‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle à l'usage des lycées, colléges, séminaires et maisons d'éducation. BotaniqueChapitre 136 sur 142 · ARITHMÉTIQUE BOTANIQUE · texte numérisé non relu

ARITHMÉTIQUE BOTANIQUE

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§ 636. Les espèces plus nombreuses lëpândues entre les tropiques correspondent nécessairement à un plus grand nombre de familles et de genres ; et il diminue progressivement en se rapprochant des pôles. Mais comme alors chaque genre est représenté par un nombre moindre d'espèces^ dans ces flores des pays froids^ le nombre des genres, par rapport à celui des espèces, devient plus grand. Ainsi, par exemple, la flore française compte aujourd'hui plus de 7,000 espèces réparties dans plus de 4,100 genres; celle de Suède, un peu plus de 2,300 espèces poui- 566 genres \ celle de Laponie, un peu moins de i, 100 espèces pour 297 genres; de sorte que pour chaque genre le nombre moyen des espèces est en France de 6, en Suède de 4,i , en Laponie de 3,6.

Le nombre absolu des espèces ligneuses et leur proportion aux espèces herbacées augmentent ainsi à mesure qu'on s'approche davantage de Téquateur. Le nombre relatif des espèces annuelles ou bisannuelles croît donc suivant ime marche inverse, mais qui ne se continue pas ainsi jusqu'au pôle. Ce sont les régions tempérées qui paraissent les plus favorables à leur nature délicate, ainsi que le prouve l'expérience de nos jardins. Elles y acquièrent leur maximum, et plus loin leur proportion reprend une marche décroissante. Nous avons vu qu'elles disparaissent dans les zones les plus froides, soit en latitude, soit en hauteur, où la plupart des plantes sont vivaces ou sous-frutescentes.

Un corollaire des propositions précéde;Ti\«&, c'^V o^^ \^\SiiSS^w^

des végétaux va en augmentant d'une manière générale des pôles vers l'équateur. Mais celte règle semble intervertie pour un ordre particulier de plantes, les Fucus, qui, assez petits dans les mers tropicales, acquièrent d'énormes dimensions dans les mers arctiques ou polaires. On en a mesuré au cap Horn dont la longueur atteignait à peu près 100 mètres.

§ 637. Nous n'avons encore parlé que des rapports numériques entre les différents groupes de plantes (familles, genres, espèces), rapports qui, par leurs combinaisons diverses suivant les diverses contrées, donnent la physionomie propre au paysage de chacune d'elles. Mais celle-ci dépend en même temps d'une autre cause que nous n'avons pas encore examinée, du nombre des individus d'une même espèce dans une étendue donnée. Dans tout pays, celui qui considérera avec quelque attention la végétation qui l'entoure, et, ne se contentant pas d'un coup d'oeil vague jeté sur l'ensemble, cherchera à en analyser les divers détails, reconnaîtra tout de suite que, parmi les végétaux qui le composent, les uns se répètent un nombre inûni de fois, et que telle espèce couvre de grands espaces de ses individus pressés les uns contre les autres, tandis que ceux de telle autre ne se montreii que de loin en loin. De la multiplicité d 'espèces diverses réunies sur un même point ou de la multiplication d'une même espèce qui croit à l'exclusion delà plupart des autres, dépend la sensation de variété ou de monotonie que l'œil transmet à l'esprit. On a nommé plantes sociales celles qui vivent ainsi en société, comme certains animaux par grands troupeaux : si l'on en rencontre quelques pieds isolés à une grande distance de tout autre, ce n'est qu'une rare exception. Leur présence indique toujours une même nature dans le terrain qu'elles couvrent; la ligne où elles s'arrêtent, un changement dans la nature du terrain.

§ 638. Nous nous trouvons ici naturellement amenés à l'examen d'une influence, celle du sol, que nous avons dû jusqu'à présent laisser de côté, puisque nous avons considéré les gi^andes régions du globe dans l'ensemble de leur végétation, et que les variations résultant de celles du terrain sont beaucoup plus locales, plus morcelées, et se multiplient dans chacune de ces régions, souvent sur des espaces assez bornés. Par ce nom général de sol, nous devons entendre tout milieu où peut croître une plante, et par conséquent les eaux s'y trouvent elles-mêmes comprises.

§ 639. Gommençdns par celles delà mer où nous avons vu (§ 529)

vivre une partie des Algues, celles qu'on connaît vulgairement sous

le nom de Fucus, et qui, cramponnées, mais non enracinées sur les

fonds ou les rochers, a\)SQT\)Qin\.\e.\u tiourriture dans l'eau salée qui

les environne. Que\que&-U3ûfta m^i2û& ^Q\.\ft»x. \ù«^\Dsss8L\tAlle est

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