ÉTAMINE — DÉVELOPPEMENT
Nous avons vu, dans le principe, le tissu de l’anthère homogène (§ 451) : les cellules qui le composaient offraient toutes à peu près la même forme et les mêmes dimensions [fig. 328). Un peu plus tard, ce tissu semble se détruire à plusieurs places situées à une certaine distance de la périphérie, et de sa destruction résultent autant de lacunes, d’abord étroites et linéaires, puisdeplus en plus élargies. Ces lacunes sont, en général, au nombre de quatre, deux pour chaque moitié de la masse totale de l’anthère, moitié qui constitue définitivement une loge. Un fluide mucilagineux, formé sans doute aux dépens du tissu détruit, remplit les lacunes, etbientôton levoits’organiser lui-même en cellules [fig. 329 et 330) : les extérieures, plus
328. Tranche horizontale d'une anthère de Cucurbilapppo, prise dans un bouton qui n’a encore que deux millimètres de long.
329. Tranche horizontale de la même, dans un bouton un peu plus avancé. — ce Couche extérieure des cellules qui forment l’épiderme. — ci Couche intermédiaire de cellules sur plusieurs rangs, dont la plupart seront résorbées. — Logettes remplies par un tissu à cellules beaucoup plus grosses up, et qui sont un premier état des utricules polliniques, tapissées par une couche de cellules plus petites cp.
330. Tranche horizontale 'de la même, encore plus avancée. Mêipo signification pour les mêmes lettres.
3ô2 BOTANIQUE.
petites (cp), dont la couche s'étend en paroi sur toute la surface delà lacune, que nous pouvons nommer loyetle ( locellus ); les intérieures (wp), beaucoup plus grandes, non-seulement que celles qui viennent de se former en même temps qu’elles, mais aussi que toutes celles qui préexistaient. On leur a donné le nom ù'utricules polliniques, ou cellules-mères du pollen, parce que c est dans leur cavité que ce pollen va se former. En effet, ces utricules ne tardent pas à s’obscurcir par la présence de nombreux granules qui se ramassent peu à peu en une masse ( fi g . 331, 1), laquelle se divise ensuite en quatre noyaux séparéspar une matière liquide qui remplit l’intérieur de l’utricule et se solidifie peu à peu ( fig . 331, 2). Cette solidification s’établit, en général , de la périphérie de l’utricule pollinique vers son centre; et l’on voit, par conséquent, des cloisons s’avancer graduellement de l’extérieur vers l’intérieur, jusqu’à ce qu’elles se rencontrent au centre et divisent ainsi en quatre la cavité primiti— ,3). Chacun des noyaux granuleux ainsi isolés se revêt d’une membrane propre et continue'à croître ( fig . 331, 4 ) : à mesure qu’ils augmentent, les parois et les cloisons de l’utricule, qui auparavant étaient épaisses et succulentes, s’amincissent, au contraire, graduellement, et à tel point qu’elles finissent par disparaître, et que les noyaux des divers utricules d’une même logette se trouvent libres dans sa cavité : or ces noyaux ne sont autre chose que les grains de pollen {fig. 331 ,6). Nous observons ici ce mode de multiplication du tissu
331. Développement du pollen dans le Gui ( l’iscum album). — 1 Deux utricules polliniques remplis par une masse granuleuse. — 2 Apparition de quatre noyaux . Il dans cette masse. — 3 Séparation en quatre masses correspondant chacune à un I noyau ou à un nouvel utricule. — 4 Utricule pollinique où ces utricules intérieurs I sont déjà désunis. — 5 Deux de ces derniers on jeunes grains de pollen retirés * H de l’utriculc-mère. — 6 Les grains de pollen à l’état parfait.
ement simple de l’utricule [fig. 331
EXAMINE. — POLLIùN.
cellulaire que nous avons signalé précédemment (§ 325), par la formation de plusieurs utricules nouveaux dans la cavité d’un utriculc-mère. Les grains de pollen ne sont eux-mêmes qu’autant d’utricules, remarquables par une forme et une structure particulières, et parce qu’au lieu de rester unis entre eux en un tissu continu ils deviennent définitivement indépendants les uns des autres, de maniéré à constituer une sorte de poussière.
L’accroissement des grains du pollen, à mesure qu’ils se développent ainsi, semble se faire, non-seulement aux dépens des utricules polliniques dont la substance est peu à peu résorbée, mais aussi aux dépens des autres cellules, dont les couches, plus nombreuses dans l’origine ( fiy . 329, 330, ci), finissent, en conséquence de la résorption des plus intérieures, par se réduire à un très-petit nombre, deux, trois ou quatre ; la plus superficielle (ce) constituant l’épiderme de l’anthère, les plus profondes son enveloppe de cellules fibreuses. La métamorphose qui donne a celles-ci leur forme définitive s'opère très-rapidement, presque subitement, vers le moment où les grains de pollen arrivent à leur état parfait ; de sorte que la déhiscence a lieu presque en même temps.
Dans cette destruction graduelle du tissu cellulaire des parois de l’anthère , la partie interposée aux deux logettes s’est amincie elle-même progressivement, et n’établit plus entre elles qu’une faible cloison dont le bord extérieur vient aflleurer la ligne de déhiscence. Au moment où celle-ci a lieu, les deux logettes se trouvent donc communiquer ensemble, et forment ainsi une loge de l’anthère, au fond de laquelle la cloison primitive ne se montre plus que comme un court repli plus ou moins apparent [fnj. 310). On comprend que si l’anthère ne â’ouvre pas par une fente dans toute sa longueur, mais seulement par un porc à son sommet, cette cloison pourra ne pas se rompre et continuer à séparer les logettes : c’est alors que l’anthère sera dite quadriloculaire ( fig . 315). La plupart le sont dans le principe, et chaque loge résulte réellement de la confluence de deux, d’abord et long-temps distinctes. Le nombre quaternaire persistant des loges n’est donc qu’une légère modification du cas le plus général.
§ 454. Pollen. — Nous avons dit que la matière des utricules polliniques disparaît complètement par résorption et que, par suite, les grains du pollen se trouvent libresdans les cavités de l’anthère : c’est le cas le plus ordinaire; mais cependant quelquefois on rencontre des traces plus ou moins évidentes de l’état qui a précédé. Ainsi, dans les anthères desOnagraires, on trouve les grains mûrs encore
incomplètement liés par une foule de filaments visqueux, qui ne sont autre chose que les restes de la substance des utricules polliniques incomplètement résorbée. Une disposition analogue s’observe dans le pollen de beaucoup d’Orchidées, dont les grains sont réunis en plusieurs masses par une matière qui reconnaît la même origine, qui . offre la consistance de la glu, et qu’une légère traction allonge en fils élastiques. En décomposant ces masses, on arrive à des agglomérations de grains réunis quatre par quatre : ce sont ceux qui, formés dans un même utricule,ont conservé leur cohérence primitive. Nous pourrions citer un grand nombre de pollens dont les grains se présentent ainsi agglomérés par quatre (fig. 332), ou par huit {fig. 333), ou même par seize, soit que ceux de deux ou quatre utricules se soient définitivement groupés ensemble, soit que dans un même utricule il s’en soit développé un nombre multiple. Dans les Asclépiadées, tous les grains d’une même loge se sont réunis par leurs parois en une masse unique et formant ainsi un tissu cellulaire continu.
§ 455. Mais laissons de côté ces divers modes de structure exceptionnels, et revenons à celui qui se rencontre habituellement, celui où les grains, définitivement libres dans une cavité commune, la remplissent comme une sorte de poussière et s’éparpillent lorsqu’ils en sortent. Ces- grains, avons-nous déjà dit, sont eux-mêmes des utricules; nous avons donc à y étudier deux parties : l’une, contenante, ou l’enveloppe ; l’autre, contenue.
§ 456. Lorsque le grain de pollen est mùr, son enveloppe est généralement double, composée d’une membrane externe et d’une interne. La première s’est formée d’abord et s’est doublée plus tard de la seconde, ainsi qu’on devait s'y attendre. Dans quelques cas rares, on trouve une troisième membrane intermédiaire. Dans quelques cas, beaucoup plus rares encore, on n’en trouve qu’une seule, et alors elle est analogue à l’interne par sa texture {fig. 337).
C’est la membrane externe qui donne au grain du pollen sa forme et sa couleur, constantes dans une même espèce de plante. Elle est, en effet, ordinairement assez dure et ferme, tantôt lisse,