‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle à l'usage des lycées, colléges, séminaires et maisons d'éducation. BotaniqueChapitre 91 sur 142 · CINQUIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

CINQUIÈME LEÇON

LEUR STRUCTURE^ LEUR ACCROISSEMENT ; LEURS DIVERSES MODIFICATIONS, GRAINE CONSIDÉRÉE DANS SES DIFFÉRENTES PÉRlODEâ

d'existence ET DE GERMINATION.

§ 408. La fécondation une fois opérée^ les organes qui y ont concouru meurent et disparaissent plus ou moins promptement. Or, ces organes sont de deux ordres: 1<> les ims essentiels: d'une part Tanthère, de l'autre le stigmate et le tissu conducteur ; 2° les autres accessoires : les filets^ qui portaient les anthères; les styles^ qui portaient les stigmates et à travers lesquels s'insinuait le tissu conducteur; enfin, les enveloppes qui protégeaient tout cet appareil : les pétales, dont nous avons plus d'une fois signalé l'analogie évidente avec les étamines, et le calice, qui en diffère bien davantage en tant que représentant des feuilles beaucoup moins modifiées. Plus les organes prennent à la fécondation une part directe, plus leur durée est passagère. Ainsi, après la fécondation, le stigmate^ le tissu conducteur, les anthères ne tardent pas à se flétrir et à disparaître. liCS styles, les filets^ les pétales peuvent persister un peu plus longtemps, mais en général ils meurent bientôt, tombent^ ou bien restent attachés à leur place. Le calice lui-même, quoique un peu plus tardivement, et si ce n'est dans quelques cas où il continue à végéter et même quelquefois à croître (§ 331], s'aiTête dans son développement et cesse de vivre, soit qu'il se détache, soit qu'on le voie persister à la manière des feuilles marcescentes. On à donné le nom d'induviœ à ces débris du calice, de la corolle, des filets, qui peuvent se montrer plus ou moins longtemps avec le fruit et qui fournissent (luehnics caractères soit pai* leur persistance môme, soit pour reconnaître les parties de K fleur et leurs rapports lorsqu'on n'a pu l'observer à son état parfait et antérieur. Le style persiste quelquefois, et c'est en général sous la forme d'uue pointe située vers le sommet du finit qu'on dit aloi*s apiculé,

314 OOTAMQl'E.

§ 409. C'est qu'à celle époque la vie s'est conceutrve daos l'ovule, où larécondalion devait EÂoutirjetdansrovaire.qui le proldge en le renrcrmont. Dès lors touR deux conUmienti croître en prenani des apparences nouvelles, de nouveaux caractères et aussi des nomj nouveaux : l'ovule devient la graine, l'oTaîre deTÎent le périearpt {pericarpium, de nipî, autour, xapicot, fruit, c'est-à-dire la partie (|uirormerenveIoppcdecelui-ci),etleuren3embleeonstitucte/riiii. En géniSra), leur vie et leurs développements sont intimemenl liés, et les graines venant à avorter, le péricarpe ne se développera pas; le péricarpe avortant, les graines se flétriront. On peut, cependant, citer quelques cas eiceptionneh dans lesquels ou les graines mûrissent sans péricarpe, ou au contraire t'avortement des graines, loin d'arrêter le développement, semble le Tavuriscr, comme dnni les Bananes, l'Arbre à pain, etc. Leurs variétés qu'on mange el dont le Truit devient si charnu et si succulent, ne produisent yèt de graines fécondes ; et, lorsque celles-ci se dévdopponl, la chair du fruit perd d'autant en épaisseur et en sapidité. On observe, au reste, quelque chose d'analogue dans les fruits de nos vei^crs, «1 les sauvageons présentent, en général, un développement de la graine beaucoup plus grand par rapport k celui du péricarpe.

§ 4iO. Mais prenonsle cal ordinaire et normal, celui gùles deu développements marchent concurremment, et examinons d'abord les changements qui s'opèrent dans l'ovaire. Ceux de l'ovule et si structure nous occuperont ensuite.

Rappelons d'abord la structure du carpelle, qni est celle d'une feuille repliée on contournée sur elle-même, dont les bords seunt •rd' soudés ensemble, de telle sorte qu'il offre une surface intérieure correspondant à une cavilé, et une surface extérieure, revêtues chacune parleur épiderme, et, entre cesdcux couchci d'ëpiderme, un parenchyme parcouru de b<u en haut par des faisceaux Qbro-vasculaires. On peut donc y reconnaître trois couches : l'épiderœe extérieur {fig. 365, e), ou épkarpt {epicarpiam, d'iiti, sur); le parencbjnie intermédiaire {fig. 36^, m], oa mésocarpt {mesocarpium, de y.iiKi, qui est au milieu); l'cpiderme intérieur [fig. 363, n], ou endocarpe [endocarpiitm A'i'Sii, en dedans). L'ulililé de ces noms différents résulte du développement difféi-ent que prennent souvent CCS parties dans celui du fruit,

St9. PirlK intetieme du cirpetk ou fanue de l> Fètc de ■•mit [Fêta infm), toupet ifUHErulciocDl pour fvrc Tolr la uomiHitilivB ia firittift. — > ïpicupc m

§ 411. .Tantôt le pdricarpe, en se développant, conserve sa ressemblance avec la feuille, comme, par exemple, dans le fruit si connu du Baguenaudier : on le dit alors foliacé ou herbacé. Tantôt cette ressemblance s'efiface plus ou moins complètement par la couleur et la consistance différente que prennent une ou plusieurs des trois cx)uches. L'extérieure (épicarpe), celle qui forme ce qu'on appelle le plus souvent la peau du fruit, conserve en général son apparence épidermique, quoique épaissie souvent par Taddition d'uii certain nombre de rangées cellulaires. Le mésocarpe prend fi*équeniment un développement tout à fait différent du parenchyme de la feuille, et se change en une chair plus ou moins succulente, plus ou moins épaisse ; c'est ce qui avait engagé Richard à proposer, pour cette couche moyenne, le nom àesarcocape {sarcocarpium, deaap^ aapx?;, chair, pulpe), nom qui, d'après son étymologie, ne convient pas aux fruits herbacés, et qu'en conséquence il vaut peut-être mieux ou abandonner tout à fait ou appliquer seulement aux fruits charnus. L'endocarpe reste quelquefois à l'état^'une fine membrane tapissant la surface de la loge ; mais d'autres fois ses cellules s'encroûtent d'une matière ligneuse, et souvent alors celles de la portion voisine du mésocarpe éprouvent une modification analogue, de telle sorte qu'on a autour de la cavité du péricarpéline enveloppe plus ou moins épaisse, plus ou moins dure : c'est elle qui, dans beaucoup de fruits, forme ce qu'on appelle le noyau (pvtamen).

§ 412. Ëclaircissons l'exposition précédente par quelques exemples bien connus. Dans une Cerise, un Abricot, une Pêche, la peau est l'épicarpe ; la partie qu'on mange, le mésocarpe ou sarcocarpe ; le noyau, l'endocarpe. En ouvrant celui-ci^ on trouve à l'intérieur une amande, qui est la graine. Dans le fruit de l'Amandier, en dehors de l'amande, on trouve l'endocarpe sous la forme 4'une coque mince et cassante, que revêt un mésocarpe à chair coriace, verte et mince. Dans celui du Noyer, la Noix est la graine enveloppée de son endocarpe ; l'enveloppe verdâtre et fibreuse, dont on s'est débarrassé en l'écalant et qu'on connaît sous le nom de 6rou, est le mésocarpe avec son épiderme. C'est donc la graine de ces deux derniers fruits qu'on mange en rejetant les péricarpes ; tandis qiie dans les premiei's on mange une partie du péricarpe en rejetant l'endocarpe et la graine. Ils résultent tous d'un carpelle simple. La Poire, la Pomme résultent, au contraire, d'un ovaire composé et adhérent ; leur peau ou épicarpe était donc l'épiderme du calice confondu avec l'ovaire ; leur chair est le mésocarpe, et leur centre est occupé par

épiderme extérieur. — m Mésocarpe. — n Endocarpe. — sd Suture dorsale — tv Suture ventrale. — g Uue graine située à la bauleur de ia section,, et coupée de même trausversalement.

cinq petites cavités renfermant les pépins ou graines et tapissées d'une couclie écaillcuse qui est l'endocarpe. Celui-ci, dans la Nèfle, prend un développement beaucoup plus grande celui d'un noyau: on y trouve donc cinq noyaux correspondant avec cinq loges {fig. 378). Dans d'autres fruits la démarcation est loin d'être aussi nette : dans le Melon/ par exemple, c'est le mésocarpe qui varie de l'extérieur, où il conserve une couleur verte et une saveur acerbe, àrinténeur, où itl prend une autre couleur avec la saveur sucrée, tandis que les traces de l'épicarpe et de l'endocarpe sont à peine visibles. Lipeau de l'Orange est la réunion de son épicarpe et de son mésocarpe; la mince membrane qui tapisse les quartiers est Tendocarpe, et ces quartiers eux-mêmes forment autant de loges remplies d'un tissa additionnel (§419) qui est la partie qu'on mange en rejetant le véritable péricarpe. Les divers exemples que nous aurons occasion de citer dans la suite viendront s'ajouter aux précédents pour montrer la diversité des pailles qui donnent aux fruits leurs saveurs, leun propriétés, leurs applications diverses.

§ 413. L'union des deux bords soudés de la feuille carpellaire est souvent indiquée pai' luie ligne extérieure, par un sillon, lorsque ces bords se sont un peu réfléchis vers la cavité de la loge. On peut rt)bserver sur beaucoup détruits produits par un carpelle simple, sur celui du Baguènaudier, par exemple, sur rAbricot,la Prune,etc.; et non-seulement sur leur surface externe, mais jusque sur le noyau, dont tout le bord correspondant est creusé d'une cannelure plus ou moins profonde.Le nom de sutursyi^av lequel on a désigné cette trace, prouve que dès longtemps on a reconnu sa véritable origine, puisque ce mot indique que deux surfaces séparées ont été réunies, comme cousues ensemble. Mais la feuille repliée en carpelle peut, outre cette ligne correspondant à la réunion de ses bords, et par conséquent comme eux regardant toujours l'axe de la fleur, en présenter une autre correspondant à sa nervure moyenne et regardant au contraire en dehors. On a donné également à cette seconde ligne le nom de suture, et comme dans le carpelle et la graine on appeUc dos ou face dorsale celle qui est tournée en dehors, ventre ou face ventrale celle qui est tournée en dedans, on a distingué dans le premier une suture dorsale et une suture ventrale.

§ 414. 11 est clair que les sutures dorsales peuvent seules paraître à la surface des fruits multiloculaires à placentation axile, puisque les ventrales s'y trouven^cachées et modifiées dans l'épaisseur môme du fruit. Mais si leur placentation est pariétale (§ 394), ou centrale (§ 395, 396), les bords des carpelles se trouvant reportés vers la périphérie, leurs sutures le sont également et peuvent se voir alors à l'extérieur. '

FRUIT. in

§ 415. La siiliiro, examinée avec attention, parait formée par la réunion de deux faisceaux accolés qu'on sépare assez facilement Tun de l'autre en introduisant et promenant entre eux une lame Gne. Cette séparation se fait spontanément dans beaucoup de fruits à une certaine époque , soit sur la suture ventrale , soit sur la dorsale , soit sur toutes deux à la fois. Il en résulte alors que le péricarpe se trouve séparé en plusieurs pièces dont le nombre doit^ dans les cas réguli^rs^ être en général égal à celui des loges ou double. Ces pièces sont appelées des valves (valvœ), et Ton dit, d'après les nombres, que le fruit est univalve (fig. 372), bivalve {fig. 373), trivalve^'muUivalve {uni-bi-trûmultivalviSy etc.).

§ 416. Nous venons de voir plusieurs des changements que peuvent subir les parties de l'ovaire en passant à l'état de péricai-pe ; mais nous avons supposé jusqu'ici toutes ses parties se développant régulièrement, ce qui n'a pas lieu constamment, tes diverses parties de l'ovaire peuvent se moditier de telle sorte qu'on ait peine à les reconnaître dans le fruit parvenu à sa maturité. Les loges , les graines qu'elles renferment et leur placentation , les cloisons qui les séparent, présentent souvent des modifications qu'il importe d'étudier.

Des carpelles qui, soit libres, soit soi^dés, composaient le pistil, plusieurs avortent souvent, dételle sorte qu'on ne les retrouve plus en même nombre dans le fruit. Lesavortements ont quelquefois lieu avec une grande régularité et se lient presque toujours à celui des ovules. Ainsi Tûvaire du Frêne offre deux loges, renfermant chacune deux ovules à placentation axile; mai s les deux ovules dans une loge, et un ovule dans l'autre , ne se développent pas ordinairement ; le seul qui mûrit repousse aJors la cloison (fig.dSi ), qui vient s'accoler contre les parois, de manière que la seconde loge s'efface et qu'on ne trouve définitivement qu'une seule cavité renfermant une seule graine^attachée sur son côté, et non plusà l'axe. Le Marronnier d'Inde avait un ovaire à trois loges contenant chacune deux ovules fixés à l'axe {fig. 406), et, par des avortements analogues, son fruit n'a plus en apparence qu'une seule loge avec une grosse graine unique. Nous nous contenterons de ces deux exemples, qu'il serait facile de multipliei . D'autres fois les avortements ne marchent pas aussi régulièrement, et, parmi les fruits d'une même plante, tous n'offrent pas exactement le même nombre de loges et de graines, suivant que tel ou tel ovule a ou n'a pas échappé à la fécondation. C'est donc dans l'ovaire qu'il faut étudier le nombre et la disposition des carpelles et des ovules, qui peuvent plus tard être dissimulés par ces développements inégaux ou irréguliers, et n.asquer ainsi la vraie symétrie des parties de In fleur.

§4l7.Lesc1oi9onB sont aussi plus ou moingproronddmcnt modtliées pendant lamaturationdurniit. D'après leur origine organique, ullcs devraient être formées de deux lames accolées, et chacune de ces lames, de trois couches représentant celles du péricarpe, telles qu'onles observe sur les càLésd'un carpelle libre. Mais ces lunes, dans le thijt multiloculaire, pressées d'une part l'une contre l'antre, de l'autre par les graines qui remplissent les loges', n'ont pasie libre développement de leurs couches , dont une ou deiu ■'atrophient en partie. La plus interne, l'endocarpe, se développe le plus souvent seule et même se soude intimement dans les deux laînes accolées qui se conrondent ainsi en une seule. Quelquerois elles restent distinctes, et même une petite couche de mésôcarpe s'interpose entre elles ; mais l'épicarpe j disparait, aa persistant que sur la lace dorsale Ubi'e du carpelle, et revêtant ainsi seulement la partie eit^ rieure du fi-uit : c'est ce qu'on peut aisément constater sur celui du Bicin, de l'Euphorbe ou de la Mauve. Les cloisons, quelquefois n!duîtes à l'étatd'une mince membrane, peuvent dansquelques finit» se détruire en toutou en'pai-tie avant la complète maturité, et nous avons déjà vu (§ 39S) que cette destruction, arrivant k une époque très-an lérieure, dans l'ovaire encore trèsjeune , détermine la plac^tation centrale

§ 418. Dans un petit nombre de Ihiils, on observe des changements tout contraires, par suite du développement que prennent les cloisons. L'ovaire du Tribulits est à cinq loges , et , dans l'intérieur de chacune , on voit déji h paroi former de petits replis ( jig. 366, c ) qui s'avancent un peu entre les trois ou quatre ovules qui s'j trouvent contenus. Il' continuent à s'avancer de plus en plus d'arrière en avant k mesure que le fruit mdrit, et finissent par gagner le cAté opposé de la logt et s'interposer entre les graines comme autant de cloisons Innsversales, si bien que chaque loge se trouve déCnitivement divisiie en autant de loges secondaires placées les unes au-dessus des autres (/îj. 367). Dans les fruits de plusieurs Légumineuses (dans li Casse en b&ton, par exemple), on observe une suite de divisions analogues: c'est ce qu'on appelle da faussa loge» et de fausse» doi-

UT. Vue luge d'un earptll« mdri du mliae, coupii de mépi* |wur 1* mautrdr partMtt* MF dei cloiioDi irtnmrMl» e es logeit«. dam I'udc dcHiuilln on • liiua

sons, et on les reconnaît facilement^ dans ce cas, à l'horizontalité de ces cloisons et à leur formation postéiieure à la fécondation. Mais on conçoit que ces prolongements ou replis de l'endocarpe peuvent être aussi parallèles aux véritables cloisons^ ce qui a lieu, par exemple, dans les Astragales, où chaque carpelle se trouve ainsi subdivisé en deux. Ces fausses cloisons verticales, plus difficilement reconnues, peuvent l'être néanmoins par leurs rapports de position avec les styles, et parce qu'elles ne portent jamais les graines, et surtout par l'étude du pistil jeune.

§ 419. Les loges se remplissent quelquefois d'ime matière pulpeusequi enveloppe alors les graines comme nichées dans son épaisseur (seminanidulantia); elles paraissent donc pleines, et leur cavité s'cfiface, ainsi que leurs cloisons, de telle sorte qu'il n'est plus aussi aisé de constater la situation des parties. C'est encore dans l'ovaire qu'il convient de la rechercher, etl'on peut^ de plus, suivre ainsi la formation de la pulpe. Ainsi, dans les Aroïdées, on voit que c'est le tissu conducteur même qui pullule au delà de son canal dans Tintérieur de la loge. Dans l'ovaire de l'Oranger on observe dans chaque loge les ovules attachés à l'angle interne; tandis que, sur la face opposée, la paroi est toute couverte de petites vésicules ou cellules allongée? et verdâtres, qui, se multipliant, encombrent peu à peu la cavité entière, changent de couleurf se gprgent de sucs sapides, et constituent ainsi le tissu qu'on mange dans l'Orange. Dans tous les fruits dits pulpeux, ce sont toujours des cellules ainsi gorgées qui remplissent la loge; mais tantôt ils dépendent du péricarpe, comme dans le cas précédent; tantôt de la graine, comme dans les Groseilles et les Grenades.

§ 420. Enfin les placentas montrent aussi divers changements dans le développement du fruit; c'est naturellement par celui des vaisseaux et du tissu cellulaire qui constituent le système nourricier des graines. Une portion reste fixée aux parois de la loge, sur lesquelles elle forme quelquefois une saillie assez considérable ; une autre portion se détache de cette paroi pour constituer autant de prolongements qu'il y a de graines, et destinés à les porter. Ils ont souvent la forme d'un petit cordon, ce qui leur a fait donner le nom de funieule (funicultis). On a proposé celui de podospertne (de treu; ffc^âc pied, et de 97ccpp.<x, graine], qui est usité par plusieurs auteurs, et les mêmes changent celui de placenta en Irop/^osperme ^de Tpc<fo;, nourricier).

§ 42i . Nous avons jeté un coup d'oeil sur les principaux changements qui s'opèrent dans l'ovaire depuis la fécondation jusqu'à la maturité du fruit. Quand on réOéchit à la diversité des modificationi que présentait déjà l'ovaire observé dans l'immense variété des vi

gëtaux, et qu'on les voit se combiner avec des modifications bien plus nombreuses encore que peut lui imprimer son développemeat en ùniit; quand on le voit conserver dans les uns presque le même volume et )a même consislance, dans les autres acquérir une forme, un volume^ une consistance tout à fait hors de rapport avec l'état primitif; quand on se rappelle^ par exemple^ que la Groseille et le Potiron ont leur origine dans des ovaires à peu près égaux et semblableSy on conçoit les différences multipliées et tranchées que les fruits divers peuvent off'rir dans leur apparence et dans leur structure; on en a en conséquence distingué beaucoup de sortes et l'on a inventé beaucoup de noms pour les dé»gner. Mais, même en les admettant tous, de nombreuses, modifications échappent encore à ces noms et à leurs définitions , et sans cesse on est obligé d'y ajouter des explications , des phi'ases descriptives, pour bien faire connaître le fruit dont on parle. Or, puisque les noms ne sont adoptés que pour éviter ces descriptions à l'aide d'un seul mot préalablement bien défini, et qu'ici ils n'en dispensent pas le plus souvent, il paraît plus sage de ne pas les multiplier autant et de se borner à ceux qui désignent les modifications les plus générales et les plus constantes du fruit. C'est du moins ce que nous ferons dans la classification que nous allons exposer.

§ 422. Nous savons déjà qiA les fruits, comme les ovaires, sont formés de carpelles ou indépendants les uns des autres, ou réunis en un corps unique. De là une première division en fruits apocarpés {fructus apocarpi, d'airo, qui indique la séparation) et syncarpés ( syncarpi , de auv , qui indique la réunion ]. Nous savons , de plus, que le péricarpe peut conserver sa consistance mince et foliaci^, ou se renfler en une masse plus ou moins épaisse et charnue. Dans ce dernier cas, l'enveloppe ainsi épaissie ne se divise pas à la maturité; cen'est qu'en se détruisant, en se fendant irrégulièrement, en pourrissant ouse flétrissant, qu'elle finit partivreruupassageaux graines contenues. Dans le cas même où elle est foliacée, elle peut continuer à rester close ; mais souvent alors, au contraire, soit par le décollement des suturesdont nous avons parlé précédemment (§415), soit par la rupture , beaucoup moins fréquente et moins régulière , de quelque autre point de sa surface, le péricarpe une fois mûr s'ouvre naturellement, et les graines se trouvent ainsi en rapport avec l'extérieur. On distingue donc les fruits qui ne s'ouvrent pas, ou indé^ hiscents, soit charnus, soit secs ; et les fruits qui s'ouvrent d'euxmêmes à la maturité, on déhiscents. Cette déhiscence, lorsqu'elle a lieu le long des sutures, peut se faire ou par les deux sutures à la fois, ou seulement par I^une des deux, et séparer ainsi chaque carœlle en dem^ ou en une seulç vs^ve. Enfin^ chaque carpelle ou loge

FUUITS APOCARPÉS. ••^?1

peut être monospermey c'est-à-dire renfermer une graine unique ; oHgospermey ou en renfermer un petit nombre ;poly sperme , c*csl-àdire en i-enfermer un plus grand nombre. Ce sont ces différents caractères dont la combinaison a servi à définir les diverses classes de fruits proposées par les auteurs^ qui l'ont employée^ les uns dans un ordre , les autres dans un autre. Nous adopterons ici celui dans lequel nous venons de les énumérer.

A. FRUITS APOCARPÉS.

a. Indéhiscei^ts.

§ 423. Les uns ont im péricarpe charnu et un endocarpe durci en noyau ^ et sont ordinairement monospermes ^ soit que dans l'ovaire il n'y eût qu'un ovule, soit que de deux l'un ait avorté. Cest ce que l'on appelle une dfrupe (drupa), dont la Cerise, la Prune, etc., nous offrent des exemples familiers. Les fruits de l'Amandier, du Noyer, n'en sont que de légères modifications , marquant le passage aux fruits suivants.

Ceux-ci ont un péricarpe beaucoup plus mince et sec ; et dans lequel la consistance de Tendocarpe et cni mésocarpe n'offre pas une différence aussi tranchée. Une graine unique remplit la loge, avec les parois de laquelle elle peut se trouver dans deux rapports différents. En effet, le plus souvent elle ne lui adhère que par son point d'attache, son funicule; et alors on àimachaine (achenium, d'à privatif et x*î*«^ s'ouvrir [fig 368]). Mais d'autres fois la graine en se développant se soude aux parois de l'ovaire qui l'enveloppe , de telle sorte que le péricarpe, semblant faire partie de ses téguments propres, disparait en apparence. Ce fruit, qu'on a nommé cariopse (cariopsis)y a longtemps porté le nom de graine nue , qu'on étendai^t même à beaucoup d'achaines, en croyant que le tégument du fruit appartenait à la graine qu'il enveloppe immédiatement. Mais on est averti de la virité, et par la présence du style, qui naît de ce tégument et ne peut partir que d'un ovaire, ou par Tétude de celui-ci dans lequel la séparation de l'ovule avec les parois de la loge est encore bien manifeste . Citons comme exemple de cariopses le fruit des Graminées (comme le Blé, l'Avoine [fig, 480], le Seigle [fig. 369], le Maî^, qui est ce qu'on connaît vulgairement sousle nom de grain . Le péricarpe très-mince et la membrane de la graine intimement unis lui forment une enveloppe en appai»ence unique, et qui constitue le son lorsqu'on la détache en ht déchirant par le broiement. Les carpelles de la Bourrache et autres Borraginées {fig. 337), ceiu des Rc-

nonculesf/fff. S86), des Roses (y!^. 333), sont des achainesdlTenemcBl groupes dans ces difTdrentes plantes. Ceux des Composées {fig.SWi eu sontaussi, mais un peu diiTérents par leur périsarpeadhérentau

calice et non libre. Quelques-ims peuvent servir de transition un caiiopses, parce que leur graine se soude par places à la paroi du b loge. On appelle quelquefois utricule (utn'cufus) un achaine à paroi Irès-miace et comme membraneuse. Supposons que le péiicarpe s'amincisse au delà de la loge en unelame membraneuse, où ilcst

presque réduit à un repli de son épicarpe : on aura une samare. Ce

tW. Du eviopte d* Seigle (Seenle c ITO. FiMil d'un Érible [Acirpttido,

coni|ioté ie deui ur^rieure répond . — »Sljl*()*r.i

FIIUITSAPOCARl'ES. 3î3

ii^i WDible prolonger tantdt la nervure médiane de la Teuille cai*pellaîrc, tantôt scfruervures latérales, et Tonner ainsi une nile tantôt dorsale {fig. 370), tantôt mat^inale (Jig. 371).

h. Déhisceitts.

§ 42*. C'est lorsque le carpelle s'ouvre seulement par sa salr.TZ ventrale qu'il justifie le mieux par son apparence l'origine que nous lui avons assignée, celle d'une feuille pliée sur elle-même; sen nom de follicule {follieulus] larappelle, et cependant il était adopté longtemps avant qu'on songeât à cette théorie. On en trouve de nombreux exemples dans les thiUs des Renonculacées (comme l'Hellébore [/iq. 372], l'Ancolie, les Delphitâum, etc.), d'Asclépiadécs {Jig. 662), d'Apocjnées (comme la Pervenche), etc. Le carpelle qui, s'ouvrantpar ses sutures ventraleetdorsale, sesépai-eende'ixval- Tes, est, s'il contient un très-petit nombre de graines (en général ut>eoudeui],uncco9ue(coccum], à endocarpe ordinairement ligneux ou crustacé {exemple : la Fraxinelle). S'il contient un plus giand

i^^. Un (ollieule iiDli de rgetlibore ttaet. — «JSulondofule. - w SuIum .eotHle. S7S. Gquu* d* p«Bl Poif (Pùhih wriBiiiii). ouïtrle.—

324 BOTANIQUE. JV

nombre de graines attachées le long de sa suture interne^ c'ailvie

gousse oulégume [Icgumen), qiii a donné son nom àla grande fendlk des Légumineuses (exemples: le fruii du Haricot^ de laFèvëèB marais, du petit Pois {fig. 373], etc.), laquelle présente cependant quelques exceptions où le péricarpe reste clos au lieu de se sépam en deux valves. D'autres offrent cette structure singulière que la gousse, au lieu de s'ouvrir dans toute sa longueur, se rétrécit de distance en distance et finit par se séparer en autant d'articles dont chacun renferme une graine. Ce csurpelle, ainsi coupé de doisons transTOireales qui se dédoublent en se désarticulant, rentre dansceux que nous avons appelés à fausses loges (§ 408), et est dit lomeïïtaci (lomentaceus), ou substantivement lomentum (exemples : celui des Sainfoins [fig. 374], des Coronilles, etc.).

§ 425. Rappelons que dans un fnrit apôcarpé, ainsi que daos la fleur où il était à l'état d'ovaire,ilpeut y avoirun seul carpelle(comroe dans les Légumineuses, le Pi'unier,le Cerisier, etc.), ou qu'il y çna plusieurs, et que ceux-ci peuvent alors être disposés soit en cercle ou verticille sur un même plan (par exemple, dans la Fraxincllc [fig, 339 J, le Spirœa, rilellcbore, etc.), soit à des hauleiu-s dillërciites, sur un torus élargi^pu creusé en vase (comme dans le Rosier [fig. 333], le Calycanthus, etc., ou au contraire allongé en axe (comme dans le Myasurus, la Renoncule [fig. 586], le Fraisier, le Magnolia, etc.). Dans tous ces dferniers cas, l'agencement spiral de ces carpelles s'aperçoit assez nettement, et rappelle celui des fleiu^ dans un épi ou un capitule. On peut donc le décrire brièvement d'après cette apparence, en disant, par exemple, drupes, ou achaines, ou coques, ou plus généralement carpelles en épi, en tête (carpella spicata^capitulata). Ces désignations au moyen d'un petit nombre de mots appropriés à chaque cas particulier sont préférables aux noms uniques qu'on a proposés pour quelques-uns de ces cas.

B. FRUITS SYNCARPÉS.

§ 426. Dans ces fruits, formés pai* la réunion de plusieurs car pelles soudés ensemble, on doit noter avec soin la placentation,qiii est susceptible des diverses modifications déjà décrites dans l'ovaire (§ 393, 394), c'est-à-dire axile, centrale ou pariétale.

Les faces latérales des logos ou carpelles qui forment les cloisons, en s'avançant de dehors on dcdans,peuvcnt changer do direction etst» replier de côte ou de dedans on dehors. Elles forment aloi's une saillie dans rintorieiu' de la loge, et le placenta qui les borde est dit saillanl {promineiis), d'iiutant plus que, dans ces cas, il se présente le plus ouvrent sous la forme d'une masse épaisse tenant aux parois delà

FRUITS SÏNCAnr-lîS. SÏ6

> par unu laniu |ilua ou moins large. La cloison en se nffldchi»sanls'cjild<jdi)ublûe;desdetixrucescnr|>ellaire», ou lames par l'accAlgmciil desipiellus elle ëtait formée, cliacuae s'est rùfli^hie 'tans la loge à laqucllSielle appartient primitivement ; de telle sorle que chaque placenta parait souvent alors double on bilanielli! (bilameltala). Si le? cloisons se dévient ainsi avant d'être arrivées jusqu'à t'axedufruit ifig. 3 \i), la placentation esl née essai cerne ni pariélulc ; mais rrequcmment elles s'avancent jusqu'à l'aie, et de là se reliéchinent en sens contraire, reportant ainsi le placenta qui les borde lune distance plus ou moins grande de l'aie (^!7. 341); mais, comme en s'en écartant c'est toujours par là qu'il tient aureste du péricarpe, en doit le considérer alors comme axile. I.cs deui cdtésd'un même carpelle, en se repliant ainsi, convergent nécessairement l'un vers l'aulre, se l'enconli'cnt, et, le plus ordinairement, se soudent. Si les parties rêlléchics restent conii>lélcmenl soudées, le placenta paraîtra simple; si elles ne se soudent que dans une petite étendue et divergent de nouveau, il paraîtra double ou bilamellé.

§ 437. L'aie est souvent une ligne purement idéale, suivant la* ipielle se rencontrent et se loucitent les angles internes des car pelles.

Hais d'autres fois il existe bien réellement, conliiiuoiit et lerminanl l'aie de la llciir au delà de l'insertion des carpelles, aux angles desquels il s'interpose en les liant entre eux. Il est formé alors par <lii ■ issu cellulaire que parcourent des faisceaux vasculaires, qui se distribuent tiint BU péricarpe qu'aux placentas. Il s'épuise ainsi en

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^ élevant^ et cesse^ en général^ au-dessous derinsertîon des styki; inais^ dans quelques cas rares^ on le voit se prolonger même auddà et s'interposer aux styles comme il s'est interposé aux carpelles :

c'est ce qui a lieu, par exemple^ dans les Géranium, dont le fruit {fig. 377), à la raatiirité, montre ses cinq carpelles et leurs styles se déta- . chant de bas en haut d'un long axe pyramidal auquel ils étaient ainsi accolés. Les Malvacées (fig. 375), les Euphorbiacées {fig, 376, 391), etc., offrentdesexemplesd'axestrès-développés^mais terminés vers la naissance des styles.

§ 428. Passons maintenant à l'énumératioQ des diverses sortes de fruits syncarpés les plus communes, en les divisant, comme les apocarpés, en deux catégories, suivant qu'ils ne s'ouvrent pas ou qu'ils se séparent spontanément en plusieurs pièces à la maturité. Les premiers peuvent être également charnus ou secs.

a. Indéhiscents.

Ils sont généralement désignés par le nom de baie (bacca) : on se contente de ce mot si le péricarpe est charnu ; on y ajoute lëpitliète de sèche s'il est de consistance foliacée ou ligneuse.

La baie peut provenir d'un ovaire libre (par exemple, dans les Solanum) ou adhérent (par exemple, dans les Groseilliers) ; à placentation axile, comme dans les premiers ; ou pariétale, comme dans les seconds; ou centrale, comme dans les Ardisia. Plusieurs modifications ont reçu des noms particuliers. Nous avons déjà parlé (§412) de la pomme {pomum), fruit du Pommier, du Pohner et autres Rosacées, à chair épaisse, revêtu par le calice adhérent etjcouronné par son limbe desséché à l'endroit qu'on appelle œil; de l'hespéridie (hesperidium), fruit de l'Oranger, du Citronnier et d'autres arbres de la même famille, libre, à loges remplies de vésicules succulentes, tapissé par un endocarpe membraneux, le tout entouré d'une écorce ou peau plus ou moins épaisse. On a appelé péponide {pepo) celui des Melons, Potirons, Courges et autres Cucurbitacées à chair épaisse, laissant au centre une cavité sur lesparoisdc laquelle sont nichées les gi'aines; nuculaine (nucula), le finiit formé par la réunion de plusieurs drupes, présentant, par conséquent, vers le milieu de son

377. Fruit du Géranium sanguineum, — c Calice persistant. — a Aie. ~ / / La styles qui lui étaient accolés d'abord et qui s'en sout détachés en emportant avec eu \ ovaires 0 o.— < Stigmates.

FRUIT. DÉinSCKNCE. Sï'

('pafssenr, autant de noyaux (pyreiuc], et qui peut provenir d'un ovaire libre, comme dans le Houx; ou adhérent, comme dons In Nèfle {pg. 378). Quelques auteurs nomment cette dernière modification pomme ii noyaux, et pomme & pépins celle dont nous avons parlé plus haut. On peut, au lieu de nuculaine, dire tout bonnement drupe à plusieurs noyaux, en Indiquant le nombre de ceux-ci. On conçoit que les noyaux d'un nuculaine peuvent se souder entre eux, de telle sorte qu'on en trouve un seulaucentre,etquc le fruit ne diffîîre pas, en apparence, de la diupe telle que nous l'avons définie. Il mérite cependant d'en être soigneusement distingue, en tant que provenant d'un ovaire composé, et non d'un carpelle simfde ; et c'est ce qu'on indique en décrivant alors une dmpe A nojau midliloculaire (par exemple, dans le Cornouiller |;fg.379])-

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