plus que les iles sont plus petites, plus écartées au sein de la mer ; les seconds, où la différence de la chaleur estivale au froid hibernal est d'autant plus marquée qu'on se place {dus vers la ligne médiane du continent.

L'humidité de l'atmosphère exerce sur la végétation une grande influence , soit que l'eau à l'état de vapeur entoure les parties aériennes des plantes, soit qu'elle retombe en pluie et pénèli-e le sol. Elle est nécessairement favodsée par le voisinage de grands réservoirs. Celui de la mer, combiné avec la direction dominante des vents, qui détermine celle des vapeurs formées à sa surface, est une source plus ou moins abondante d'humidité, plus constante n'icessairemcnt dans les îles. L'humidité est donc une condition qui accompagne très-fréquemment celle de laquelle nous avons vu résulter l'uniformité de température. La présence de moindres réservoirs, lacs, mai'ais, cours d'eau grands et petits, agit d'une manière analogue, mais dans des limites proportionnelles.

§614. Examinons maintenant les modifications générales que la végétation présente, en rapport avec celle des climats que nous venons de signaler.

Pour peu qu'on s'occupe de la recherche des plantes, on s'aperçoit tout de suite avec quelle illégalité leurs diflcrenles espècoN se trouvent distribuces. Les unes se rencontrent localisâmes dans un t*>-

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