‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle à l'usage des lycées, colléges, séminaires et maisons d'éducation. BotaniqueChapitre 66 sur 142 · FLEUR · texte numérisé non relu

FLEUR

' §288. Nous avons signalé (§ 255) dans les feuilles dont l'assemblage compose la fleur, quatre modifications essentielles qui constituent lesfoliolesdu calice, les pétales, les étamines et les caj*pellcs. Nous avons vu que quelquefois toutes ces parties , soit toutes en même temps, soit celles de môme nom seulement, se succèdent, sur une ligne déroulée en spirale autour d'un axe plus ou moins raccourci, de, même que les feuilles alternes se succèdent sur le

va BOTANIOUR.

rameau qui les porte ; que d'autres fois les parties àe mâme nom s'insèrent sur cet axe à la même hauteur, comme des feuilles ver ticillt!es ; et, dans ce dernier cas, on a quatre cercles concentrique! d'argancs dilTérents qui sont de dehors en dedans : le cercle dei folioles du calice dont l'ensemble porte le nom de calice ; celui de) pétales dont l'ensemble porte le nom de corolle; celui des étaminei dont la réunion a reçu, dans les temps modernes, le nomà'androeée; celui des carpelles dont la réunion a regu le nom de gynécée, ou plut ordinairement de jùstil. Ou appelle ces difTérents cercles d'wgana ou Teuilles diversement modifiées les vertidltet de la /bur.

Hais ce nom de verticilles est employé également dans le cas ob les parties s'insèrent à des hauteurs inégales ; car à cause de l'eitrëme raccourcisEement de l'oip, ces dilTârences de hauteur sont le plus souvent peu appréciables, assez peu pour que les organei de même nom semblent au premier coup d'œil disposés en un cercle. On est donc convenu de dire le vertidllg des pÀaieg, le certicille des élamines, etc., lors même que ces parties ne se trouvent pas exactement verticillées.

§ 289. Si la fleur est parfaitement régulière en même temps que complète, les punies, dans chacun de ces difîérenti verticilles , seront en nombre égal , et alors nous retrouverons la loi que nous avons signalée comme générale dans les rapports des feuilles de deux verticilles superposés, l'alternance de celles de l'un ~ avec celles de l'autre ^ 134). U(aitrons-le par uu exemple. La fleur des Craasuia lucida , rubens [jig. 203, 212), etc., pnSmposé de cinq languette» vertes, égales, disposées en cercle {fig. 203, ce); 2" une corolle de cinq pétales pp. rosâtrea et plus longs, qui naissent sur un rang un peu intérieur, précisément dans les cinq intervalles qui séparent les cinq languettes; 3' cinq élamines eee dans les intervalles des pétale», et placées par con^quent devant les divisions du calice ; ♦" cinq carpelles oo disposés en étoile, alternant aveclesélamines, et en coqséquence placés devant les pétales.

§ 290. Au milieu de cette prodigieuse diversité .qui permet da distinguer à leurs fleurs tant de milliers d'espèces de plantes^ OD

ta. Fltur du Cratnita r>lnu. — c i Folialei du calice. — pp PlMlH. — M ilt- *». — 00 CatptllM, 1 «hacun dnqtieli MjMbiI eiUrtFiiKm«l bb pcUl «ppMidha ■ «Mw d'«wlU». — U iftMha kiPliBBlal* o^ l> iHtgriâm i|« mu ■#«■ tm ifrtHDlt pir la fl^n lit-

FLEUR EN GÉNÉHAL. ADHÉRENCES. !îO

doit s'allendre à rencontrer une grande variété dans le nombre de^ parties dont sont formés les TcrticiUes floraux ■ et c'est ce qui a heu en effet. Néanmotoil, parmi ces nombres, il j en a deux qui se représentent /*' le plus généralement, ce sont les ^~' nombres 5 et 3; et un fait bien digne de remarque, c'est que le premier se rencontre daiu la majorité des [Nantes dicotjlëdoiiées, le second bien plus général oicore dans celle des mono- ^'/'y cotjlédooéei. La fleur du CroxsuXa, ly que nout venons de décrire, peut /-^ être citée comme un tjpe des premières; celle du Lis (j!g. 225 ), de la Tnlipe, des SdWa [fig. 304) et de la fdupaTt des Liliacées, comme type des secondes. Celle-ci se compose d'un verticillede trois folioles (^fi;. 204, p'p'p'), de trois *aintp" p"p"iur un cercle plus inlérieur alternant avec les premières, snxquelles elles sont plus ou motm semblables ; de trois éUminet e' opposées aux premières, puis de trois autres c" oppoaéea aux secondes, etparconséquenlPunpeuplus intérieures; enfin, de (rois carpdles o soudés au centre de la fleur, alternant avec lesfolioleset lesétaminesintériem^s. Ce type peut donc ëtvecotisiiléré comme formé de cinq verticilles ternaires, deux de folioles calldnales, deux d'étamines et un de carpelles.

g 291 . AdbèreMeM dM psrU** d« U lenr. — Deux fleurs ob le nombre des verticiltes est égal, ainsi que celui des parties qui ci»ipoient chacun d'eux, peuvent cependant se distinguer par beaucoup de caractères, par des diQ'érences de grandeur, de Corme*, de cnnleur. Un de ceux qui contribuent le plus k déterminer des combinaisons variées, c'est la réunion ou soudure des parties voisines ffltre elles; de telle sorte qu'elles ne semblent plus pr^ ■enter qu'une pièce unique, au lieu de plusieurs distinctes. Dans les fleurs que nous avons citées précédemment, malgré le soin que notis avons pris d'en choisir où toutes les parties fussent indépendantes comme les feuilles d'un rameau, nous avons cependant rencontré déjà quelques^nes de ces réunions : celle des carpelles du Scitla , telle que le pistil constitue un corps simple en appa-

lot. n«DFdu StUUtiMita, Tnputi i,nt. — f'ifp' tn trait loliolM «lériMim ta f4tiiiXki.-~f'f"r"'UtatA\ folioln iotériBum. — >' Élaaliwi oppotéei lui pnnitrN m lil<rl«iirn. — «" ïlinipei oppoiéH ul Kcsodei «i Intâricuro. ~ • Offim Midéin DM Mol. •• iTroli Aj\m tentmàmttn m Mal. — OnpfDttoir, ^. li I , i , I* diagnmM d'an flcnr toalc Kqililtbla. ,

rence; celle des folioles calicinales du Crttssula, qal seconfondent en une sorte de coupe à leur base. Ces sortes de soudures eiistent fréquemment, tantôt sur im point, tantôt sur un autre^ tantôt sur plusieurs à la fois. Examinons d'une manière générale les principales modifications qui peuvent en résulter.

§ 292, C'est entre les parties d'un même verticille que la réunion peut avoir lieu, et, comme on le comprend d'avance, à différents degrés qui les confondent plus ou moins intimement ou laissent plus ou moins visible leur indépendance essentielle. Ce peuvent donc être les pièces du calice qui sont ainsi soudées les unes avec les autres par leurs bords jusqu'à une plus ou moins grande hauteur, ou bien ce peuvent être les pétales. Dans ce cas , on dit que le calice est monophylle (nom que nous' avons déjà vu employer en pareil cas pour les bractées formant involucre [§ 285]); la corolle, monopétale, en opposition avec les termes polyphylle, polypMale, par lesquels on désigne l'état contraire, dans lequel les folioles ou pétales qui, au nombre de plusieurs, composent le calice et la corolle sont tous indépendants et entièrement distincts. On a asseï justement critiqué les premiers termes qui , d'après Tétymologic (tto'voç, unique), sembleraient indiquer qu'il n'y a qu'une seule foliole, qu'un seul pétale. Mais ils sont adoptés depuis si longtemps et si généralement, qu'il est feon de les conserver, en se rappelant bien que le calice ou la corolle ainsi nommés sont composés, non pas d'une partie unique, mais de. plusieurs parties soudées ensemble en une seule pièce. On a aussi proposé d'y substituer les noms de gamophylle, gamopétale (de 7«(ao(, noce, union) ; et ils sont adoptés aujourd'hui par beaucoup d'auteurs.

§ 293. La cohérence peut avoir lieu entre les étamines. Si elles sont élargies à la manière des pétales, elles peuvent se joindre de la même manière par leurs bords (fig. 206^ e) ; mais plus souvent elles sont rétrécies en filets qui ne viennent à se toucher et se confondre qu'autant qu'ils sont assez nombreux ; et alors on les voit souvent se réunir, non pas en un cylindre unique, mais en plusieurs faisceaux ou adelphies (d*«^fX<ptid;, fraternel

[fig. m].)

§ 294. Enfin, c'est entre les parties du verticille le plus intérieur, les carpelles, que la réunion peut exister; et comme ils se présentent l'un et l'autre par des faces et non plus par des bords, comme d'ailleurs ils occupent le centre de la fleur, le corps qui résulte de cette réunion est un solide beaucoup plus simple en apparence que les appareilsque nous avons vus résulter de celle des autres verticilles. § 295. filais ce n'est pas seulement entre les parties d'un môme îrticille, c'est erif re celles de deux verticilles différents que la réu-

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