‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle à l'usage des lycées, colléges, séminaires et maisons d'éducation. BotaniqueChapitre 78 sur 142 · ORGANES DE LA FÉCONDATION · texte numérisé non relu

ORGANES DE LA FÉCONDATION

ÉTAMiMES [stamina).

§ 344. Jusqu'ici nous n'avons examiné les étamines que dans leui*s rapports de position avec les autres parties de la fleur. Quant à leurs formes et à leur structure propre^ elles nous ont à peine occupé; et nous nous sommes contenté de les représenter comme des folioles étroites et épaissies supérieurement en deux corps qui bordent chacun un des côtés dans une certaine longueur^ ou plus souvent même réduites à un cylindre grêle qui porte à son sommet ces deux mêmes corps (§ 256). On nomme anthère l'épaississement supérieur de l'étamine^ filet sa partie inférieure^ qui présente le plus souvent cette forme. L'anthère est la partie essentielle de l'étamine, et si elle vient à manquer ou à se développer incomplètement^ l'étamine impropre à ses fonctions prend l'épithète à'c^ortive (aboriivumy effœtum) ; mais elle ne l'est pas si c'est le filet seul qui manque, auquel cas l'anthère est dite sessile (fig, 515, 550, a). Nous renverrons à la fin de ce chapitre l'examen de la structure anatomique, du développement et des foncions de l'anthère, qui se lient si intimement à celles du pistil, qu'il y aurait quelque inconvénient à ne pas faire suivre l'exposition de l'une immédiatement parcelle de l'autre; et nous commencerons par examiner les caractères extérieurs et généraux des étamines considérées d'abord isolément, puis dans leur ensemble en tant qu'appartenant à la même fleur.

§ 345. Filet (filamentum). -^ Le filet, dont le nom indique la forme la plus habituelle, se présente en effet le plus fréquemment sous celle d'un corps allongé en un mince cylindre ou insensiblement effilé de la base au sommet if. filiforme [fig, 568] ) ; beaucoup plus rarement il va s'épaississant en massue de bas en haut {f. clavatum [fig. 277, /] ). Il a souvent un assez grand degré de solidité et se soutient par lui-même; mais d'autres fois (comme dans les Graminées, les Plantains, les Littorelles, etc.), il n'a que l'épaisseur et la consistance d'un cheveu : il est dit capillaire ifig. 488). 11 n'est pas rare de le voir, aplati ou linéaire à sa base, s'effiler à son extrémité supérieure {f, subuléjf, subulatum [fig. 498]). Plane dans toute son étendue, il peut figurer un ruban sdlongé, ordinairement entier siur ses bords, plus rarement crénelé (par exemple, dans l'Yèble) ou denté (fig, 281^ f); il peut enfin s'élargir en unelamequi acquiert dans certaines fleurs (Canna et autres Marantacées, Nymphœa alba [ fig, 179 ]) , le développement et les apparences d'un véritable pétale. Sa direction est habituellement continue d'un bout à l'autre; on

nOTANIQlK.

trouve néanmoins quelques exemples oii clic change brusquement suivant un angle plus ou moins okus, qu'on compare à celui du genou, d'où le filet est dit alors genouillé [f, geniculatum).

§ 346. Nous venons de voir qu'il présente assez souvent à sa base une partie élargie ; alors, au lieu d'aller en se rétrécissant graduellement de bas en haut, il peut, à une certaine hauteur, passer tout d'un coup de cette forme de lame à la forme filamenteuse (par exemple, dans lePeganum harmalOy le Tamarix gallica [fig. 297]). Cette dilatation inférieure, qui souvent se prolonge pi us ou moins des deux côtés en un lobe ou une pointe libre, rappelle celle que forme la gaine des feuilles à la base du pétiole, qui peut lui-mèinc être comparé à la partie rctrécie du filet.

§347. Mais il arrl vequclquefolsque cette portion inférieuremcnl dilatée semble plutôt une partie accessoire soudée avec le fllet, par rapport auquel elle occupe un plan soit intérieur (comiTie dans le Zygophyllum fabago \fig, 273] et beaucoup d'autres Zygophy liées, les Simaroubées, etc.), soit extérieur (dans la Bourrache \fig, 272], le Trichilia et autres Méiiacécs). Ces deux cas, dans lesquels le tilet est dit appendiculé, correspondent évklemment à ceux où le pétale reçoit !e même nom (§ 342) ; dans le second, l'élamine accolée ainsi à une lame placée en dehors se trouve, relativement à elle, précisément comme elle est relativement au pétale, lorsqu'elle s'accole à sa base en faisant partie d'un verticille immédiatement opposé (§ 303). L'appendice basilaire du filet reçoit des noms divers, suivant ses diverses apparences: ceux de glandes, d'écaillés, etc., auxquels on ajoute l'épithcte de staminifères.

§ 348. Anthère (anthera), — Lorsqu'on coupe transversalement l'anthère, c'est-à-dire l'épaississement par lequel se termine supérieurement l'étamine, on reconnaît que ce n'est pas un corps plein, mais qu'il est creusé à l'intérieur {fig. 288 ; 291, 2) et rempli d'une très-fine poussière. Dans tous les exemples que nous avons cités, l'épaississement était double, et par conséquent la cavité aussi. Ou appelle loge {loculus on thèca) chaque cavité de l'anthère ; et toutes les fois qu'il s'en trouve ainsi deux rapprochées au bout d'un n)(^me

t72. Étftmine de la Bourrache [Borrago offieinalià). — /Filet porté lur la face it* terne d'uo appendice a prolongé extérieurement en oornc. — > l Logea de l'anthère.

i73. Étaroine du Zygophyllum fç^ogo. —/Filet porté sur la faue e:iterne duo ap* pendicc a.

KTAMINES. ANTIIh.UK.

(ilct, ce qui est le cas le plus gi^néral , on dit que l'anthcrc est biloculaire (anthera hilocularis ou ditheca). Il arrive quelquefois qu'elle est uniloculaire (unilocularis ou monotheca [fi y. 283, 284]^, mais beaucoup plus rarement. Enfin, il est extrêmement rare de la trouver quadriloculaire ( quadriloculdris ou tetratheca ) après qu'elle est parvenue à son état parfait {fi g. 287 , 288). Il n'est pas absolument nécessaire de couper l'antlière pour déterminer le nombre de ses loges. On le reconnaît facilement à l'extérieur, parce qu'elles forment chacune une saillie distincte, et que d'ailleurs, à la maturité, elles s'ouvrent naturellement chacun^ par un trou ou plus ordinairement par une fente, laissant ainsi s'échapper au dehors la poussière qui les remplissait, et qu'on nomme pollen.

Les loges de ranthcre figurent donc des sortes de sacs d'abord parfaitement cfos , sacs dont la forme varie beaucoup suivant les différentes plantes. Entre celle d'un globule (fig. 274) , celle d'un cylindre long et grêle, soit rectiligne {loge linéaire [fig. 275 , i] ), soit flexueux (loge vermiforme [fig, 275, 2 ; 285]), on observe toutes les intermédiaires : la plus fréquente est celle d'un ovale plus ou moins allongé [fig, 276, 277, l). Quelquefois la loge se rétrécit en

ÎT5.

«77. ÎTS.

pointe à son extrémité, l'anthère est alors at^uîr (par exemple, dans la Bourrache [fig. 272]) si les deux loges restent accolées, bicornô (bicomis), si elles «e séparent (fig. 292, 280, l) : chacune de ces cornes peut elle-même se bifurquer , et l'anthère devenir quadri" cornée (quadricomis [fig. 294]).

§ 349. Les deux loges d'une anthère blloculaire se touchent

S:4-Î85. Anthère» diverses avec le sommet du filet/. — 2 Lojçei. — e Conneclif.

t74. Aothère de la Mercuriale (Mercuiialit annua),

275. — de VJcalypha alopecuroidea. - 1 Dans le bouton. — î Dan» U fl««r

épanoaie.

176. Anthère de l'Amandier. —'Vue par devant. — " Vue par derrièrû. t77. — du Bégonia manieata.

t78. — du Poa eompr$$ia.

Î70 BOTANIOiJK.

♦quelquefois Immédiatement en s'unissant par leurs faces en contact. Elles peuvent être accolées au sommet du filet, s'appliquant alors sur son côté interne ou sur son côté externe, ou séparées l'une

de l'autre par toute son épaisseur : dans tous ces cas, on dit l'anthère adnée (adnata) au filet (fig. 277) ; mais le plus souvent ce n'est pas le filet lui-môme qui s'applique ou s'interpose aux deux loges, c'est un corps qui le continue, mais en changeant de structure, cl qu'onanomméconnectt'/'(connectît;um),parce qu'il est ainsi le moyen d'union des deux loges. Ses proportions , relativement aux loges, sont très-variables : tantôt égal à elles en longueiur, il les unit com-

t79. Anthère du Laurier-rose {Nerium oleander).

180. — du Byrsonima bieorniculata. Les loges vides au sommet se détacbeol du eonnectif sous forme de deux petites cornes.

281. Anthère de VHumiria halsami/era. Exemple de filet cilié de dents glanduleuses.

iSt. -— de la Sauge ofScinale {Salvia ojfficinalU). — If Loge fertile, pleinr de pollen. — Ig Loge stérile, vide.

tSS. Anthère uoiloculaire d'une Épacridée (Sfyphelia /«(a), vue par devant, ceveric \ et par derrière ".

1S4. Anthère de la Guimauve ( Althœa officinalù)^ avant la déhiscence.

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