‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle à l'usage des lycées, colléges, séminaires et maisons d'éducation. BotaniqueChapitre 51 sur 142 · SP · texte numérisé non relu

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cboisîeaussi mince et transparente que possible, tenant àsa plante tiien vivante, participant en conséquence à sa vie, et humectée pour éviter le dessécheinent,soit examinée par transparence àl'aided'un Tort gTos^ssement, on apercevra dans son épaisseurde petiles Irainéos d'une matière granideuse en mouvement, Irninéesdont les uses se dirigent dans un scnSjlesautresdansunautT'C, et même en stins contrârc des premières, dont les unes restent isolées, les antres se rapprochent, s'unissent et se confondent. En embrassant un cfaamp suflisant, on reconnaît que ces traînées se rattachent l 'uneà l'autre, et forment ainsi un réseau : c'est celui dcslaticifèriis [/î^.SSjS). Le latex descend dansunembroncheœenl pourremontcr dans un autre, et l'on observe ainsi une véritable circulation, tout k Tait comparable à celle qii'on connaît dans les yaisseaux capillaires des animaux. M. SchultE la désigne sous lo nom de cydose. Ces lalicirùres abondent dans les feuilles, et i<ur l'axe ils se concen- Ircnt prcsiguc exclusivement dans l'écorccau voisinage du liber, 'jiioitpi'on en rencontre quelquefois plus intérieurement, mais en nombre relativement insignifiant. Ù Cjciosc, commençant ilan<^ les ri'uitles où s'est organisé le latd^, doit se propager de là dans l'écurce et donner pour résultat im mouvement, sinon direct, du ^ moins général de haut en bas, et celte suite de cercles que le liquide décrit dans cette marche sinueuse doit Tavoriser les phénomènes de nutrition, puisqu'en prolongeant et multipliant les rappoils du latcï avec tes tissus qu'il parcourt, elle doit aider au.>; eirets qui résultent de la pi'ésence du auc nomTicier.

r«tte théorie, qui semble si bien rendre raison de la natinc et de la marche de la sévc élaborée, se trouve réfulëe par des obseivutionsplusrécentes et plus précises : 1" Nous avons vu l'origine des l.iticîTères ddhs des méats ou lacunes intercellulaires qui finissent pnrserevêlîr d'une paroi propre^ 13). Or les. communications des unes aux autres sont fréquemment interrompues, de sorte qu'il v a en réalité une foule âi petits réseaux partiels au lieu d'un unique et vaste réseau continu d'un bout du végétal à l'autre, comme il devrait Titre pour porter les sucs de toutes les surfaces jusqu'à rexlrémltédes racines. 2° Le courant de liquide qu'on y observe à Ira vers les parois transparentes de ces vaisseaux est un phénomène pm-eraent accidentel et transitoire. C'est en général sm' dos parties détachées du végétal qu'on l'examine au microscope ; or pom' les détacher on a coupé cette partie, et cette blessure donne lieu à un écoulement qui met de proche en proche en mouvement le liquide contenu dans tout le système de vaisseaux en rapport direct avec l'oririce béant. Qu'on le bouche en le brûlant ou laissant coagulerlcs suc», le counuit s'arrête ; qu'on le rouvre par une nouvelle section.

IC8 BOTAMliUE.

II! courant ac rélablit. On riipondra qu'il se montre c^ une partie attachée encore au végétal sanssnlution de coittimiili:. et parconBéquentsansécouleraent possible àreilérieiir;;iMdsalurs par une pression appliquée sur tel ou tel point, on déjennine ou l'on modifie les courants. M. Amici a fait voir qu'en approchant j quelque distance un corps fortement chauITé, suivant la direction ilaiis laquelle on le place, on change h volonté celle des courants, et alors on peut y reconnaître, en conséquence, l'effet purement physique de la chaleur agissant sur le liquide contenu dans ces luttes comme sur celui d'un thermomètre, action qui doit, U est vrai, se faire sentir sur le végétal vivant exposé au soleil, au vent, à tant de causes d'échaulTement ou de refroidissement, mais qui doit ni tits-irrégulicremcnt et non dans un sens constant comme celui de la marche de la sève descendante, i" Si le latex était le fluide noiurieicr, il devrait se présenter dans l'universalité des végétaux avec un certain ensemble de qualités et de propriétés caractéristiques; or elles varient de l'un à l'autre et le suc propre et laiteux ne se rencontre que dans un petit nombre. Ces diverses considérations duivûnt nous porter à considérer ce curieuï système de vaisseaux sous un autre point de vue qn'on ne l'a fait pendant quelque temps et h lui attribuer une moindg: importance.

§ 204. Pour résumer en peu de lignes ce que nous savons du mouvement général des liquides dans les végétaux les plus parfaits, l'eau de la terre, tenant diverses substances en dissolution, entre dans les racines par leurs extrémités; de là, sous le nom de sève, monte par ces racines, puis par la tige à travers le corps ligneux, tant par les canaux directs que lui offrent les vaisseaux que par \vi (ibrcE et les cellules qu'elle traverse successivement, dissolvant cl s'appropriant diverses substances nouvelles. Cette marche de has m iiautet de dedans en dehors la mène dans les feuilles et àlasurftuc de l'écorce, oii elle se met en rapport avecl'air ; puis, complètement organisée par cet acte respiratoii'e, elle prend une marche rétrograde et descend pour la plus gi-ande partie à travers l'écorce, déposant Ëtu* son passage, dans des solutions de continuité toulçs préparée3,desamasdcmaticres ta plupart destinées à la nourriture ou à la formation des tissus; et elle arrive enfm à l'extrémité des racines, où l'absorption a commencé.

§ 205. BolHthta on elrenlation In lra-»Ua In Ir e. — Les végétaux dans lesquels nous avons jusqu'ici étudié le mouvement général des sucs sont pourvus de cavités et de canaux variés dans lesquels ce mouvement a lieu. Hais nous savons qu'il existe heaucoup d'autres plantesd'une structure bien plus uniforme, composées de cellules seulemcntjSans vaisseaux spiraux ou laticireree.Oncou-

CmCULATION. lt01ATI(.IN. IGO

foit, par 1g rnisonticmcnt, que les liquides pourraient pnrviMiir (Il leur eilrémilé inférieure à la supérieure par la seule force de l'cndosmoK; mais l'observation fait voir, au moins dans plusteursd'en- * e die», qu'il ne passe autie chose que ce phénoinfene physique, mple le plus connu et où cette observation est le plus icilc,Ies Charas. Ce sont de petites plantes commune!: dans noseaii.t " ignantes, et composées (§ 84) d'nnesérie de cellules cylindriques ccolées bout k bout : dans plusieurs espèces, une cellule unique iTne en quelque sorie un entre-nœud ; dans plusieurs autres, elle it envelopp<ie d'autres cellules parallèles et plus étroites qui lui Mrment comme une gaine ; et pour bien voir cette cellule centrale, jt faut enlever, en grattant légèrenicnt, celles qui l'entourent. Rn (-plaçant danst'eauet sous le microscope soit la cellule centrale ainsi I découverte, soit la cellule unique, on aperçoit à son intérieur un mouvement très-sensible. Cest celui d'un très-grand nombre de granules de diverses grosseurs nageantdans sa cavité au milieu d'un liquidelransparenlqui la remplit,et se mouvant ensemblelelongdes parois dans deux directions générales : l'une ascendante, l'autre dostendante, On reconnaît bientôt que c'est le résultald'un courant unique qui suit en montant un côté du tube^ se TéDéchit à son bout supérieur, redescendde l'autre côlcd»tube, et, se réQéchissimlà SUD bout inférieur, se retrouvcà son point de départ, pour recommencer la même course en décrivant ainsi une ellipse plus ou moins allongée, selon la longueur plus on moinsgramlc du tube. C'est pourquoi on a donné le nom de mlation h ce mouvement inlra-cellulaire du suc.

Plus tard, on constata le même mouvement dans les cellules de

£isiour3 végétaux a'iualiqiiesd'uiio orgimisalion simple, quoique lucoup moins que celle des Charas, comme dans les Naias, ihj- \arit, Yallisneria. Le phénomène s'y voit aussi très-ne ttcmeni, ■rtoutdanslescellulesqui forment les poils radicellHircs; maison C^serve e'galement dans les autres pai'ties des mêmes plantes, 'ma les cellules qui occupent l'intérieur des tiges ou des feuilles, cl JT conséquent ne se trouvciil pas en rapport direct avec l'eau. Le "irantindiquéparlamarcliedesgranules y décrit aussi une ellipse IB lésons de l'axe de la plante, et ordinairement parallèle ou un u oblique par rapport Ht celui de la cellule. Comme ici les cellules e sont pas iso1é<>s, on peut éludier le mouvement à la fois dnns 'iisieurs cellidcs \uisines juxtaposées ; et reconnaître que cplui , S unes est complûlumeut indépendant de celui des autres. ' Celte circulation inlra-cellulaire csl-dte propre aux végétaux |qualiques et d'uneslriulure simple? Les rechoiThcs élcndiws b ^JBÛc foule de plantes apparlcnant à tous les degrés d'organisation,

tlO fiuTAMUUB.

brequ'clles ont Hé [ailes avec une liiibileté sutDsante, ont presque toujours constata un mouvement analt^ue dans l'intérieur des ccihiles, surtout dans les tissus riches on sève et siëge actuel d'une croissance rapide. Les plantes de la liuniUe des CommëliDét», et entre autres l'Éphém&re dcsjai-dins {Tradescantia virginica), sont particulièrement ciL'a comme offrant ce phénomène d'une manière remarquable dans leun poils cloisonnés, et aussi dans diverses autres par^ ties de leur fleur et de leur tige [fig. 178).

Le courant n'est pas toujours unique comme dans les premiers eiemples que dous avons indiqués. H se divise qudquefols ; et quoique alors même ses divisions ne paraissent que des ramitications déviiSes d'uii cours principal, on voit la paroi interne de la celIiQc sillonnée par de.

petites traînées se mouvant dans diverses direo lions, et formant ainsi une sorte de réseau trèsirrégiilier(/!9. 178, a). Il pcutëtre comparé en plus Itotit à celui des lalicitèrcs, cLmânicM.SchiJli va Jusqu'à croire que ce sont des ramifications Ircs-menueedccesTaisseauxpénéIrantdansriBtérieurdcscuUulcs.

ITS. p Poil prii iw finua), (IM un* petite porlii chteunc des HllDla q' '

kt voii obuuréiiKit dini cdfH de l'^pidercne, et lutne dut tclkt qui loTniut le ■lltLi,lréi-«tleiiinildlollteeUuleai|uiwrldclUHaiipiHliliB|jareD*eBldiH>p( rairqn'uB M«1(q>oiqii^lM «liMt (Biït pl»WBn)diat Ici ccIIoIm (UgniNi Mpérin

nKSPIRATION. 171

Ce serait donc dans celles-là un phénomène de cycloso, quoique dans le (^hara el autres végétaux cellulaires il admette la rotation. Mais le phénomène parait tellement semblable dans 'outes ces plantes différentes; parmi les modifications qu'il peut présentert)n passe par des transitions si insensibles de 1 une à l'autre^ et la péné^ration de vaisseaux à travers la paroi cellulaire paraît un fait si singulier, qu'on s'accorde généralement à attribuer au mouvement intra-ceUulaire des sucs la même nature dans les végétaux de divers degrés d'organisation. D'ailleurs, si l'on observe pendant longtemps ces cellules à courants multiples, on ne tarde pas à voir dans ceux-ci des changements plus ou moins marqués et nombreux. Ils ne suivent pas de directions ni de trajets constants, comme cela devrait ètrcf s'ils étaient emprisonnés dans des tubes particuliers.

La rotation, qu'on avait d'abord considérée comme un mode de circulation propre aux végétaux inférieui-s et aquatiques, où il ne peut y en avoir une analogue à celle des végétaux vasculaires, est, d'après tout ce qui précède, un fait presque général dans le règne végétal, et dont la généralité même doit faire présumer, l'importance. Aussi son activité paraît-elle ordinairement en rapport avec celle de la vie même : l'une est modifiée de même que l'autre par les mêmes circonstances.^s agents physiques ou chimiques qui, d'après les expériences, augmentent, ou ralentissent, ou arrêtent la première, se trouvent précisément ceux qu'on sait exercer sur la seconde une influence analogue.

Plusieurs plantes, principalement celles auxquelles leur tissu charnu et épais a fait donner le nom de plantes grasses, ont montré dans leurs cellules, au lieu d'une rotation bien déterminée, des mouvements vagues du suc d'un point vei*s un autre de la paroi; courants partiels qui commencent sans s'achever, ou qui, au plus, s'achèvent dans un coin de la cavité. Enfin, il y a beaucoup de végétaux où l'on a cherché vainement toute trace de mouvement intracellulaire. Mais on ne peut tirer conclusion de ces faits négatifs, en présence de faits positifs et nombreux. Ainsi, sousl'immobUité apparente du végétal se cache un mouvement réel, général, déterminé dans chacune de ses moindi*es parties aussi bien que dans tout son ensemble.

§ 206. La respiration est l'acte par lequel un être organisé en contact avec l'air atmosphérique puise dans cet air certains éléments qu'il retient à son intérieur el y verse d'autres éléments dont il se dépouille. Ce contact peut avoir lieu à la surface même du corps, ou dans son inlériem* oii l'air a pénétré par certaines voies.

Ce sont les feuilles qui forment pour la plus grande partie la sll^ face du végdtal en rapport avec Tair, et ce sont elles, en effet, où i parait subir les modifications les plus importantes et les plus varides. L'examen anatomique nous a appris (§ 108, 109) que les feuilles sont percées à leui* surface d'ime multitude de petites ouvertures ou stomates, auxquels correspondent plus intérieuremeni des lacunes; que celles-ci communiquent entre elles, et plus profondément avec les méats intercellulaires. L'air, pénétrant par ces ouvei*tures dans ce réseau de cavités intérieures, peut donc circuler librement autour des cellules et agir sur leur contenu dont il n'est séparé que par une membrane mince, surtout en certainspoints.

§ 207. C'est ici le lieu de signaler une théorie déjà ancienne, reposant sur de fausses données anatomiques, dont nous ne nous serions pas occupé^ si elle ne se trouvait encore aujourd'hui professée dans certains ouvrages arriérés et ne donnait aux élèves qui s'en servent une notion erronée que nous voyons trop souvent se reproduire dans les examens. C'est la théorie qui attribue dans la respiration le premier rôle aux trachées dcroulables. La ressemblance extérieure de ces vaisseaux avec les trachées des insectes dut naturellement en donner Tidée. On sait que sur les côtés du corps de rinsecle s'ouvre une série dJ)pores qui donnent entrée dans autant de tubes munis extérieurement d'une fibres pirale; que ces tubes se distribuent, par une suite de ramifications de plus en plus ténues dans tout l'intérieur du corps ; qu'ils s'y trouvent ainsi baignés par le fluide vital qui le remplit librement; que le fluide d'une part, et de l'autre l'air qui, entrant du dehors par les pores, circule dans les tubes, en rapport à travers les minces parois de ceux-ci, réagissent l'un sur l'autre; que la respiration s'exécute ainsi immédiatement dans toutes les parties. En trouvant dans les végétaux des vaisseaux munis d'une fibre spirale qui se distribuent précisément dans tout le système des rameaux et des feuilles la première année de lem* formation, c'est-à-dire dans toutes les parties vertes, où s'opère le plus activement la respiration, on fut porté à croire qu'ils contribuaient à cette fonction, (hi supposait même autrefois que les trachées allaient se terminer directement aux stomates, et alors l'analogie avec celles des insectes eût été complète et eût presque commandé la conviction. Mais il n'en est pas ainsi^ et nous savons aujourd'hui que les trachées sont séparées des stomates, dans les rameaux, par toute l'épaisseur des parties interposées entre l'étui médullaire et l'épiderme (§ 59) , dans les feuilles, par toute celle du parenchyme, et que dans celles-ci elles correspondent d'ailleurs à la face supérieure et où les stomates sont le moins abondants fÇ 107, 408). L'air, loin d'entrer directement dans les tra-

chëes par les stomates^ ne pourrait donc arriver à elles qn'apns avoir traversé des couches plus ou moins épaisses d'autres parties, et s'introduire dans leur cavité qu'à travers leurs pai'ois.

§ 208. On sait que Tair atmosphérique est un mélange de deux gaz : l'oxygène et l'azote. Un volume d'air offre, sur 100 parties, à peu près 79 d'azote pour 21 d'oxygène; on doit y ajouter une trèslaible quantité d'un autre gaz, l'acide carbonique. Celui-ci est une combinaison de 8 parties en poids d'oxygène avec 3 de carbone, corps que nous voyons à l'état solide dans le charbon, mais qui est passé à l'état gazeux en se combinant avec l'oxygène. C'est cette petite quantité de gaz acide carbonique aux dépens de laquelle s'opère la respiration des plantes : et l'on pourrait au premier coup d'oeil s'étonner qu'elle y suffise, en pensant que l'acide carbonique ne forme guère que la millième partie du poids de l'air. Mais cet étonnement disparait par la réflexion qui nous rappelle l'étendue et la hauteur de l'atmosphère pesant sur notre globe, et nous suggère que ce poids, réduit à sa millième partie, représente encore une énorme quantité, bien des fois supérieure à celui de tous les végétaux de la terre réunis ; car ce calcul prouve que l'atmosphère renferme 1500 billions de kilogrammes de carbone.

§ 209. La chimie est arrivée à détfrminer les changements produits dans cet air ainsi composé, par deux méthodes différentes : 1' On laisse végéter ime plante sous une cloche remplie d'air qui ne peut se renouveler, puis, après un temps déterminé, on fait l'analyse de cet air. On peut varier l'expérience en composant à la plante sous ladocheune atmosphère artificielle oùlesélémentsdel'air ne soient pas dans leur proportion naturelle, ou soient remplacés pai* d'autres, et voir ensuite ce qui en résulte, tant pour la composition de cette atmosphère que pour la plante eUe-mème. 2<» On fait germer une graine dans du sable pur arrosé d'eau également pure, et l'on continue à laisser végéter la plante une fois levée, en ne lui donnant pour nourriture que des quantités de cette eau connues ; puis on constate par l'analyse sa composition chimique. On connaissait exactement celle de la graine, d'après d'autres graines absolument semblables et de même poids; on sait tout ce que la plante a pu puiser dans l'eau, sa nourriture unique. Tout ce qu'elle présente en plus de ce que la graine avait primitivement et de ce qu'eUe a ensuite emprunté à l'eau, a nécessairement été pris à l'air. Comme ici l'expérience se prolonge longtemps dans up air renouvelé, elle peut dÀïouvrir des quantités très-faibles qui eussent été nulles dans un volume d'air et dans un temps très-limités, et qui, par conséquent, eussent dû échapper au premier mode d'expérimentation.

§ 2i0 Cest par le premier qu'on a constaté que l'air atmoipfaé-

rique dans lequel une plante a respiré a perdu une certaine quantité de carbon«3 et qu'il a gagné une certaine quantité d'oxygène. Or, ces deux quantités sont à peu près dans le rapport qu'il faut pour former^ par leur combinaison^ de l'acide carbonique : il 7 a seulement un peud'oxygèneea moins. La plante^ en respirant, décompose donc l'acide carbonique^ retient son carbone et un peu d'ozygène^ en dégageant le reste de ce dernier, devenu libre. Mais cet acide- carbonique décomposé provient-il seulement de la portion qui vient des'introduireimmédiatementdel'airatmosphérique dans l'intérieur du végétal; ou bien peut-il venir en partiede cet intérieur, oii il se trouverait déjà tout formé? Cette dernière opinion est pn>bable, puisque, si l'on place la plante dans une atmosphère entièrement dépourvue d'acide carbonique, dans de l'azote pur, par exemple, on y ti-ouve mélangée, au bout de quelque temps, une certaine portion d'oxygène provenant de la décomposition de l'acide carbonique que la plante renfermait dans son propre tissu.

§ 211. C'est ainsi que les choses se passent lorsque la plante est exposée à la lumière solaire. Dans l'obscurité complète, il en est tout autrement : car on trouve dans le ballon de l'acide caii>onique eu plus et de l'oxygène en moins. L'action s'est donc albi^ intervertie, et les parties vertes de la plante ont pris et retenu le second en dégageant le premier. Ainsi, l'alternative du jour et de la nuit entraine celle des phénomènes respiratoires : fixation de carbone et dégagement d'oxygène pendant le jour, dégagement d'acide cai'bonique et prise d'oxygène pendant la nuit. Pendant le jour mAme, les végétaux privés de la lumière subissent une influence analogue ; maintenus à l'ombre, ils finissent par s'étioler, c'est-à-dire se décolorer et s'allonger en perdant beaucoup de leur ftolidité, manifestant ainsi la privation du carbone, qui verdit leurs surfaces et solidifie leurs tissus. 11 est clair cependant que tous ne sont pas également sensibles à cette influence et n'ont pas besoin du même degré de lumière, puisque plusieurs végètent vigoureusement à l'ombre. Entre les deux extrômeii, la lumière solaire directe et l'obscurité complète, il y a une dégradation proportionnée dans l'intensité des phénomènes respiratoires. Une lumière artificielle ti'ès-vive peut même faire reverdir légèrement des plantes étiolées.

§ 212. Les parties dont la coloration naturelle eM autre que la verte agissent au jour même comme les vertes privées du jour ; elles s'oxygènent et se décarbonisent. Les racines et autres parties souterraines sont dans ce cas : et cet oxygène qu'elles attirent leur semble nécessaire; car, plongées dans un gas qui en est privé, elles ne tardent pas à mourir. L'accès facile de l'air atmosphérique lu^'à elles est ^pe condition favomlile à la végétation, et leur

enrouissemont à une profondeur où il pénètre difficilement en est une contraire.

§ 213. n en est de même de la graine. Lorsqu'on la fait gcrmor^ dans son premier développement elle dégage^ même à la lumià-e du soleil, de Tacide carbonique et a1)sorbc de roxygènc. Le premier iésulte d'une certaine partie de carbone renfermé dans le tissu de la graine qui s'est combiné avec Toxygène absorbé, qui est en totilitë employé à cet usage : car si la germination se fait dans l'oxygène pur, la quantité d'acide carbonique dégagé équivaut à celle de l'oiygène absorbé. Cela dure jusqu'à ce que la germination^ plus avancée, ait étalé au jour les parties vertes de la petite plante ; dès lors le phénomène est inten^erti, l'inspiration de l'acide carbonique et l'expiration de l'oxygène commencent. Ce besoin d'oxygène pour la première germination explique comment les graines peuvent se conserver si longtemps intactes à de grandes profondeurs.

§ 214. Des observations modernes donnent à penser qu'une graine germant au milieu de l'eau peut décomposer celle-ci et s'approprier une partie de son hydrogène. D'autres démontrent que certaines plantes empruntent directement à l'air, ou plutôt aux vapeurs ammoniacales qui y sont habituellement répandues^ une petite quantité d'azote. Mais nou^ pouvons ici laisser de côté celte absorption de l'hyxlrogène et de l'azote aux dépens de l'atmosphère; absorption le plus souvent inappréciable, et dont le rôle dans la respiration paraît jusqu'ici tout à tait secon4aire9 relativement à celui du carbone et de l'oxygène.

§ 215. 11 y a donc deux actions différentes et même inverses du végétal sur l'air, l'une exercée seulement par les parties vertes sous l'influence de la lumière, l'autre exercée en tout temps, depuis que la plante a commencé à vivre dans la graine en germination, sans intermission et dans touteslesparties. Nous disons toutes^ parce que, d'après un travail récent de M. Carreau, les feuilles elles-mêmes, pendant le jour, expireraient une certaine quantité d'acide carbonique qui aurait échappé aux observateurs précédents, dissimulé par son mélange avec celui de l'atmosphère ambiant où puisent les inspirations.

§ 216. Beaucoup d'auteurs sont portas aujourd'hui à considérer cette seconde action comme la véritable respiration végétale, qui dès lors serait tout à fait semblable à celle des animaux, une combinaison de l'oxygène avec les fluides ou tissus vitaux. Ils se fondent non-seulement sur ce rapport, mais aussi sur la continuité et la généralité de la fonction, tandis que la décomposition de l'acide carbonique dont le carbone se fixe dans le végétal, ne s'opérant ^le pour certains organes et avec certaines conditions néecssai-

rement intermittentes^ leur paraît purement un acte de nutrition. Ils montrent en efTet que la plante qui cesse de décomposer l'acide carbonique^ ce qui a lieu lorsqu'on la laisse longtemps dans une complète obscurité^ ne meurt pas^ mais seulement languit et pâlit comme étant privée de nourriture (§ 21 1) ^ tandis que celle qui ne reçoit plus d*oxygène, ainsi qu'on peut Texpérimenter en la pl# çant dans un autre gaz comme l'azote et Thydrogène^ ou encore dans le vide de la machine pneumatique^ ne tarde pas à mourir comme asphyxiée : asphyxie 'promptemcnt déterminée à l'obscurité^ beaucoup plus lente à la lumière^ dont l'action décomposant l'acide carbonique contenu dans les tissus^ répand dans l'atmosphère non respirable une petite quantité d'oxygène. Si au moyen d'un autre corps mis sous le récipient on s'empare de cet oxygène à mesure qu'il se dégage, la plante, bientôt épuisée, cesse de végéter.

§ 217. Cependant l'opinion la plus ancienne et même encore la plus généralement reçue, est celle qui considère l'inspiration de l'acide carbonique avec expiration d'oxygène comme constituant U respiration végétale, et par conséquent les surfaces vertes du vc« gétal en rapport avec l'atmosphère, l'écorce et surtout les feuilles» comme les organes respiratoires. On se rattache à cette idée encore plus par un parallèle avec la^espiration des animaux. Dans l'inmiration, ils enlèvent à l'air de l'oxygène que le sang porte avec lui dans toutes les parties du corps, pour amener par une voie rétrograde du carbone que, par l'expiration, il verse dans Tair sous la forme d'acide carbonique. Les végétaux enlèvent à l'air de l'acide carbonique qui, porté dans l'intérieur de leur tissu^ y laisse du carbone, et ils rendent à l'air de l'oxygène. Ainsi, la respiration des végétaux représente en sens inverse celle des animaux, elle en compense les effets dans l'atmosphère ; et l'air, après avoir parcouru ce cercle dans les organes respiratoires des êtres organisés appartenant aux deux règnes différents, se retrouve avec sa composition primitive. Il est vrai que^ de la part des végétaux^ l'eflct produit sur l'air pendant la nuit doit détruire en partie l'effet produit pendant le jour ; mais quand on réfléchit à l'énorme quantité de carbone accumulée dans les végétaux^ et qu'on pense qu'il y a été fixé par suite de l'acte respiratoire, on voit qu'il n'y a pas compensation, que le gain diurne de carbone a outre-passé considérablement la perte nocturne. Les courants de l'au* atmosphérique rétablissent sanscesse l'équilibre qui pomTait être rompu sur quelques points pai* des accumulations soit d'animaux, soit de végétaux.

On pourrait s'étonner de cet état d'équilibre et demander cornment est compensée dans la décomposition de l'air cette grande perte de carbone que les végétaux retiennent tixé. Une partie y rs-

tourne par lacoinbustion^et comme Thomme emploiebeancoupd'autrès combustibles que les végétaux^ c'est autantde gain pour ceux-ci. Nous avons déjà signalé la source abondante d'acide carbonique que verse la respiration des animaux. Les volcans, les sources minérales^ etc., etc., en fournissent aussi leur contingent. Le règne VISgétal peut donc puiser largement dans l'atmosphère qu'il purifie en lui enlevant cet excès de carbone que diverses causes tendent à renouveler. 11 est dans les conditions auxquelles on soumet artifideUement la plante isolée sous une cloche, et qui s'y développe avec d'autant plus de vigueur qu'on y a fait pénétrer un plus grand excès d'acide carbonique.

§ 218. Quelle sera définitivement pour nous la respiration des v^ëtauz^ le mode analogue à celle des animaux ou le mode inverse? Comme le dernier est encore le plus généralement admis, malgré les objections élevées non sans raison, nous continuerons, pour plus de clarté et de brièveté, à nous servir de la langue usitée, en l'appelant respircUion; seulement, pour plus de précision, nous pouvons au besoin y ajouter l'épithète de diurne, à laquelle naturellement s'opposera celle de nocturne pour désigner le mode inverse. Une définition rigoureuse de la respiration exigerait d'abord ce^e du fluide nourricier qu'elle est Asslinée à revivifier, et nous avons vu combien il est difficile de le définir dans les végétaux.

§ 219. La comparaison précédemment établie entre les deux règnes nous amène naturellement à l'examen de la respiration des végétayx vivant sous l'eau, dont, par une théorie ingénieuse, M. Ad. Brongniart a établi le rapport avec celle des poissons. On sait que chez ces derniers, et chez un grand nombre d'autres animaux aquatiques, l'organe respiratoire n'est mis en rapport avec l'atmosphère qu'à travers l'eau qui le baigne immédiatement, qu'il emprunte h cetteeau l'air atmosphérique qui s'y trouve dissous, et le décompose à la manière ordinaire, en gardant l'oxygène et rendant à l'eau l'ucide carbonique. Nous connaissons la structure des feuilles submergées (§ 110, fig. 118), qui, dépourvues d'épiderme, et par conséquent de stomat(^, présentent immédiatement à Teau leur parenchyme ù parois minces, serrées les unes contre les autres sans méats interoellulaires, et ordinairement sur un très-petit nombre de rangs d'épaisseur. L'eau peut donc agir facilement sur ce parenchyme au moyen de l'air qu'elle tient en dissolution, qui y pénètre et s'y décompose. Du carbone est fixé dans les celliiles qui verdissent ; de l'oxygène e*< exhalé. La lumière a son influence habituelle sur ce phénomène, et, à une certaine profondem*, on voit les plantes pâlir et s'étioler. Comme les branchies des poissons, ces feuilles, une fois hors de rcau,scsèchentpromptementetdeviennentainsi incapables

de continuer à respirer. Cette dessiccation rapideest due an dëlaiU de répiderme qui, dans les végétaux aériens^ en modérant l'évaporation, protège les cavités respiratoires contre un pareil danger, et laisse en général aux liquides contenus dans l'intérieur dé la plante le temps de veuii* remplacer celui qui se perd en s'évaporant. § 220. ËTaporAtion. — L'cvaporation ou exhalaison aqu»iie par les parties du végétal exposées à Tair, dont nous avonseudéjà occasion de parler comme de Tune des causes les plus puissantes de l'ascension habituelle de la séve^ se foit presque entièremeÂt par la voie des stomates, quoiqu'elle ait lieu sur tout le reste de la «urface^ et surtout sur les surfaces vertes, mais assez faiblement pour qu'on puisse la nonuner insensible. On peut se oonvainére aisément qu'elle se fait par les stomates, en remarquant qu'elle est presque nulle quand ils manquent, peu marquée quand il y en a peu, beaucoup plus active en gén(h*al sur la face inférieure de la feuille que sur la supérieure, en un mot toujours en [proportion avec leur nombre. Cette évaporation, qu'on a comparée à la transpiration des animaux, mériterait peut-^tre plutôt, à cause de 8<hi siège, qui se trouve être précisément la sm^faice respiratoire, d'être assimilée à l'exhalation pulmonaire, cette émission très-consiiérabk de vapeur d'eau qui s'échappe avec l'haleine ; et c'est poor^ioi nous nous en occupons ici. Ajoutons à l'appui de ce rapprochement que son activité est influencée précisément par la même cause que celle de la respiration, par l'exposition à la lumière. A l'omlnre^ une chaleur égale et même très-supérieure n'a comparatixement qu'un faible effet, tandis qu'elle en a un marqué sur la transjHration insensible. La nuit, Teihalaison s'arrête,

NUTRITION ET SÉCRÉTIONS (i).

§ 221 . La nutrition est cette fonction par laquelle le corps organisé prend dans les matières en rapport avec lui les principes propres tant à entretenir et fortifier ses parties déjà forméesxju'à former

(1) La nutritioa et les séerélions se trouvent traitées ici dans le même chapitre à cause de la difficulté de les distinfi;uer nettement dans les végétaux. Si un organe séeré* teur est un appareil local dans lequel s'élabore et se dépose une matière ipéciila différente de celles qui sont généralement répandues dans le tissu, il est rare d'r« rencontrer qui justifient parfaitement cette dénnition. Les glandes (§ 175-181) se confondent souvent avec le tissu environnant; les parois sécrétantes des lacunes gomnifères on résinifères ne s'en distinguent pas ; et ce n'est qu'au produit qu'on recoonail l'organe, souvent limité d'ailleurs à une simple icollule. Aussi, pour la plupart Atk auteurs, presque toutes les matières stationnant ou même circulant dans l'écurcc. «ont- «Iles des sécrétiont. Nous avons mieux aimé les confondre sous un autre point de vue, '■•irès le bat commun auquel elles paraissent toutes concourir, ne sachant pas Mm itnier parmi «lies celles qui peuvent constituer exclusivement la sève dcscendaait.

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