‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle à l'usage des lycées, colléges, séminaires et maisons d'éducation. BotaniqueChapitre 62 sur 142 · FLORAISON · texte numérisé non relu

FLORAISON

§ %n. Dans quel (urdre se dévelopoent les fleurs, d'une inflorescence ? C'est une question à laqueue les notions précédemment exposées rendent la réponse facile. Nous avons poursuivi dans ses différents détails la comparaison des branches chargées de feuilles et des branches chargées de fleurs ; nous avons vu que leur ramidcation suit les mêmes lois, et que tout pédoncule terminé par une fleur peutôtre assimilé à un rameau. Or, tout rameau se développe nécessairement avant ceux qui naissent de lui : son évolution est d^jà plus ou moins avancée quand celle de ses bourgeons latéraux commence. Il en sera de même des axes florifères ^ chacun d'eux devra se développer avant tous les axes secondaires relativement à lui : te fleurs terminant des axes différents s'épanouiront donc dans l'ordre de succession des axes qui les portent. « Au lieu d'une branche plusieurs fois ramifiée, considérons-en une bornée à ses bourgeons latéraux, ou, en d'autres termes , un axe primaire avec un certain nombre dPaxes secondaires seulement. Nous savons que cette bi*anche croit par le haut, de manière que ses parties sont formées d'autant plus tôt qu'on les observe plus bas. Ses bourgeons suivent ce mouvement d'évolution de bas en haut,et se développent d'autant plus tôt qu'ils sont plus inférieurs. Le même ordre doit avoir lieu pour une suite d'axes florifères naissant immédiatement sur un même pédoncule ; l'évolution des fleurs qui les terminent doit commencer par celle de Vaxc située le plus

has^ et se poursuivre ensuite de proche en proche et de bas en haut. Nous avons donc cette seconde loi^ que des fleurs temunonl des axes de même ordre situés sur un même axe commun s^épanoms' sent de bas en haut. ^

L'établissement de ces deux lois résulte de l'observation comme de la théorie. Elles président à révolution de toutes les inflorescences, moins quelques cas d'irrégularité sous Tinfluence de causes intérieures ou extérieures qui demandent à être déterminées à part. Ces lois connues enseignent à distinguer facilement entre eux des modes différents d'inflorescence dont la déterminatioD, sans cette aide^ serait difficile et obscure.

§ 278. On sait déjà que, quand toutes les fleurs d'une même inflorescence sont portées à la même hàuteiur ou à peu près par l'allongement de certains axes ou le raccoiurcissement de certains an» tres^ les inférieures se trouvent naturellement en dehors, les supérieures en dedans. On peut alors dire indifféremment extérieur pour inférieur, et intérieur pour supérieur^ de dehoi-s en dedans pour de bas en haut, de dedans en dehors pour de haut en bas. Si nous considérons donc une ombelle ou un capitule , nous verrons l'épanouissement des fleurs marcher du pourtour vers le centre de l'inflorescence, comme nous l'aïu'ions vu marcher de la base vers le sommet dans une grappe. %e là le nom d'évolution centripète qu'on a donné à ceUe des fleurs de ces sortes d'inflorescences, et par suite à celle de toutes les inflorescences indéfînies.

Prenons, au contraire, une cime composée d'un axe primaire el de deux ou plusieurs axes secondaires. La fleiu: qui termine le premier, et occupe nécessairement la partie centrale de l'inflorescence, s'épanouira d'abord; puis viendront celles qui terminent les seconds et qui occupent la circonférence. Dans ce cas, l'évolution suit une marqhe inverse de la précédente ; eUe va du centre à la circonférence ; eUe est dite centrifuge, terme qu'on a par suite appliqué à ceUe de toutes les inflorescences définies. On comprend cependant qu'il est loin d'être juste dans tous les cas , puisqu'en supposant une suite de dichotomies florifères , entre la fleur centrale et celles qui terminent les axes secondaires, viendront s'en interposer de tertiaires qui fleuriront plus tard que les secondes, quoique plus intérieures. Il convient donc, en ajoutant ce mot, dese souvenir qu'il ne doit pas être pris dans son acception rigoureuse.

§ 279. Tout cela posé, il est facile de prévoir combien, à la pr^ mière inspection d'un ensemble de fleurs, nous serons aidés pour la détermination de son mode d'inflorescence par les rapports de position des fleurs développées à différents degrés. Si nous apercevons au centre ou en haut une fleur plus développée que celles

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ni sont autour ou au-dessous d'elle, nous savons tout de suite que DUS avons affaire à une inûorescence définie ; si le haut ou le sntre nous offre au contraire des fleurs moins développées que le is ou la périphérie^ nous savons que rinflorescence est indéfinie. es degrés de floraison auxquels les diverses fleurs sont arrivées s unes par rapport aux autres nous indiquent d'avance les degrés es axes qui les portent^ ou leur position relative sur im pédon-^ nie commun.

§ 280. Nous avons , pour plus de clarté, supposé les cas les plus impies, ceux où rinflorescence est peu ramitiée. Si elle Test un rand nombre de fois, Texamen se complique par la dispersion 'axes du même degré dans un grand nombre de points de Tinfloescence. Nous l'avions déjà indiqué pour les cimes ; mais on en eut dire autant pour une inflorescence indéfinie, par exemple, oiir une panicule, où des axes secondaires situés à différentes lauteurs portant médiatement chacim des fleurs de plusieurs dcrés différents, on peut vers le bas trouver des fleurs moins avanéesque d'autres qui leur sont supérieures, ce qui semble contraire PéYolution centripète.

On doit remarquer que, dans ce cas, l'ensemble de l'inflores- &oce n'est que la répétition d'un cevtain nombre de groupes de £urs à peu près semblables disposés siu* un axe commun; par xemple, qu'une panicule n'est, en général, qu'une réunion de rappes sur im mênie pédoncule. On est porté ainsi à admettre des %fU>rescences composées, ou dans V inflorescence générale (que seule kous avons considérée jusqu'ici) on peut en distinguer plusieurs artielleSy dont chacune dans sa floraison manifestera les lois que ions avons exposées. En comparant consulte la floraison des unes à eUe des autres, nous verrons que chacun de ces groupes de Inflorescence composée peut être assimilé à une fleur d'une in- Imrescence simple ; que s'ils sont tous latéraux par rapport à l'axe, Is seront d'autant moins avancés qu'on les examinera plus haut, [u'ils se développeront de bas en haut; que si l'un termine ce oème axe, il se développera avant les autres (fig, 488], et même Ion souvent la floraison de ces autres marchera de haut en bas : lie deviendra centiifuge. Nous sommes ainsi conduits à l'énoncé le cette troisième loi: Danfi une inflorescence composée, le3 infloresences partielles suivent, pour leur évolution relative, les mêmes lois ^ueles fleurs dans une inflorescence simple.

On conçoit que la ramification d'ime inflorescence peut se comtliquer assez pour qu'elle soit plusieurs fois décomposable : pnr xemple, une panicule générale en paniculos partielles, chacune le celles-ci en grappes, etc., etc.

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