TIGE. BOIS. M
Nous avons dit que chaque branche ci'oît de la même manière qno la tige. Celles qui en sont nées la première amif e offrent dpnc lu même nombre de couches; celles qui sont nées un, deux,^(^ ans plus tard, offrent : la première, trois couches; la seconde, (Il'ih; la ti-oisième, une seule. Quand on coupe un arbre à-sa hase, oc peut dire ainsi à quelle époque de sa vie s'est Tormée chacune des branches qui le composent en retranchant du nombre des couches de cette base celui des couches de la branche. Si l'on compte cinquante couches concentriques dans \m tronc, trente dans telle branche, dix dans telle autre, l'arhre avait Yingt ans quand U a produit la première, quarante quand il a produit la seconde.
§ 61 . Hais comment ces couches, composées des mêmes éléments, peuvent-elles être distinguées entre elles? Cest parce que dans chacune les élémeftts divers ne sont pas disséminés imiformément dans toute l'épaisseur mais se distribuent d'une certaine maniÈre constante. Qu'on prenne par exemple, une bilche de Chêne (yîg. 92 et 93) ou d Orme et qu'après avoir coupé nettement une certaine portion de la surface , de sa tranche, on examine se?
zones, on verra que le bord in terne de chacune est desamé par une ou plusieurs lignes de petits trous qui manquent dans trut le reste de la zone. Ce sont les ouver '' .,
tiu-es d'autant de gros vaisseaux
qui se trouvent seulement versceboidmterng tandis quela couche est formée plus en dehors par des libres serrées, a parois assct épaisses pour paraître pleines et pour que le canal qui les parcourt dans leur longueur échappe à l'œil nu, Dansune bûche de Chaiine, de Tilleul ou d'Éi-able, on n'observe pas ces gros vaisseaux dont la large ouverture dessine si nettement le bord inteme de la zone annuelle, mais elle est presque tout entière criblée par celles de vaisseaux plus petits et plus égaux entre eux. Toujours cependant ils cessent vers le bord externe, exclusivement formé par plusieni-s
9Î. noupe hnriionliile d'une hrinche de Chine *g*e de huit ans, — ft Bni» doni
rangs de Bbies qui, en approchant de ce bord, deviennent de plus en plus grôles, serrées, colorées ; et il en résulte une ligne de diS isarcBlion entre cette couche et la suivante, quelqueroiï roiiement teinlée, quelquerois pâle et assez indécise.
Dans plusieurs bois, la ligne de démarcation est marquée par un rang circulaire de cellules analogues à celles des rayons médullaires; plus rarement ce tissu cellulaire, interposé aui couches de bois, acquiert plus d'épaisseiir, dans le Sumac, par eiemple, où ses cellules, disposées sur plusieurs rangées concentriques, sont grandes et colorées comme la moelle.
§ 62. Nous avons vu (§ 49) que le nombre des faisceaux lignepï s'augmente parce qu'il s'en développe de nouveaux dans l'intervalle cellulECirc d'abord large qui les séparait et qui ^ervi d'or^ine aux rajons médullaires (fig. 86 et 87). Ces faisceaux se multipUent plus tard d'après un autre mode, pour ainsi dire inverse, puisque ce sont des rajons médullaires nouveaux qu'on voit s'inlei'poser aux éléments ligneux {fig.' 63).
Nous savons que, dans la production de chaque année, sur chaque tissu déjà existant vient s'appliquer, en se formant, un tissu analogue : des ulricules sur des utricules, pour continuer les rayons médullaires; des fibres et des vaisseaux sur des fibres el des vaisseaux, pour continuer les faisceaux ligneux. Mais le faisceau nouveau ainsi appliqué sur l'ancien n'est pas simple comme lui; il est double ou triple, coupé ainsi en plusieurs par des rangées cellulaires qui commenceront de nouveaux rayons (rm^' rm"' rm'"'), différents des premiers (rm'), en ce qu'ils ne partent pas du centre. Dans la nouvelle zone, plus grande que celles qui l'ont {>récédée, puisqu'elle leur est extérieure et concentrique, il s'est
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§ 63. L'accroissement de chaque zone s'achève dans le courant de Tannée : étendue jusqu'à une certaine limite, elle s'y aiTête, et pose ainsi une base fixe sur laquelle s'appuiera la zone de Tannée suivante. Les changements ultérieurs qu'elle subit ne dépendent plus que de ceux qui se passent dans l'intérieur de ses organes élémentaires. Jeunes, leurs cavités, revêtues de parois plus minces, étaient toutes remplies de sucs liquides. A mesure qu'ils vieillissent, la proportion des liquides diminue relativenient aux solides, tant parce que les parois de chaque organe s'épaississent par l'addition de couches emboîtées les unes dans les autres (voy. page 8) que parce que les matières contenues, par suite del'évaporation de leur partie fluide ou de nouvelles combinaisons chimiques, s'épaississent aussi et durcissent de plus en plus. C'est âdnsi que se forme le lignetix, matière qui vient augmenter la densité de la paroi fibreuse en la pénétrant dans presque toute son épaisseur. Tandis que la fibre est de même nature dans toutes les espèces de bois, c'est ce ligneux qui, variant suivant chacune, lui donne ses qualités particulières. Il doit enfin arriver un moment où les fibres ainsi solidifiées cessent d'être peiwiéables aux fluides. , § 64. Puisque c'est l'âge qui amène ces modifications, elles devront être beaucoup plus avancées dan s les cercles les plus intérieurs, dont le tissu sera plus plein, plus dur, plus sec, que dans les extérieurs. Dans les bois colorés, c'est le centre qui le sera d'abord, et la coloration ira, comme la dureté, en s'avançant vers la circonférence. C'est de là qu'est venue, dans beaucoup de bois, la distinction de deux portions : 1" Tune, extérieure, qui conserve encore les qualités du jeune bois, c'est-à-dire qui reste imprimée des sucs lirjuides auxquels elle est perméable, plus tendre par conséquent, et pâle ou blanche, ce qui lui a fait donnerle nom 6! aubier {alburnum) ; 2° l'autre, inlétieure, desséchée, durcie et colorée, qu'on nomme vulgairement le cceur ou bois parfait (duramen).
Dans les bois d'une couleur foncée, ceux qu'emploie en général Tébénisterie, ces deux régions sont extrêmement distinctes ; on conçoit, sans Tavoir vu, combien, dans Tébène, le palissandre ou l'acajou, le cœur, qui sert à faire nos meubles, tranche sur l'aubier encore blanc. Il est inutile d'énumérer ici ces nuances natm^elles, si diverses dans les divers bois, que chacun se rappellera pour ceux qu'il connaît déjà, et do;it il pourra chercher dans les collections des exemples moins connus et bien plus variés. Quoique cette intensité de couleur se fasse surtout remarquer dans les arbres des climats chauds^ quelques-uns des nôtres la prcKcnlent à un degré ass>ez
remarquable. Dans la plupart cependant le changement est ]cot> et la transition plust)u moins insensiblement gi*aduëe de l'aubier au bois. Dans plusieurs, coinçie dans le Peuplier ou le Saule, par exemple, où il ne se colore pas, et qu'on nomme en conséquence bois blancSy l'oeil n'aperçoit pas de difTérences. La dureté est en général en raison directe de la coloration : on cite les bois les plujs foncés, rébène, le bois de fer, comme les plus compactes et les plus durables. Les bois blancs sont aussi les plus tendres, et se détruisent plus vite et plus facilement; car ils ont conservé en partie la nature de Vaubièr . La mauvaise qualité de celui-ci est une connaissance tout à fait populaire, et pourrait d'ailleurs, sans le secours de l'expérience, être conclue directement de ce que nous avons dit précédemment à ce sujet, la plus grande proportion des liquides et la moindre des solides dans son tissu. Or, outre la diminution qui en résulte pour la portion qui doit seule se conserver et se travailler, on conçoit que l'abondance des liquides amène, parleur évaporation ou parles combinaisons nouvelles que leur état favorise, des altérations nombreuses dans le volume et dans la composition même de ce bois imparfait^ et surtout y appelle des ennemis toujours prêts, les insectes, attirés par l'amas des matières qui étaient destinée^ à la nourriture même du tissu ^égétal.
§ 65. Les couches annuelles sont d'une épaisseur fort inégale, beaucoup plus larges dans les bois tendres, qui, comme on le sait, ontun accroissement très-rapide, beaucoup moins dans les bois durs. Elles varient d'ailleurs, sous ce rapport, dans une même espèce d'arbres, suivant les circonstances où il s'est ti^ouvé placé. Ainsi un arbre grossira moins lorsqu'il est environné d'autres arbres serrés contre lui, s'il croît dans un sol moins favorable, s'il est dans un climat plus i-ude où l'hiver dure plus longtemps. Dans les derniers arbres qu'on trouve en se rapprochant des pôles, 'les couches annuelles peuvent se distinguer encore, mais elles sontd'une extrême ténuité. On trouvera, par la même raison, entre les couches successives d'un même arbre, une fréquente inégalité, qui tient aux différences qu'ont présentées les saisons dans les années correspondantes.
Une autre cause d'inégaUté des couches qu'il est difficile d'apprécier est dans l'âge de l'arbre. Un arbre plus vieux grossit plus logulièrement, mais moins vite que dans sa jeunesse; et dans celleci il y a une période où il grossit plus que dans une autre : par exemple, le Chêne, de vingt à trente ans. D'une autre part,lamoindrc épaisseur des couches, de quelque cause qu'elle résulte, s'allie ordinairement avec la plus grande densité du bois. La science du forestier est la connaissance de ces habitudes de chaque espèce 4'arbrcs ; il poui'ra les favoriser ou les combattre; il saura choisir
tt .