‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle à l'usage des lycées, colléges, séminaires et maisons d'éducation. BotaniqueChapitre 74 sur 142 · ENVELOPPES DE LA FLEUR · texte numérisé non relu

ENVELOPPES DE LA FLEUR

§ 322., Nous savons que deux verticilles de parties ordinairement différentes dans l'un et l'autre par leur forme et leur coloration, le calice et la corolle, composent les enveloppes de la fleur lorsqu'elles sont au complet. Nous savons aussiqu'U n'est pas rare d'en trouver un seul ; que, dans ce cas, c'est presque toujoiu-s la corolle qui manque, et qu'on dit en conséquence apétales les fleurs qui présentent cette disposition.

Ce terme n'a donné lieu à aucune objection pour les Dicotylédonées, où, lorsque les enveloppes florales se bornent à un seul verticille floral, elles offrent en général manifestement l'apparence et tous les autres caractères d'un calice. Mais dans les fleurs des Monocotylédonées, il n'en est pas toujours ainsi. Nous avons annoncé (§ 290) que leurs enveloppes sont le plus généralement formées de six parties disposées trois par trois sur deux cercles concentriques. Très-souvent toutes les six sont semblables entre elles, et alors elles peuvent être vertes (dans la fleur de l'Asperge, par exemple); mais plus souvent elles sont peintes de couleurs différentes et quelquefois fort vives, corome dans le Lis (fig. 242), la Jacinthe, la Tulipe, etc. D'autres fois les trois extérieures diffèrent des trois intérieures : les premières vertes et semblables à un calice, les secondes colorées et semblables à des pétales, comme dans les Éphémères, le Plantain d'eau ou AUsma, etc. Dans ce cas on serait ien té d'appeler en effet le vertîcille extérieur calice, et l'intérieur coroUe ; mais, par une conséquence nécessaire, il faudrait leur appliquer les mêmes noms dans toutes les autres fleurs de Monocotylédonées, où pourtant les parties ne présentent aucune différence entre elles. C'est ce que font

FLKUR EN GÉNÉRAL. ENVELOPPES.'* î5l

plusimirs auteurs. D'autres, plus anciennement, ne prenant qiie les caractères de couleur pour guides, admettaient dans ces flciu's, tantôt un calice et une corolle, tantât un calice seul, ^A,^ ^ .^/''^'^ tanUtt une corolle seule, - JJVê'i/^/' quoique évidemment les six ' ^^T^^ ÏÎ^OT^^ /Vr^

parties, dans leurs rapports ^ i y \ v [ ^^ïv) / / //x^-^'"'

constants, doivent toujours VvXx^^i \\f/,^J

représenter la ma me chose. ^J^^^^tô ' L\.<^\

E>'autres, enfin, les nom- l/f''' Jf^^^vus l

ment dam'tous les cas un ' \i r J^ A'\ \(i^^^\

calice, qu'ils définissent le ] iL^y-^iL\ ■: I f ^^^i

gjsètme d'enveloppe le plus pù^'^ Kfi'i '^'

extérieur de la fleur, ne ^fcl.^

pouvant reconnaître deux ^UïT

systànes différents dans j,,

celles de la plupart des

Monocotjlédonées. Il est nécessaire d'âtre prévenu de ce défaut d'accord dans la terminologie des divers botanistes, pour éviter la confusion qu'elle peut entraîner.

Beaucoapd'auleurs, dans ce but,dési^ent cette enveloppe unique desfleursparuntermedLfférent,et quine Tait rien préjuger sur sa nature, soit par celui de périgone [perigonium ) , soit plus ordinairement par celui de périanthe (perionthium ; de mpi, autour, et ii*oc, fleur), que Linné avait proposé pour le calice, toutes les fois qu'il est en contact immédiat avec les étamines ou le pistil. Ce nom pourra être admis avec avantage pour la description des Monocolyîédonées ; mats il aurait des inconvénients réels pour celles des Dicotylédonées, où vous trouvez souvent l'une auprès de l'autre des plantes, les unes munies, les autres dépourvues de pétales (dans les Car yoph]' liées et les Paronychiées, par exemple). Or, avec deux fleurs, du reste fort semblables, vous ne pouvez nommer dans l'une périanthe ce que dans l'autre vous nommez calice. Il paraît donc plus convenable d'appliquer constamment ce dernier nom au verticille d'enveloppes, soit extérieur, soit tmique, de toute Dicol^ilédonée, et pour les Monocotjlédonécs, d'employer oulemêmenom qu'on modifie par des épittictcs variées suivant lus cas, ou celui de périanthe. Nous les confondrons dans l'examen suivant. § 323. C*llce (calyx). — Nous avons dit que le calice est le vcr-

IK. Fleur du Li> bluu {LiliuKi camlidiH*). — p PMMmthi. dont Iruis pulin ud

ticiliolfti|}qji^ extérieur des enveloppeàde la fleur^ qu'il esloÂipiié de {)lii|$fnp«]^ëce8 représentant autant de feuilles, et qu'on aùQiBm^^ Moââquence folioles calicinales. M. Link a proposé de les désigner par le nom unique àephylles (phylla, ^uXXov, feuille) , qui était déjà employé dans la composition des adjectife monophylk et polyphylle ; De Gandolle a fait adopter généralement celui de «^^olei (sepal(îj : de là les épithètes de poly sépale onmonosépaU dfflméesau calice, suivant que ses folioles restent entièrement indépendintes les imes des autres, ou bien sont réunies ensemble dans une étendue plus ou moins grande (§ 292). Nous nous serrironsi donc indilféremment à Tavenir de ces deux mots , folioles du. calice ou <é> pales,

§ 324. Nous avons considéré ces parties comme de véritables feuilles, et leur structure justifie cette manière de voir ; elles sont, en effet, formées de même à l'intérieur d'un parenchyme, que parcourent dans la direction générale, de bas en haut, des faisceaux fibro-vasculaires composés de trachées déroulablcs et de minces libres, et sont extérieurement revêtues par un épiderme muni de stomates beaucoup plus abondants sur la face extérieure du sépale, qui, à cause de sa position redressée, correspond à l'inférieure de la feuille. L'épiderme es%«ouvent couvert de poils semblables i ceux qui couvrent les feuilles mêmes et les jeunes pousses, par conséquent, plus fréquents et plus abondants sur la lace externe que sur l'interne. Pour exprimer l'absence des poils, leur présence et les divei*ses manières dont elle peut modifier la surface du calice, on se sert des termes que nous avons déjà fait connaître (§ 174).

§ 325. Les faisceaux filû*o-vasculaires dessinent à l'extérieur des nervures (dont la médiane seule est assez souvent saillante) et suivent, quoique d'une manière bien moins visible à cause de la petitesse des parties, les mêmes lois que dans les feuilles des plantes dicotylédonées, et monocotylédonées, se rémiissant entre eux par des ramifications dans les calices des premières, marchant parallèlement et sans se diviser dans ceux des secondes. Lorsque les fo* lioles calicinales sont confondues en un seul corps à la partie inférieure, les nernu^es médianes qui se prolongent sur la surface de ce corps peuvent indiquer le milieu de chacune d'elles (fig. 246). On trouve souvent autant d'autres nervures, placées précisément dans les intervaUes des premières sur la ligne de jonction des folioles soudées, et résultant chacune de l'union de faisceaux appartenant à deux folioles voisines ; car on les voit, à la hauteur où celles-ci se sépai*ent, se dédoubler en deux rameaux qui suivent les deux bords correspondants (fig, 248).

§ 326. La forme des sépales peut , en général, se comparer à

CALICE. ÎM

GoUedes bractées plutdt qu'à celle des fcuillsB; c'ait w^nûi'eiiicnt cella d'une lame qui va eu se rétrùcisBanl vers sou wmiBet,etqul représente par conséquent, soit le limbe réduit, soit la far^e TSgi' naîe de la feuille. On les voit quciquerois se réti'écii' aus» h Ictir partie inrérïeure, mais il est extrcmemcnt rare que ce rétrécissement s'allonge en jprC*t^>ii ''

on pétiole. 11 est rare que le bord se dé- \!l^?i'^|rp/) coupe ou se lobe [Rwnex naritimus et Mp^^illf^^' autres espèces du même genre \fig. 243] ..(, ■ "^t^m^^^'' Rose [fig. 333]); il est ordinairement ^^^M '^Ê^' " entier. Nous ne décrirons pas ici toutes ^ -^sÇ|6^*^ les formes possibles des sé(«les : la plus ^^«r ^

fréquente est celle d'un ovale obtus ou dj,

aigu i son sommet. Dans leur description , outre leur nombre et leur forme, on doit mentionner leur dliecUon tantAt en haut (s. dressés, erecta), tantAt en dedans [t. comUvttas, connttientta), tantdt et plus souvent en dehors (s. dir vergenti, étalés, réfléchis, divergentia, palula, reHexa, suivant qu'ils s'inclinent plus ou moins, leur sommet tourné en haut, ou boriiontalemenl, ou en bas).

§ 327. Quand le calice est monopl^lle, l'union des-parties peut avoir lieu dans une étendue plus ou moins grande. Si elle a lieu seulement à la base, cette courte portion inférieure est appelée le fond du calice; si elle a lieu jusqu'à une hauleui' un peu considérable, la portion réunie porte le nom de tube. Dans les deux cas^ la portion supérieure où les sépales restent libres est le limbe ; elf suivant qu'ils restent plus ou moins complètement séparés, que le limbe, par consiiqucnt, se compose de parties {tacitiiœ) plus on moins longues relativement au fond ou au tube, on leur donne des noms analogues à ceux que nous avons fait connaître (§ ttfl pour les divisions du bord de la feuille plus ou moins profondes. Ainsi, ce sont des segments ou des partitions , si les sépales restent distincts jusqu'auprès de leur base; des fissures, s'ils s'unissent jusqu'au.<le3iUB de leur milieu {fg. 24S) ; ou des lobes, s'Us sont en mftme temps élargis ; des dents (fig. 246) ou des crénelures (/ïff. 26i, c), s'ils ne sont libres qu'à leur sommet, aigus ou obtus. Oti emploie souvent ces mots dans l'épithèle composée par laquelle ou caractérise le calice et qui indique en même temps le nombre de

t4S. CiliM d'an» etpcce d'Oieille (Rimti rnicndul. IL ut cooipoiA de dîui ««rii.. ■iltai. reilerituf c< à diiiiioni couriM et cnticret, riniérieor ci • diiiiioni brauoup plui gnoitt, iitiiupiti igr leur hiird ib kniirit élroiln ou tortei de emcheU. r^ii-

ees divisions. Aiiisi^ on dira que le calice est quinqué-parti, oaqitadriiide^ ou trilobé^ ou sex-<lenté^ etc. Si la foimc et l'union des par. lies est telle qu'il n'y ait aucun degré de division sensible et que

la totalité du calice ne forme qu'un tube bordé supérieurement par un cercle, on dit qu'il est entier {integer) ou tronqué (truncaius), Remarquons que tous ces mots qui s'appliquaient aux parties d'une feuille unique s'appliquent y pour le calice y à la réunion de plusieiu*s feuilles considérées elles-mêmes comme parties d'un autre tout, qu'il n'y a donc qu'analogie et non identité dans l'empld qu'on en fait ici.

Outre ces formes générales dues aux différents degrés de soudm*e entre les différentes pièces du calice, il peut ofi&ir plasieun modifications secondaires par l'allongement plus ou moins considérable du tube et ses renflcKnents à diverses hauteurs, par les directions variées du limbe relativement à lui, etc. Nous indiquerons les termes par lesquels on les désigne, à l'article de la corolle où ces mêmes modifications se montrent plus prononcées à cause de l'extension généralement plus grande qu'elle prend (§341). Nous avons supposé, dans tous les cas précédents, le calice régulier; mais il peut ne pas l'être ; et l'irrégularité porte, soit sur le tube qui peut alors se couder ou se bossuer ( dans les Scutellaria, par exemple,) à certains endroits, ou sur le limbe dont certaines pai'ties se développent plus que les autres. 11 n'est pas très-rare de voir les sépales , soit unis , soit libres , se prolonger au-dessous de leur point d'insertion, soit en une lamd plane (comme dans les Violettes ) , soit en im sac qui tourne alors son ouverture du côté intérieur de la fleui'. S'il se prolonge beaucoup, il prend le nom û'épc-

su. Calice penlaphylle de la Stellaire {Stellaria holoslea). Ï4b. — quinquéfide de la Primevère {Frimula elnlior). Zio. — quinquédentc du Béhon blanc (Silène injlola). I47. Calice c de la Capucine — c Eperun- — p rédicclki.

CALICE. )&t

iwn {calcar), et le calice est dit éperorné. Cette modirication peut aiructur soit un seul sépale (comme dans ia Capucine \fig. 247] ) , soit chacun d'eux (comme duns l'Ancolie). Danslu Pelargoniwnccl

-/éperon se soude inlimemcnl au-dessous de la Hem- avec lepédicelle

' qui la porte, et dont il semble faire partie.

§ 328. la fleur de quelques plantes paraît entourée d'un double calice. -fin donne le nom Aecalicule au calice extérieur, et l'on dit la fleur caliculée. On s'est également servi dans le même cas de fépithcte de 6racIéoI^ajoutée sa calice, et en efi'et, le [4ua souvent, d'après ce que nous avons dit précédemment ^ 284) , ce verticillc accessoire n'est autre chose qu'un amas de bractées i-é unies immédiatement audessousde la Qeur {fig. 248] . D'autres fois cependant les

folioles du calice se trou- m. ut.

vent munies de stipules ^

comme les véritables feuilles, et ce sont ces stipules (ordinairement soudées deux à deux ) qui forment le calicùle ( comme dans les Fraisiers, les Potentilles [fig. 249]).

g 329. La consistance du calice est le plus communément celle des feuilles, qu'on désigne par foliacée ou herbacée ; ordinairement alors la coideur est verte, mais dans quelques plantes elle passe à d'autres teintes analogues à celle des parties les plus intérieures : au rouge dans le Fuchsia, le Grenadier, etc. ; à l'orangé dans la Capucine, au rose dans le Laurier de Sai nt- Antoine (fpiJoMumjpfcatvm). Quelquefois avec ces autres couleurs, ordinairement propres à la corolle, il lui emprunte aussi son tissu plus mince, plus délicat et mou, et en prend toute l'apparence extérieure, ce qui le tait aloi-s nommer pétato'ide : l'Ancolie, l'Horlensia en offrent des exemples parmi les Dicotylédonécs. Ils abondent parmi tes Monocotjlédonées , où c'est même la consistance la plus habituelle du calice ou périanihc tout entier (Us blanc et Marlagon, lonquilto. Glaïeul , Jacinthe, etc., etc.), quelquefois seulement de sa rangée la plus intérieure. La consistance csl, au contraire, dans d'autics Monocotviédonécs , complètement dilTérenlc , c'est-à-dire sèche, dure, avec des dimensions fort réduites et rappelant plutôt celle des bractées, avec une couleur verte ou biunâtrc , comme par

exemple^ dans les Joncs. Le calice ainsi modiGé est dit écailleux [squamositë), parce que ses sépales imitent les écailles du bour* geon , et souvent aussi glumacé (glumaceus) , à cause du nom de glume qu'on a donné aux enveloppes de la fkur des Graminées remarquables précisément par cette consistance.

§ 330. Le limbe du calice se présente quelquefois entièrement méconnaissable sous la forme d'un cercle ou d'une toulTe de soies ou de poils, qui prend le nom d'aigrette {pappus) et lui commun!que celui d'aigrette (papposus). Plusieurs familles de plantes, les Valérianées, lesDipsacécs, les Composées, nous font voir les transitions de la forme ordinaire à celle-ci, dont les deraières surtout nous montrent toutes les modifications possibles. On peut dans

une suite d'exemples convenablement choisis parmi les plantes de ces familles, suivre toutes ces transformations , en partant de la forme régulière de cinq dents ou lobes qu'on voit dans d'autres llcurs (fig. 251) se prolonger chacune en une arête , quelquefois toute hérissée de petits poils (fig. 250), et l'on arrive ainsi par des intermédiaires à des arêtes velues {fig, 252) groupées en manière de touffes qui ont fait donner à ces singuliers calites ce nom ti*èscxpressif d'aigrettes. Les arêtes en sont appelées les rayons. On dit que l'aigrette est plumeuse (plumosus) quand chacun de ces rayons est couvert de petits poils visibles à l'œil nu (fig, 250, 252, comme dans les Scorsonères, les Cirses, etc.); simple (simplex seu pilosus) quand chaque rayon , dépourvu de ce duvet., a lui-môme Tappa-

iSO-fSl. Exemples de calices dont le limbe / passe ^aduellement à Tétat d'atgroUe. ^ e Calice dont le tube t fait corps avec l'ovaire et se rétrécit au-dessus de lui en uoa «olonne grêle dans les figures 251 et 252, dont le limbe /est à plusieurs divisions rctrcctct en fil à leur sommet ou dès leur base. — t lovolucre ou calicule coupé dans sa loDg;ucur.

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