FLEUR EN GÉNÉRAL. MULTIPLICATIONS
cinq carpelles alternant avec ceux-ci ; nous avcms donc bien addition d'aneverticille d'étamines^ qui est venu s'intercaler entre les cinq premières et les carpelles^ et qui a dû occuper la situation normale de ceux-ci vis-à-vis des pétales : la règle générale se maintient, les verticiUes successifs alternent entre eux. Examinons comparativement une fleur de Sedum{fîg.2{d); presque semblable à celle dviCrassula fjig. 212), ellen'endiffère que par l'addition d'un cercle de cinq étamines, et par conséquent présentant en apparence absolument le même nombre de verticilles et de parties que la fleur du Coriaria. Néanmoins, si nous recherchons avec plus d'attention la situation relative de ses parties, nous reconnaissons que des dix étamines, les cinq qui se trouvent placées un peu extérieurement par rapport auxautres sont précbément devant les pétales^ et même soudées avec eux tout à fait à leu|: bdse. Nous axuions ainsi deux verticilles successifs opposés, contrairement à la règle. Nous nous trouvons donc conduits à nous demander s'il y a en effet ici double verticille, ou si plutôt nous ne devons pas en reconnaître un seul composé de parties doublées, de manière que cette fleur se trouverait ramenée au type primitif, celui que composentun verticille de cinq folioles calicinales, un de cinq pétales, un de cinq étamines, un de cinq carpelles; seidementles pétales seraient doublés chacun d'une étamine. Cette conclusion est justifiée non-seulement par une considération que nous avons déjà eu occasion de répéter plusieurs fois, savoir : que le guide le plus sûr pour déterminer la véritable nature des patties végétales, si variables par leur forme, se trouve dans la détermination même de leiu^ rapports constants de position ; eUe l'est encore par la fréquence d'un phénomène que nous ferons connaître tout à l'heure, celui du dédoublement des organes végétaux.
§ 304. La multiplication des parties delà fleur par l'augmentation dunombre des verticilles ne se borne pas toujours à ce que celui d'un ou de plusieurs d'entre eux devienne double : il peut devenir triple, quadruple, etc. C'est ce qu'on observe souvent pour les étamines, plus rarement pour le calice et la corolle, plus rarement encore pour le pistil. Mais en général, lorsque le nombre s'élève beaucoup, les parties ne se groupent plus par verticilles alternant régulièrement entre eux; la disposition^ plus commune pour l'insertion des feuilles véritables, l'insertion spirale> reparaît sur un torus ou étendu en largeur ou prolongé en axe. C'est ce que nous avons vu dans les pétales et les étamines du Nymphoea, dans les carpelles du Magnolia, ce qu'on peut observer dans les fleurs d'un assez grand nombre de Renonculacécs, dans celles des Cactus, des Camcllias (fig. 235), etc., etc.
ÎS8 BOTANIQUE.
§ 305. Par dédoublement — Les parties de la fleur peuv^l encore se multiplier d'après un autre mode. Que dans une fleur de Renoncule, on regarde la base de chaque pétale en dedans, on en veiTa partir un petit corps de même couleur et de tissu analogue, qui en est comme un repli (fig- 215, a). Dans celles de Crassula, de Sedumj de Sempervivum, que nous avons citées, en dehors et àla base de chaque carpelle, on peut ob^ver une petite écaille verdâtre {fig, 203, a) insérée au même point que lui et qui pai'dt en dépendre. 11 semble que, dans ces deuxcas, parmi les faisceaux vasculairesqoi se rendent à ces feuilles modifiées et destinées à former les pétales ouïes carpelles, plusieurs se sont détachés pour aller for- 2<s. mer, sur unplanintérieur ou extérieur, ces petitscorps accessoires. On peut supposer que ces corps ne s'arrêtent pas à ces proportions minimes, mais se développent assez pour égaler presque la partie de la fleur à laquelle ils àont accolés, et alors elle devra paraître double, comme cela a lieu dans les pétales des ErythroxyUm, Ceux de beaucoup de Sapindacées, de plusieurs Garyophyllécs {Silène, Lychnis, Oucu&a/ttô). offrent quelque chose d'analogue dans le repli qui vient doubler une partie de leur surface interne. Cest ce genre de production qu'on a nommé dédoublement ou ckorize (de x&>piC»v, siéparer), et c'est vraisemblablement la cause à laquelle est due, dans un assez grand nombre de cas, une multiplication des parties de la fleur indépendante de celle des verticillà.
Ce dédoublement, que pous venons de voir substituer deux parties à ime seule, peut en substituer un plus grand nombre. Ainsi, dans les fleurs des Luhea(fig. 21 6), les cinq étaminesalteriiantavcc les pétales sont remplacées par cinq faisceaux composés diacun d'étamines nombreuses ; dans les fleurs de certaines Myrtacées, il y a cinq étamines seulement ; dans celles de certaines autres, des Melaleuca, par exemple, on trouve à leur place cinq groupes d'étamines pressées les unes contre les autres et soudées ensemble infériem*ement.
Si cette multiplication résultait de celle des verticilles ou d'une série de parties disposées en spirale, ces parties devraient, dans l'un comme .dans l'autre cas, se distribuer sur toute la zone inicrmé* diaire entre le pistil et les pétales, et non se concentrer dans cinq points ayant une relation constante avec ces pétales. On en conclut donc que chacun de ces groupes répond à une des étamines
tl5. Vn pétale de la Ficaire (Ficaria raKunculoide*)^ vu CD dedans. — / Limb«. «^ ,fl Pclii ap|/endice à sa bats.
FLEUR EM GÉNÉKAL. REDUCTIONS. Î3tt
que nous avions vues solitaires dans le premier cas, et que c'est par dcduublcment qu'on en a plusieurs. Certains Millepertuis et certaines Halv&cëes (/tp. 217) présenteraient des exemples aualt»gués et plus faciles à se procurer.
Ou conçoit maintenant comment nousn'avons pu considérer un
pétale et une étamine naissant immédiatement devant lui et sou- Tent accolée par sa base, comme résultant d'un dédoublement du même genre. Il est Traique les parties ainsi substituées à une seule doivent naturellement être de la mémenature. Hais le rapportintime qui existe entre ceUe des pétales et celle des étamines ressortira bientôt de leur examen plus détaillé, et nous avons cléjà pu le pi-essentir en.vojaut le passage presque insensible des unes aux autres dans le Nymphaa {fig. 119).
§ 306. BUDctloB d«iiB le nombre de* partie* de la fleur. — Après avoir examiné les dilférences que peut apporter à un certain type de la fleur, choisi comme point de comparaison générale, lamultiplication des partiesquila composent, et qui peut avoir lieu de diverses manières, recherchons celles qui résultent de la cause contraire, la diminution en nombre de ces mômes parties.
Le nombre des veiticilles restant le même, celui des parties dont chacun d'eux est formé peut être également diminué. Ainsi, laitue commune (Rula graveotetu) a, au t)as de ses cimes unilatérales, des
IIS. — I. r\eiit ia LnUa paxia -ala — (C£c raliec. — p;> réMet. — 1 1 Kttdiiq puliei. — î. Un des (aiieeiui prùc«denli grosii. Ou »nil q^" l"u« le» ftltH n