TIGE DES VÉGÉTAUX HONOCOTYLÉDONÉS
§ 75. Nous avons suivi l'embryon monocotylédoné, comme le dicotylédoné, dans les premières phases de sa vie, depuis sa première apparition (fig. 70, 72, 75). Comme lui, il est composé entièrement de tissu cellulaire (dont une couche extérieure, d'une forme Hinpcu dinërentç du reste, constitue l'c^pidermo), jusque vers l'épo*
fig BOTANIQUE,
.^que de la maturih!, ou en gênerai jusqu'à la germination. Ce n'est qu'alors qu'on j voit apparaître des libres et des vaisseaux, qui se groupent en faisceaux. Ceux-ci sont d'abord disposés en cei-cle, et, jusque-là, rien oe distingue nettement cette petite tige de. celle qui proviendrait d'un embryon dicotjlédond.
Mais à mesure qu'elle augmente en se couyrant de feuilles plus nombreuses, et que, par loiite, les faisceaux se multiplient dans son intérieur, on y F»}uriiue une disposition différente de celle qu'ils affectent dans lesSIcO^lédiHiées, où, rangés, en un cercle, iU finissent par se rapprocbef, se loucher, et former un anneau ligneux, coupé seulement par les lignes des rayons imtduliaires. Dans les Monocotylédonées {fig. SI), les faisccauxsontdisperséssansordre apparent, les uns plus en dedans, les autres, plus nombœux, en dehors, aumilicu du tissu cellulaire. Ce tissu, interposé entre eux, ne dessine donc pas dans leur intervalle des lignes droites étendues du centre à la circonférence; Une forme pa£ de rayons médullaires. Le centre,- qui est resté tout enti er cellulaire, ou qui n 'est parcouru que par ui^pelit nombre de faisceaia, représente bien la moelle jusqu'à un certain point, mais ordinaireinent mal circonscrite et dépourvue de cet étui médullaire que nous avons vu, dans les Dicotylédfuiées, caractérisé par la -.présencedes trachées. Lamoelle forme un cylin- J ili-e assez considérable et régulier, tout à fuit I dépourvu de faisceaux ligneux dans plusieurs I Hunocotylédonées, particulièrement dans les I Graminées, ainsi qu'on peut l'observer dans le T Mats, dans \'ATuTido. Mais alors, le plus souvent, elle ne se prête pas au rapide, développement de la lige donL-elle rempUssait d'abord le centre, et qui, plus tard, devient listuleusc par la destruction de la moelle (ftg 98). Les restes de celle-ci se voient sur les parois internes du tuyau, dont la tige a pris la forme ; ce qui, au reste, arrive également dans les Dicotylédonées à moelle très-volumineuse eti développement ti'ès-rapide (les Ombellitcres, par exemple).
»7. Fragment de tigi meut. Dani eelte figure dlquenll» [aitceaui 1
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TIGE DES MONOCOTYLËDOKËES. 00
§ TA Si nous comparons dans sa structure anntumique un Tai»coau (îbru-vasculaire de la tige d'une Honocot jlddonée à celui qne nous avons dùcrit dans une lige ou branche de Dicotylédont^e de moins d'un an, nous'les trouvons assez ressemblants. Le premiui-, eneirel(/îg. 99), de dedans en dehors, présente: 1" des trachées (!), puis des vai^eaux plus gros rayes ou ponctues [ip) lesun^ctks autres accompagnés et entourés de cellules ^r^-,
ponctuées («), quelquefois allongées en *0 v^ v^n
fibres;2°unamasdevaisseauxlatiuferes(f) ^ p ^^\
d de fibres à parois simples tre*-nunces, '' "
enveloppés par un croissant d'autrca fibrcb (fltout à fait extérieures, à parois épaisses résultant de plusieurs couches emboîtée , les unes dans les autres. Or, ne trouvons nous pas dans cette combinaison tous les
éléments d'un faisceau fibro-vasculaire de "- ^^iO Dicotjlédonéc ; dans la jacrtion interne, celle ■'^^^^^
qui correspondrait au bois ; dans 1 externe, " ~^Wi celle qui correspondrait' à l'écorceî Aussi, "Qg}-"
dans la première année, les liges heibacées j^
des Honocotjlédonées et celles de b^uump de Dicotjlédonées, sont-elles abbez difficiles à distinguer Mais «i nous voulons pousser la comparaison plus loin, ta ressemblance cesse.
Le tkisceau de Dicotylédonée présentait la même structure dans toute sa longueur; celui de la Munocotylédonée, examiné à des hauteurs différentes, se trouve changer f épaisseur et de composition. Lepremier, aune certaine époque, aprËs une aimée ordinairement, se dissociait en deux portions, l'une restant au système ligneux, l'autre allant au système cortical ; et entre elles s'organisait un faisceau nouveau, destiné à subir lui-même, un anplus tard, la même décomposition. Les éléments du faisceau de Monocolylédonée ne se dissocient à aucune époque; et si les intérieui's peuvent être comparés au bois, les extérieurs au liber, ce serait im liber dispersé dans toute l'épaisseur de la tige avec les faisceaux ligneux, auxquels 1! resterait indéfiniment annexé.
On conçoit d'avance, d'après ce premier aperçu, à quel point le mode d'accroissement doit être différent dans les tiges dicotylédonécs et dans les monocotylédonées, et que dans celles-ci nous ne
n. Ssclion hnriionitic d'un tùtetiU fibro-iueulalH prii tur un FnlniLcr \CoryphB frigida). — t Tracbdo. — vp Cm laîsMeui poncluâi. — u Utriculeiiccompagtiinl jn vaiMfaui, formuildii pareiic1ijni«. ou duud'iulrei poinli illon^éiM fibrm.— ï Vaiueaui [imprei 'lu Ulicirérei. — f Fibrci ^f iltui in>l<%ucs à c«lli'i dit lilicr.
Il) DOTANIQUK.
I ouvons attendre ni znncs concentriques ligneuses dont une ic
(orme chaque année, ni feuiUcls de liber.
§ n. Malheureusement pour l'élude, les plantes monocolvlédo ndes ligneuses manquent presque dans notre climat; et nous ne pouvons, comme pour les dicotjlcdonées, citer h l'élève des exemples quilui soient familiers et qu'il puisse facilementse procurer. Hais il pourra dans les figures qui accompagnent les relations de voyages rencontrer souvent des Palmiers, ceux des arbres monocot^lédonés qui jouent le plus grand rdie dans la nature ; et, en les voyant, il sera nécessaire- L ment frappé de la difTércnce que ces arbres offrent avec les nôtres, par leur tnmc élancé, d'ime épaisseur (ffdinaii'ement uniforme depuis Icbasjusqu'enhaïU.et parlanudité^decetrone,qui ne se partage pas en branches et en rameaui, et ne ;- porte qu'à son sonunet ses grandes feuilles rapprochéeseotouffeOîj. 100,1).
L'Yucca aioefoUa. qui n'est pas rare dans le&jardins, surtout dans ceux du Hidi, peut donner en petit une idée de ce poii des Palmiers.
§ 78. Si de l'examen extérieur d'un Palmier nous passons à celui de son inténcur (fig. 101), nous ti'ouvons cet amas de faisceanx fibreux dispersés sans ordre dans le tissu cellulaire, que nous avions signalé des la première année. Hais ces faisceaux se sont extrêmement multipliés : plus rares et plus écartés les uns des aiiti-es au milieu de la tige (m), ik deviennent plus nombreux, plus seiiiSs el
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TIGE DES M0N0C0TY1.ÉU0NÉES. 'i
ijiimSmetempsplujCdlorés à mesure qu'on s'approche plus de In circonr«irence,vcra laquelle Us dessinent ainsi une zone compaclecl noirùli-e (6). Tanldt celleci est recouverte îmmd- \ diatement par la couche \ ' cellulaire qu'on a nom- \ inA: écorce (e); tantôt entiv elle et cette couche est une zone (0 de faisceaux plus Ucbemenlunis, plus grâles, moins serrés et moins colorés, que sa si- .
tuation et sa nature ont fait souvent prendre pour une zone de liber.
§ 7». Cette structure de la plupart des Palmiers avait été dtijà reconnue des anciens. Desl'ontaiQes eut la gloire de diJcouvrir sa généralité dans toutes les plantes raonocotylédonées, et de proclamer cette loi très-simple : D'après la slructure interne des tiges, tes végétaux « partagent en deux grandes classes : )° ceux qui n'oiiJ pas de couches concentriques distincts, dont la solidité décroît de la circonférence vers le centre ;oùla moelle est interposée entre les faisceaux fibreux sans prolongements médullaires en rayons divergents, les monocotylédons ; 2° cewa; gui ont des couches concentriques distinctes; dont la solidité décroît du centre vers la circonférence; où la moelle est renfermée dans un canal longitudinal avec des prolongements médullaires en rayons divergents : tes dieotylédons. Cette loi, ainsi Tormnlée par Desfontaines, n'a pas jusqu'ici été attaquée.
11 n'en est pas de même des conclusions sur le mode de croissance des tiges des végétaux monocotylédonés qu'il en avait tirées foil dubitativement d'après Daubenton, mais qui, plus tard, furent adoptées et proclamées généralement. Comme toutes tes feuilles sont ordinairement réunies au sommet de l'arbre, et que, dans leur assemblage, les plus jeunes, les dernières formées, sont celles qui sont placées le plus au centre ; d'autre part, comme aux feuilles viennent aboutir tous les faisceaux flbro-vasculaires dont la réunion constitue la partie solide de la tige, les faisceaux qui aboutissent aux feuilles les plus jeunes, et qui par conséquent sont eux-mêmes
ilile de Paie
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I Zone de riiKtaui plui ^i lUcbi eallulein eorfigil*.
7Î DOTANIQUE.
formés les derniers, se trouvent situés au centre des autres. Ainsi le tronc s'endurcit continuellement par Taddition de faisceaux nouveaux formés à son milieu, repoussant au dehors les plus ancien», qui se rapprochent et se resserrent de plus en plus, et unissent ainsi par déterminer cette zone extérieure plus duie que le reste. Ce serait un mode de croissance précisément inverse de celui des dicotylédonées, où la couche la plus nouvelle est toujours la plus extérieure, et où chacune est d'autant plus ancienne q[u'elle se trouve plus près du centre. On proposa le nom d^exogènes pour ces tiges de plantes dicotylédonées qui croissent en dehors, le nom d'enefogènes pour celles des monocotylédonées qui croîtraient en dedans.
§ 80. Mais pour que ces conclusions fussent vraies, il faudrait que les faisçeaux^ conservassent invariablement les mêmes rapports, et par conséquent la même direction parallèle dans toute l'étendue de leur trajet, que leur ensemble formât une sorte de gerbe. Or, c'est ce qui n'a pas lieu; et dans une tige dç Palmier coupée suivant sa longueur, on voit les faisceaux se courber et se croiser dans toutes sortes de directions ; on le verrait de même, quoique avec un peu plus de difficulté, dans la courte tige d'un Poireau ou de toute autre de nos plantes herbacées monocotylédonées, où les feuilles s'insèrent pressées sur une tige très-raccourcie.
Si Ton suit un de ces faisceaux dans tout son trajet, de haut en bas, c'est-à-dire depuis le point situé sur la surface de la tige où il s'en sépare pour entrer dans une feuille, on voit qu'il se dirige d'abord plus ou moins obliquement en dedans, et puis, arrivé plus ou moins près du centre, en bas. C'est ainsi qu'il paraît sortir de la partie centrale, et c'est pour ne pas l'avoir suivi plus loin que les observateurs ont été trompés sur son origine et ont admis les tiges endogènes. Mais, en le poursuivant plus ^s^ ils l'auraient vu Fe diriger très-obliquement en sens inverse de' sa direction première, c'est-à-dire en dehors, et se rapprocher de plus en plus de la surface jusqu'à ce qu'il arrive sous l'écorce, où sa marche devient à peu près rectiligne. lia donc décrit un long arc tournant en dedans sa convexité, qui est beaucoup plus prononcée supérieurement. Dans cette course, il a dû croiser successivement tous les faisceaux situés au-dessous de lui, formés avant lui, puisqu'ils se rendaient à des feuilles inférieures, et par conséquent plus anciennes^ et il a fini par se placer en dehors d'eux. Les faisceaux les plus récents sont donc définitivement les plus extérieurs, comme ilB l'étaient dans les dicotylédonées ; seulement les faisceaux contemporains, au lieu de acster à peu près parallèles dans leur trajet et de former ainsi par leur ensemble un cylindi'e dans la tige, convergent les uns vers les autres dans leur partie supéricùi'ei divergent dans i'infcrieui^.
TIGE DES HOHOCOTYLËUOrtËES. is
AjouloDSquCiJ'&illeurs.l'arcqu'ils décrivent n'est pas compris dans un même plan, et qn'ainsi une section verticale de la tige ne peut nous montrer un même fûscean tout entier d'une de ses eitrdmitcs à l'autre. Sa course tortueuse
cl la difTinillE de le suivre an ' xa^ï-
milieu de tout ce lacis com- .^*B»'^&.
pliquent Bingulièrement ceT.
^nrc de recherches. Aurcste, deux figures théoriques, indiquant la course de quatre poires de faisceaux a, b, c, d, dans les deux ijstèmes, celai des tiges endt^ènes et celui qae nons venon* d'exposer,^ fenmt fodlement comprendre leurs r^iporti diflëreats suivant l'un et suivant l'autre Ifig. 102).
§ 81. Ffons avons annoncé que la composition d'nn même bisceau n'est pas identique, observée à dilTérentes han- ^ ^ leurs pour chacun. En haut, ce sont les élëments que nous avons comparés au bois qui dominent ; en bas, ce sont au contraire les éléments que nous avons comparés h l'écorce : la proportion des uns aux autres va changeadtainsî ' graduellement Dans la partie supérieure du trajet d'an Taisceaa, celle pendant laquelle son arc se dirige vers le centre oa } descend^ il oRre ifg. 99), de dedans en dehors, plusieurs trachées; puis des vaisseaux plus gros, d'un au- m.
tre otdre, environnés de leurs
c^Dules; enfin, en nombre moindre, égal ou peu supérieur, les taisaeaus propres et les fibres épaisses analogues à celles du liber.
Mais celles-ci se multiplient de plus en plus^ et augmentent même l'épaisseur du faisceau à mesure qu'en descendant il se rapproche de la périphérie ; de sorte qu'un peu plus bas on les trouve -en grand nombre^ bordées encore en dedans par un petit amas de cellules ligneuses entourant un ou deux gros vaisseauf , et que plus bas encore on ne trouve plus qu'elles. Tout à fait en bas, lorsque le faisceau longe l'écorce, il est devenu complètement fibreux, ordinairement très-grêle, et souvent même s est partagé en plusieurs filets partiels, fiilets qui, en s'anastomosant avec ceux des faisceaux voisins, augmentent la confusion.
Ainsi donc, dans une tranche horizontale de la tige (fig. 101), ce sont ces filets qui forment la partie extérieure, grêles et lâchement unis parun parenchyme à mailles très-fines, et formaat cettecouche qu'on a prise quelquefois pour celle du liber, mais qui, conune on le voit, a ici une origine tout autre que dans les Dicotylédonées, et qui manque quelquefois. C'est la pariie des faisceaux essentiellement composée d'un grand amas de fibres à parois épaisses qui forme la zone dure et colorée: c'est leur partie supérieure, oîi ces fibres sont associées à des vaisseaux et à des cellules ligneuses, qui forme les points plus rares disséminés au milieu du parenchyme central, et ceux qui se trouvent vers l'insertion des feuilles. Tous ces i-ésultats sont dus aux savants tpavaux de M. Hugo Mohl.
§ 82. La tige a grossi dans les premiers temps, principalement par l'accroissement individuel de chacun des divers éléments qui la composent. Mais pourquoi en général ce grossissement ne tarde» t-il pas à s'arrêter, et pourquoi ofire-t-elle un diamètre à peu près égal depuis le haut jusqu'en bas, quand il semblerait que l'addition continuelle de nouveaux faisceaux correspondants à des feuilles nouvelles dût incessanunent l'épaissir ? Le nombre de ces faisceaux n'est pas comparable à celui qu'on trouve dans les Dicotylédonées, parce que, le plus souvent, la tige, au lieu d'être toute couverte de branches et de feuilles, n'offre celles-ci qu% son sommet, ne s'accroît en hauteur que par un seul bourgeon terminal. Nous savons d'ailleurs que ces faisceaux, au lieu d'être également épais dans tout leur trajet, s'amincissent graduellement en bas, et probablement finissent par s'épuiser. La base de la tige ne présente donc pas la somme de tous les faisceaux, et le nombre de ceux qui peuvent la traverser s'y trouve compenséq^r l'amincissement et l'épuisement des faisceaux supérieurs : il en est de nîême à chaque degré de hauteur. Quelquefois cependant cette compensation n'est pas exacte à toutes les hauteurs, et l'on voit des tiges se renfler vers le bas, vers le milieu ou vers le haut, sans doute suivan i l'époque de sa vie où larhre a végété le plus activement.
TIGE DES MONOGOTYLÉDONÉES. 75
§ 83. Nous avons jusqu'ici représente les tiges monocotylédonées comme dépourvues de ramifications et comme croissant seulement par un bourgeon terminal. Cependant ce cas^ quoique le plus com* mun, est loin d'être général. Nous voyons beaucoup de nos végé-** taux monocotylédonés, comme TAsperge^ les Asphodèles ék un grand nomlnre de Graminées^ qui se' ramifient; mais leur tige ne vivant qu'une seule année^ on ne peut calculer bien sûrement Tinflnence que le développement des branches exerce sur leur gi*ossissement. L'observation est plus concluante pour quelques arbres des pays chauds qui se ramifient aussi^ les Baquois ijig, 100^ 2)^ les Draconiers^ par exemple. Ils peuvent alors augmenter en diamètre, et il y en a même qui en acquièrent un énorme. 11 suffit de citer à cet égard le Draconier des Canaries^ l'un des plus gros arbres connus, du globe^ au point qu'on a pu construire une petite chapelle dans l'intérieur de son. tronc^ miné à la manière de nos saules (1). Lorsque des bourgeons latéraux viennent ainsi à se développer sur une tige monocotylédonée déjà bien formée^ les faisceaux qui leur correspondent^ au lieu de percer cette tige en se dirigeant vers son centre^ rampent entre elle et l'écorcc ; et l'on a alors un épaississement en diamètre analogue à celui des Dicotylédonées; toujours avec la (J^fTérence qui résulte de la situa* tion relative et de la composition de ces faisceaux, qui restent indivis comme ceux de la partie centrale.
§ 83 bis. Nous avons appelé écorce la couche cellulaire qui, revêtue d'abord par répiderme,et épaissie ordinairement par la base des feuilles, forme la portion la plus extérieure delà tige. Sa composition se distingue nettement de la portion fibreuse qu'elle recouvre, et dont elle fînitquelquefoispar se détacher. Quelquefois, au contraire, extrêmement mince et adhérente, elle se confond avec elle ; dans quelques cas assez rares, elle prend un développement considérable. Ainsi IdiWge&aTamnwelephantipeSy maintenant assez commun dans les serres^ offre l'apparence d'une sorte de dôme dont la surface est divisée en nombreux compartiments séparés par des sillons profonds, etces compartiments sont autant de plaques d'une substance coilicalc analogue au liège; mais, malgré cette apparence, son tissu cellulaire uniforme n'a jamais présenté ces enveloppes distinctes, la subéreiuM| et la cellulaire, que nous avons décrites dans les DicotylédonSel. Nous savons d'ailleurs qiie le Hber ne se rencontre pas dans récorce des Monocotylédonées, puisque celui
(I) Cette destruction de la partie centrale des tigei monocotylédonées, qu'on ob- Wtvie très-fréquemment, est uii argument sans réplique contre le système de Teudu. gènéitc. L'endogène, avec ion centre détruit, ne pourrait pas plus continuer à \ivra fue rcftogène dépouille à une cerlaine profondear de m portion périphérique.
qu'on croyait y avoir observé reconnaît une origine toute différente^ et n'est autre chose que l'extrémité inférieure des tibres ligneuses. Plus haut, il joue rédlement le rôle de bois, et doit peutêtre en recevoir le nom. L'écorce diffère donc autant que le système ligneux dans les tiges de ces deux grandes classes de végétaux, et, même en rejetant leur distinction en endogènes etexogènes, elles n'en restent pas moins distinctes par des caractères anatomiques d'une grande importance et d'une appréciation facile.