‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle à l'usage des lycées, colléges, séminaires et maisons d'éducation. BotaniqueChapitre 41 sur 142 · Feuillet décussées, celles du Pimelofa deeussata · texte numérisé non relu

Feuillet décussées, celles du Pimelofa deeussata

C'est, le plus ordinairement, exactement au milieu de l'intervalle de deux feuilles voisines d un même verticillc que vient se placer la feuille correspondante du verticille supérieur. Dans ce cas, si les

feuilles sont opposées deux par deux, la paire supérieure croisera l'inférieure à angle droit. Cette disposition est appelée décussatioHj et les feuilles qui la présentesit sont décussées {folia decussata [fig. 139]. Quand il y a plus de deux- feuilles à chaque nœud, on dit dans la description qu'elles sont verlicillées pa;* trois (fig. 140), quatre, cinq^ etc. (folia tematim, quatematim, quinatim, etc., vertidllata), 11 n'est pas rare de voir dans la même plante un de ces nombres se substituer à l'autre, comme on peut s'en assurer en comparant plusieurs pieds ou plusieurs branches de la Lysimachie vulgaire, du Laurier-rose, etc.

Dans un certain nombre dft plantes, les feuilles d'un verticillc ne se trouvent pas placées exactement au milieu de l'intervalle des deux correspondantes du verticille inférieur, mais se rapprodient plus de l'une que de l'autre : c*est ce qu'on peut vénûer^ par ttmMfi^ dans plusieurs Caryophyllées.

9^:llÇF» PMitllM alternes. — Lorsque de chaque nœud il ne lâtài^SWi^ seule feuille, et que par conséquent elles se trouvent tonte t^sluuteurs inhales, on dit que les feuilles sont alternes. Longtemps on s'est contenté de ce mot; on y substituait l'épithète éparseSy lorsque les feuilles semblaient dispersées sans aucun ordre ; car on avait remarqué que, le plus souvent,une certaine régulaiité semblait présider à l'alternance des feuilles. Bonnet vit le premier qu'en faisant passer de bas en haut une ligne par les points successifs d'où partent des feuilles, cette ligne décrit une spirale autour de la tige ; que ces feuilles sont, dans un rapport à peu près constant, séparées chacune de la suivante par une partie égale de la circonférence de la tige, de manière que, si l'on en trouve une placée verticalement au-dessus d'une première feuille inférieure dont elle est séparée par un certain nombre de feuilles intermédiaires la feuille suivante se placera au-dessus de la 2% la suivante au-dessus de la 3% et ainsi de suite. Il avait signalé comme le

140. Feuilles du Lysimachia vulgaris, Terticillées trois par trois. Les verticilles sont exactemeat superposés de deux eu deux.

FEUILLES. PHYLLOTAXIR.

tîl

cas le pliis génëral celui où les feuilles reviennent, ainsi superposées, de 5 en 5 {fig. 1 il) ; de sorte que la 6« est en ligne droite au-dessus de la l»'*^, la 11*

au-dessus de la 6«, la 7e au- ^ï^

dessus de la 2^, la 12e audessus de la '7e, etc. Il avait entrevu en même temps qu'il y avait d'autres combinaisons plus compliquées, où, au lieu de la 6* feuille, c'étaituneautreplusélevée, la 9e, par exemple, qui venait se placer sur la même ligne verticale que la 1".

On abeaucoupétudié toutes ces combinaisons dans les temps modernes, et Ton est parvenu à y découvrir desloisd'uneprécisionpresque mathématique.Nous ne les exposerons pas ici, nous contentant de constater cette disposition de toutes les feuilles alternes, suivant une ligne enroulée en spirale autour de la branche qui les' porte : disposition que nous devons conserver toujours présente à l'esprit. Car, particulière aux feuilles, elle peut servirai^ fairereconnaître dans les cas où leurs formes et leurs autres caractè^»ieztérieurs plus ou moins altérés pourraient induire en enreuçj^4mkites les fois que des organes se montrent situés en spirale rigMHèf»jiir un axe, on ne doit pas hésiter à les admettre godub»«Bs^«8.

Si Ton prend une branche couverte d'un nombre sii£ant de feuilles et régulièrement développée, c'est-à-dire bien droite, et si par tous les points d'insertion de ces feuilles, en suivant leur succession de bas en haut, et tournant toujours dans le même sens, on fait passer un fil ou une ligne tracée avec la pointe d'un couteau, on verra cette ligne dessiner autour de la branche une spire, et l'on aura compté plusieurs tours de spire et un certain nombi^e de feuilles avant d'arriver à une qui se place directement au-dessus de celle qui a servi de point de départ. Le nombre de ces feuilles

141. Fragment d'une branche de Cerisier avec six feuillet, dont fat sixième vient se placer verticalement au-dessus de la première après deux tours de spire. — On a figuré à cMéla branche grossie et dépouillée de ses feuilles, en y dessinant la spirale sur laquelle on voit de distance en dislance les cicatrices marquant chacune l'insertion d'une feuille.

lis BOTAMOIIE.

comptées dans l'inlcwallo de deux supcip>s*'fs sera, comme nous l'avons dit, S ou 8, ou 13, 21, 34, 55, etc., ou encore dctvaatagc. Mais jusqu'à présent, dans la description des plantes, ou ne tient pas compte de ces nombres, qui d'ailleurs peuvent varier dans la mëmç à diverses hauteurs, et, dans tous ces cas, on se contente de noter des feuilles alternes.

Il n'en est pas de même de ceux où les feuilles reviennent l'une au-dessus "de l'antre h intervalles très-rapprochés, par exemple, la 3" au-dessus de la i", la 4* au-dessus de la 2*.

Les feuilles situées ainsi alternativement des deux côttk opposés de la tige sont dites distiques (fig. 142). Un cas beaucoup plus rare est celui où ces feuilles alternes sont in-

istiques, c'est-à-dire * sur trois rangs le long de la branche, la 4* venant direcj tement au-dessus de la 1" (As- 143).

§136. nous avoûB jusqu'ici loi^oun supposé l'axe assvi allongéet les nœuds d'où partent les feuilles assot écartés entre eui, puisqu'on les voit naître à des hauteurs dont la diirércnce est nettement appréciable. Hais cela

Souchel [Cgpena ti

FKHILLES. PHYLL'ITAXIE. Iig

n'a pas toiijours lieu, et quelqucfuis les nœuds sur un aie cx- Irèmeiuent laccourci se rapprochent tellement que toutes les feuilles semblent à peu près à la mSme hauteur. On appelle rotetle cette disposition des reuîlles rapprochées et posées les unes contre les autres, duat on a des exemples à la base d'un grand nombre de plantes herbacées, aotammeat de la Joubaiiie. Dans une telle rosette [^9- I44],les parties sont d'autant plus eitërieures que, sur l'aie al- .

longé, elles seraient plus bas; et les plus intérieures représentent au contraire celles q;ui seraient le pins haut. <

§ 137. Dans ces mftmes roseltes, la spirale générale doit disparaître en apparence; mais oDToit nettement ies feuilles s'agencer « ' ,44, en un certain nombre de

spirales parallèles entre elles, et qu'on nomme secondaires, résullant des rapports constants de disposition que chacune des feuilles doit avoir avec plusieurs autres. C'est ce qu'on peut seulement apercevoir en jetant un coup d'œil sur les feuilles d'un Arlicbuut on sur lesécailles d'une pomme de Pin ou de Sapin. . ^

g 138. Les plantes monocotjlédonées, dont les premières |it!S^es sont nécessairement alternes, conservent plus tard cette disposi* tîon. On en cite un très-petit nombre à feuilles opposées ou verticillées ; mais, alors même, il est facile de constater qu'elles ne naissent pas exactement à la même hauteur.

Dans les di cotylédon ées, les feuilles conservent souvent l'opposition qu'on observait déjà dans leurs cotylédons; souvent aussi elles lit perdent, et ce changement s'opère, ou immédiatement dans les premières feuilles développéesde la gemmule, ou peu à peu. Toutes les plantes de certaines familles offrent, sans exception, des feuilles opposées ou des feuilles alternes, et quelquefois même d'autres modiljcations secondaires. Ainsi toutes les Labiées ont des feuilles «lécussées ; la plupart des Tiliacées, des feuilles distiques, etc.

On trouve aussi dans les acotylédonées des feuilles alternes et

des fouilles opposées. Certaines Fougères arborescentes pourraient être citées comme offrant les verticillés les plus réguliers pevrit-^trc de tout le règne végétal.

Du reste, les trois grandes classes de plantes offrent dans k disposition spirale de leurs feuilles les mêmes combinaisons. Il y en a néanmoins qui sont plus rares dans Tune que dans l'autre ; ainsi l'arrangement tristique ne se rencontre guère dans les dicotylédouées, tandis qu'un assez grand nombre de monocotylédonées le présentent.

§ 139. Nous avons dit que les feuilles ne sont pas toujours complètes et peuvent se réduire à Tune de leurs parties. Comme c'est le limbe qui prend les plus^ grandes dimensions, et qu'on est habitué à le considérer conunc la feuille même, elles ont, lorsqu'il ne se développe pas, im aspect entièrement différent, et l'on est tenté de ne plus leur donner ce nom. Mais leur position latérale sur la tige aide à les. reconnaître, et c'est alors qu'en retrouvant dans l'arrangement de ces organes ainsi déguisés les lois qui président à la disposition relative des feuilles, on ne peut conserver aucun doute sur leur véritable nature. Ainsi, sur l'Asperge, observant de petites écailles {fy, 97, f) insérées sur la tige et disposées en spirale, nous n'hésitons i^s à penser que ce sont les feuilles réduites à leur partie vaginale. Lorsqu'elles sont ainsi représentées par la gaîne seule ou par le pétiole, ou plutôt par un simple et court prolongement du faisceau qui aurait formé la nervure médiane, la forme de petits appendices épaissis en écaille, ou amincis en membrane, ou rétrécis en filets, est celle qu'elles prennent le plus habituellement. Nous verrons plus tard qu'elles la présentent souvent au voisinage des fleurs.

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