‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle à l'usage des lycées, colléges, séminaires et maisons d'éducation. BotaniqueChapitre 138 sur 142 · PLANTES CULTIVÉES. - CÉRÉALES · texte numérisé non relu

PLANTES CULTIVÉES. - CÉRÉALES

ture^ en les rencontrant autre part^ on en conclura la probabilité que cette même cultiu*e pourrait y réussir aussi.

§ 645. Dans le rapide examen qu'il nous reste à faire de la distribution des végétaux cultivés, nous nous bornerons à un petit nombre, à ceux qui servent le plus généralement de base à la nourriture de rhomme, et se trouvent en conséquence les plus répandus sur la terre. Nous emprunteront à Texcellent travail de M. Schouw beaucoup des détails qui suivent.

La culture des Céréales (§ 556] est poussée dans le nord de la Scandinavie jusque vers le 70« degré, à peu près vers la limite où nous avons vu cesser aussi les arbres. C'est le seul point où elle dépasse le cercle polaire, en deçà duquel elle s'arrête sur tout le reste de la terre, vers 60 degrés dans l'ouest de la Sibérie, vers 55 degrés plus à l'est ; près de la côte orientale, elle n'atteint pas le Kamtchatka , c'est-à-dire le 51« degré. Dans l'Amérique , elle peut arriver jusqu'au 57« degré sur la côte occidentale, comme le prouve l'expérience des possessions russes ; mais, sur l'orientale, elle ne dépasse pas le SO'^ ou au plus le 52" degré. La ligne qui la circonscrit au nord dans les deux continents se trouve donc suivre les mêmes inflexions que les isothermes.

C'est Y Orge qui mûrit jusqu'à cetle limite, dont s'approche aussi l'Avoine, mais à laquelle la récolte est loin d'être sûre, et ne réussit quelquefois qu'une année sur plusieurs. Leurs graines font l'aliment de l'homme dans le nord de l'Ecosse, de la Norvrége, de la Suède et de la Sibérie.

Plus au midi, on voit s'y associer la culture du Seigle, qui, du reste, monte aussi loin que celle de l'Avoine dans la Scandinavie. C'est celle qui domine dans cette partie de la zone tempérée froide, que forment le sud de la Suède et de la Norwége, le Danemark, presque tous les pays riverains de la Baltique, le nord de l'Allemagne et une portion de la Sibérie. On commence à y rencontrer aussi le Blé, et l'on ne cultive plus guère l'Avoine que pour la nourriture des chevaux, l'Orge que pour la fabrication de la bière.

Puis commence une grande zone où le Blé est cultivé presque à l'exclusion du Seigle, et qui comprend le sud de l'Ecosse, l'Angleterre, le centre de la France, une partie de l'Allemagne, la Hongrie, la Crimée et le Caucase, et des parties de l'Asie centrale celles où il y a quelque agriculture. Comme la Vigne croît dans une partie de cette zone, le vin remplace la bière, et en conséquence l'Orge est moins recherchée.

Le Blé s'étend bien plus au sud, mais là on y associe communément la culture du Riz et du Mats, C'est ce qui a lieu dans la pé' ninsule espagnole, une partie du midi de la France, notamment

celle qui borde la Méditerranée^ Tltalie^ la Grèce^rAsie Mineure ?i la Syrie, la Perse, le nord de l'Inde, l'Arabie, TÉgypte, la Nubie, la Barbarie et les Canaries. Dans ces derniers pays, le Mais et le Riz sont le plus généralement cultivés vers le sud, et dans quelquesuns aussi \e Sorgho et le Poa abyssinica. Le Seigle, dans cette double zone du Froment, est relégué sur les montagnes à des élévations assez considérables, V Avoine aussi; mais la culture de cette dernière finit par disparaître à cause de la préférence donnée à VOrge pour la nourriture des chevaux et des mulets. A l'extrémité orientale de l'ancien continent, en Chine et au Japon, par une cause qui parait inhérente aux habitudes du pays, nos graines sont presque abandonnées pour la culture exclusive du Riz. Elle domine aussi dans les provinces méridionales des 'États-Unis, mais celle du Mais est générale dans le reste de cette partie de l'Amérique beaucoup plus que dans notre continent.

Dans la zone torride, c'est aussi le Maïs qui domine en Amérique, le Biz en Asie, distribution qui tient sans doute à l'origine primitive de ces deux Graminées. Elles sont cultivées également toutes deux en Afrique.

Dans l'hémisphère boréal, dont les régions tempérées admettraient sans doute la plupart 4e ces cultures, elles doivent être plus rares, à cause de l'état de civilisation moins perfectionné et des populations plus clair-semées, et dépendent en partie des usages apportés par les colonies. Celle du Blé est dominante dans le midi du Brésil, à Buenos-Ayres, au Chili, au cap de Bonne- Espérance et à la Nouvelle-Hollande, dans la Nouvelle-Galles du Sud, où Y Orge et le Seigle se montrent plus au midi, ainsi que dans l'île de Van-Diemen.

En recherchant maintenant la distribution des Céréales sur les zones différentes par les hauteurs, nous la trouverions analogue à celle que nous venons de voir sur les zones différentes par les latitudes. Pour avoir un exemple qui les présente toutes à la ois, prenons les Andes de l'Amérique équatoriale. Le Maïs y domine de 1,000 à 2,000 mètres, mais arrive encore à près de 400 mètres plus haut. Entre 2,000 et 3,000, ce sont les Céréales d'Europe qui dominent à leur tour : le Seigle et Y Orge vers le haut, le Blé plus bas.

§ 646. La Pomme de terre (§ 602), à une époque toute moderne, s'est répandue dans presque tous les pays cultivés, et est venue s'ajouter aux aliments farineux fournis par la graine des Céréales, les remplacer presque dans certaines contrées. Sa culture suit celle de ces Céréales jusqu'à ses dernières limites, et même les dépasse un peu, si l'on choisit \esNaï\é.V.ti% ViiUx^sc\u'un été fort court peut

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anieneràmaturité.G'estainsiqu'onlacultiYemaintenant en Islande, et à des hauteurs considérables sur les montagnes d'Europe, là où les Céréales ne peuvent plus réussir. Dans les pays chauds, au contraire, la Pomme de teiTc dégénère facilement, et est en consé- / quence abandonnée, si ce n'est à des hauteurs suffisantes pour ramener le climat aux conditions convenables de température. Sa culture est générale, suivant M. de Humboldt, dans les Andes équatoriales, entre 3,000 et 4,000 mètres.

§ G47. Dans le haut Pérou, le Quinoa, espèce du genre Chenopodium^ de la famille des Atriplicées, était communément cultivé, avant l'arrivée des Européens, pour ses graines farineuses, et il Test encore, quoiqu'à un beaucoup moindre degré.

§ 648. Plusieurs espèces du genre Polygonum, type de la famille voisine des Polygonées (§ 573), dont la graine ofTre une composition analogue, servent, pour cette raison, habituellement d'aliment aux peuplades qui habitent les montagnes septentrionales et les hauts plateaux de l'Asie, d'où ces espèces sont originaires. L'une d'elles, le Sarrasin (P. fagopyrum), est très-répandue dans le nord de l'Europe, particulièrement dans la Bretagne, où elle forme la principale nourriture des paysans.

§ 649. Les populations de quelqtlbs districts montagneux, dans l'Apennin en ItaJie, en France dans les Cévennes et le Limousin^ se nourrissent, pendant une partie de l'année, de Châtaignes. Le Châtaignier (§ 566) croît spontanément dans toutes les régions montueuses du midi de l'Europe, dans l'Asie Mineure et le Caucase, et il est cultivé assez loin de ses limites naturelles. Mais il lui faut, pour que son fruit mûrisse, un certain degré de chaleur assez longtemps prolongé. Au delà de Londres et de la Belgique, vers 51. degrés, il ne vient plus à maturité et n'est plus cultivé comme fruitier, mais seulement pour son bois ou pomr l'ornement. Gomme, en sa qualité d'arbre, il doit subir toute l'influence des hivers, il est probable que sa limite au nord est marquée par une ligne isoehimène. Mais il redoute aussi la chaleur ; déjà, en Italie, il ne croît que sur le penchant des montagnes, et il manque à l'Atlas.

§ 650. Entre les tropiques, dans toutes les parties peu élevées au-dessus du niveau de la mer, ce sont d'autres produits végétaux qui nourrissent l'homme, parce que, en général, la quantité di; substance alimentaire fournie par eux est beaucoup plus considérable sur un espace donné, et que, d'ailleurs, les fruits obtenus, le plus souvent presque sans culture, favorisent l'aversion aux rudes travaux sous un climat brûlant. Nous avons cité : i^ le Bananier^ qui est cultivé pour ses fruits jusqu'en Syrie, vers 34 degrés, et qui, dans les Andes, ne fructifie qu'avec peine à une hauteur de

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2^000 mètres^ où la chaleur moyenne tomtàifliH^ degrés; 7p le Dattier (§ 558)^ Palmier de l'Afrique septeatriiimale oà;Çtrtaines i:.; > populations se nourrissent de son fruit, qui né feut.inûrir«àii delà P'- i^e certaine ligne allant de TEspagne jusqu'eaS^rie^'dttâ^ au F^^'SlN^degic, quoique Tarbre puisse encore végéter quelques degrés ^"■* *^us au nord; 3® le Cocotier (§ 558), originaire de l'Asie méridionale, maintenant répandu, comme le Bananier, sur toute la zone intertropicale, mais se plaisant seulement sur les bords de la mer, loin de laquelle on ne peut l'obtenir. 11 demande une température moyenne de plus de 22 degrés, s'arrête par conséquent, à peu près là où commencent les Céréales, et fournit à certains peuples, par exemple, ceux de la péninsule de l'Inde et de l'île de Ceylan, un objet import£mt de nourriture et de commerce; 4* Y Arbre à pain (§ 567), aliment de la plupart des habitants des îles de la mer du Sud, dont il est originaire, transporté maintenant aux Antilles, aii Brésil, à la Guyane, et à l'île de France, mais qui craint assez le froid pour ne pouvoir dépasser le 22* ou 23* degré de latitude.

§ 651. Citons encore quelques plantes alimentaires cultivées pour leurs racines farineuses : V Igname [Dioscoreaalata), originaire de l'Archipel Indien, et dont la mlture ne s'étend guère au-delà de !0 degrés de chaque côté de léquateur dans l'ancien monde; la Patate (§ 604), venue de l'Inde, mais qui réussit jusque dans nos climats tempérés, quoiqu'elle cesse d'ôtre cultivée en grand au delà de la zone chaude, c'est-à-dire de 41 à 42 degrés; le Manioc (§ 568), répandu du Brésil jusque sur la côte occidentale d'Afrique, cultivé en Amérique jusqu'au 30« degré des deux côtés de l'équateur, et qui ne peut l'être sur les montagnes à une élévation surpassant 1,000 mètres.

§ 652. Nous avons vu, à l'article des différentes familles, à quel point les boissons fermentées et alcooliques sont recherchées par l'homme, qui s'en procure dans presque tous les pays au moyen des végétaux qu'il peut y avoir à sa disposition. Nous en examinerons ici un seul, le plus important de tous, la Vigne (§ 585), relativement aux limites de sa culture en grand pour la fabrication du vin. Cette limite paraît s'être étendue autrefois plus au nord que maintenant, puisqu'on faisait du vin en Bretagne et en Normandie, où l'on n'en fait plus, moins sans doute parce que le climat se serait détérioré, comme quelques-uns le prétendent, que parce que la civilisation, facilitant les échanges et les transports, a engagé à substituer d'autres cultures plus avantageuses à celle-là, et à abandonner un produit médiocre et incertain, qu'on pouvait aisémont ci sûrement tirer supérieur d'autre part. Quoi qu'il en soit, la /j>ne où s'arrête acV.ucW^mewx.Vi ç\^\>\\^ vscv '^x^vvivL^ la Vigne

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