‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle à l'usage des lycées, colléges, séminaires et maisons d'éducation. BotaniqueChapitre 76 sur 142 · COROLLE. 25D · texte numérisé non relu

COROLLE. 25D

qucfois sèche comme du papier ou une mcraLrane (Bruyères) , quelquefois dure et roide (Xylopia),

§ 337. Puisque les pétales proprement dits appartiennent aux fleurs des plantes dicotylédonées, lem^s nervures doivent naturellement se ramifier et se terminer par un réseau que forment en se réunissant leurs dernières ramifications. Les secondaires ou veines se détachent de la médiane^ soit à différentes hauteurs^ comme dans une feuille penninerve^ soit souvent dès la base du limbe^ comme dans une feuille palmatinerve ; et cette dernière disposition^ qui rappelle les branches divergentes d'un éventail ouvert, est exprimée parTépithète qu'on donne alors au pétale (flabellato-venosum), La médiane se prolonge quelquefois jusqu'au sommet du pétale, et même au delà, en une petite pointe libre {cuspis, d'oiipetalum cus' pidatum); mais plus ordinairement elle tend à se dédoubler en deux moitiés, dont l'ime se dirige à droite et l'autre à gauche. Il en résulte souvent alors au sommet une échancrure ou sinus qui fait nommer le pétale échancré {emarginatum) ;. et, s'il va en s'élargissant graduellement, depuis sa base aiguë jusqu'à son sommet ainsi bilobô, il est dit obcordé (ohcordatum), à cause de sa forme de cœur renversé. Le partage des faisceaux de la nervure moyenne peut se faire inégalement, de manière qu'une moîflé du pétale en reçoive plus que l'autre et se développe davantage, ce qui étend lun des deux cAtés aux dépens de l'autre, rejetant l'axe un peu latéralement ; le pétale est alors inéqmlatéral{inœquilaterum), ou oblique (obliquum, obliqué obcordatum, ou toute autre épithète qui peint mieux sa forme générale). Le partage de la nervm»e médiane, et par suite, du limbe, peut commencer plus ou moins bas, quelquefois tout auprès de la base, et le pétale est alors bifide ou biparti, et peut même paraître, lorsqu'il n'y a pas d'onglet, presque composé de deux collatéraux égaux (par exemple, dans VAlsine média [pg, 253]), ou inégaux. .

Notons que l'irrégularité du pétale oblique n'entraîne pas celle de la corolle dont il fait partie, puisque les divers pétales qui la composent peuvent dans ce cas être parfaitement semblables entre eux, et qu'il résulte de leur réunion un lout ivgulicr : cela s'observe dans beaucoup de corolles à préfloraison tordue, celle des Malvacées, par exemple.

Les pétales s'insèrent, en général, par une base étroite ; mais souvent ce rétrécissement ne se prolonge pas, et ils sont dits ses-

15S. Un vétiOe du Mouron dei oi«e»ii\ {AUine média), • l T inib«. -r o OagU*i.

lao DOTANmUE.

giles. Quelquefois la base est large, elle peut même rêlre autant qiic le reste dulimbe,dans la fleur de l'Oranger, pnrcxemple. Si,<iiioi()M (îlroit à son inserlion, il ne va pas en s'élargissanl, il pi-end la forme d'un petit ruban et est dit linéaire. Entre cette dernière et celle d'uo cercle, on peut observer toutes les intermédiaîi-es, comme pourlei rcuillcs. U est assez frdqucnt de voir les deux eûtes du limbe se prolonger inKrlenrement en doux lobes oblus ou deux angles parallèles ou obliques par i-apporf à l'onglet : on le dit aloi-s cti catur [contatum {fig. 254), ou sagitti [sagiltatum), ou hasté [kasIalMm). Le limbe peut Ctre plane ; mais très-souvent aussi il présente «ne surface courbe, tournant ordinairement sa concavité Tcrs le centre de li fleur. Quciquerois alors la ncrniR moyenne fait en dehors une grande saillieatgué, comme la quille d'un bateau, et le pétale cil prend le nom avec la forme (p. navimlairir, cymbifomw).

Quelquefois aussi il est plié de manière à rapprocher sa pointe de sa l^iœ, connue dans beaucoup d'Ombellireres(^3. 2oS).

Dans la plupart des fleurs, il est glabre jcependant dans plusieurs il est revêtu d'im duvet, ordinairement très-court, fin et rare, quelquefois plus épais, qu'on o1>scrTe plus fri^qucmmcnt et plus ^koidamment, en gt'néral, mSmc excluaivemenl, sur la face externe, de mâme que pour les feuilles et les sépales. Quoiqu'il se montre sur les pélales bien moins communément et plus clair-seraé que sur les autres parties du végétal, il est de mfime nature : ainsi, dans les plantes caractérisées par des poils étoiles, les Bombacées, par exemple, ceux de la corolle sont également en étoile.

Dans les descriptions botaniques, l'éplthète par laquelle on caractérise la forme du pétale s'applique au liml>c. Quand on décrit des pétales onguiculés, orbiciilaires, dentelés, concaves, c'est comme si l'on disait des pélales avec un onglot et avec un liml>e orbiculaire, denlelé et concave.

§ 33H. On dit la corolle dipétaU, tripétale, tétrapitale, pentapitale, etc., suivant qu'elle est composée de deux, trois, quatre, cinq pétales distincts. Nous avons vu qu'en général leur nombre est égal il celui des divisions du calice avec lesquelles ils alternent ; mais qu'il peut se présenter cependant quelques exceptions à celte ri-gle |§ 30'7), par ta suppression d'un ou de plusieurs pétales dans le ter-

lidllc de la corolle compnré à celui du calice, et ri^clproquemenl. Ainsi, dans lafleurdu Marronnier d'Inde, le calice est à cinq dents, mais on ne trouve ipie quatre ptStalcs alternant avec quatre d'entre clliïs, et la place du cinquième est vide ; dans la Capucine à cinq feuilles Ifg. 225), il n'japlusquedeuxpi^talcset trois places vides. On signale cette circonstance en décrivant alors la corolle comniclé- IrapétaU ondipélaie paravortement, eipresaion tout à TuitJQste; car on voit dans d'autres espèces de Marronniers, et môme dans quelques fleurs du raAme, reparaître le cinquième pétale ; on en compte constamment cinq dans beaucoup d'autres espèces de Capucines. I^e nombre des pdtales, qui est de cinq dans presque toutes les Légumineuses, «'trouve dans V^Tnorpfta, i-èduit à un seul, placé entre deux des cinq divisions du calice, et en ce cas on dit la corolle untf^aU, mot qu'i^ne Taut pas confondre avec monopdtalc (§ 292].

§ 33». Dans la description on doit indiquer, outre le nombre, la direction des pétales (dressés, divergents, étalés, l'éfléchis [§ 3âG]) par rapport à l'axe de la fleur, celle du limbe par rapport à l'onglet avec lequel il fuit qucl<]uefois iui angle ; leui* longueur par rapport au calice ; leiu- forme, sur les modilicalions de laquelle nous venons de donner quelques détails, et qui peut élrc semblable, ainsi que leur grandeur, dans tous ceux d'une m£me fleur, ou bien différente. Dans ce dernier .cas, oii iS corolle polypétale est irrégulière, on décrit à part les pétales dissemblabtes, en désignant leur place par rapport à l'axe de l'inflorescence. Quand l'irrégularité est la même pour les fleurs d'un giand nombre de plantes, il sufQt d'un mot pour en faire connaître les traits principaux. Tel est celui de papitionaceef, [ i^^

appliqué aux corolles de toutes lesLégunii /T"^^^' ^^\, J lieuses de notre pajs. Des cinq pétales (>— ^^.^^^-V „ (yîj. 236) un supérieur («), c'est-à-dire tourné ° ^^C^/^ du cdté de l'axe, plus grand et ordinaire- h

ment plié sur lui-même, embrasse les quati e *^

autres : on le nomme l'dfiïndani (t;exif/um), deux latéraux [a), qu'on appelle les ailtt (aïs), recouvrent eux-mêmes les deux inférieurs (6), qui, rapprochés et souvent même soudés par lenrbord, forment par leur réunion une pièce en forme de nacelle, la cor^iii' (eorina).

CcrLiines modifications de corolles polypétales régulières, qu'on retrouve dans un grand nombre de fleurs, en général dans celle:! d'une même famille, ont aussi reçu des noms particuliers. C'est

IK. Fleur d'une Pipilirinactt (te Pnli de ifoleur [falAynif acfn-afw]]. — « Calice.

«î BOTAMQIR,

ainsi qu'on appelle crwiformet [fig. 257), celles qui ont quatre

pétales opposés deux à deux en croix; rosacée» (/ij. 258), cellesqul ont cinq pétales sans onglet» et ouverts, disposas comme dans la

Rose simple ; carynphyUéM (fig. 259), celles qui ont cinq pétales munis d'onglets, g 340. La plupart des notions que nous avons données sur les

iVt. Fleur de La CiroOtt cnmmun (Ctifrni I «lice, dont d«ui. plut eiWrinin. le proloi V P Pétdci.— < Ln plat grudei éUminet, i

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pétales en gdndral peuvent s'appliquer également à ceux qui, pnr leur réunion, forment la coroWe monopétale. On conçoit cependant qu'il ne peut être question ici de la distinction en onglet et liriibe, puisque les bases sont confondues. Souvent pourtant ces bases paraissent représenter les onglets, les sommets représenter les limbes. Aussi appelle-t-on de ce même nom de limbe [fig, 260, l) ces parties supérieures libres dans leur contour, et décrit-on leur forme par les mêmes termes que celle des pétales isolés ; la partie inférieure dans laquelle les pétales sont intimement unis par leurs bords s'appelle le tube (260-267, t), et en a ordinairement la forme; l'entrée du tube, le cercle intérieur à la hauteur duquel les pétales se détachent l'un de l'autre, est la gorge [faux).

Ces noms, au reste, s'appliquent également au calice ou à tout périanthe monophylle, de même que, d'une autre part, les mots par lesquels nous avons désigné (§ 327) les divers degrés de hauteur auxquels les pièces du calice ou périanthe sont soudées entre elles, ou, si l'on aime mieux, les divers degrés de profondeur dans leurs découpures, sont également employés pour la corolle monopétale.

§ 341. Mais on a inventé plusieurs mots particuliers pour désigner certaines formes de corolles jnonopétales communes à un grand nombre de fleurs. Nous citerons, parmi les régulières, la

Tubuleuse{f,ubulosa) , dont{le tube long, cylindrique, semble continué par le limbe, qui suit la même direction (par exemple, dans le Spigelia [fig, 260], dans la Consoude \fig. 2611,

Infondibuliforme (infundibuliformis) ou en entonnoir, celle qui en rappelle la forme par son limbe, s'écartant au sommet du tube en un cône renversé (par exemple, dans le Tabac [fig. 262]).

Hypocratéri forme (hypocrateriformis) ou en soucoupe, celle dont le limbe, plane comme une soucoupe très-évasée, surmonte un tube droit (par exemple, dans les Piimevères [fig. 263]).

Rotacée [rotacea], celle dont le limbe présente des divisions ou* vertes comme les rayons d'une roue dont le tube, extrêmenieni court, figurerait le moyeu (par exemple, celle du Mvosotis [fig, 264]).

Etoilée (stellata), la même à divisions très-aiguês (par exemple, dans les Galium) ,

Urcéolée (urceolata), ou en grelot, celle dont le limbe est presque nul, le tube renflé à son milieu, rétréci aux deux bouts (par exemple, dans la Bruyère cendrée [fig, 265]).

Campanulée (campanulata) ou en cloche , celle qui imite cette forme par son tube évasé graduellement jusqu'au limbe (par cxctrtple, dans les Campanules [fig, 266]).

Digital'forme {dùiilaliformis), en forme «le Aé à coudre 0 doche allongée (^3. 2«*).

teO-»T. Conillei moDOiiililo régulières. — c Calice. — l Sun limbe. — I Sommet du ttjk et etigniaici.

tSO. Fleur da Spiitlia marylamilcK.

UI. — dl 11 grinris CoDiauda {Sumphyliin o/^eliuili), — En r, r'eure dei rtplis qui faut uilll* tu dedius du lube.

I«t. Fleur du Tibu {Nitoilana labac-ni).

«S. — delaPriineiére<:oniinuii«(PriiiiHlar^liEir). — flAnlhir Il ecollc (t oppntéet k (et Inbes.

~- -' lujWyDisIftpBlurrii, -rRriilÎEdcli corolle feiinnl i

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