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Grain de pollen de Ylpomaa

35ii BOTANIQUE.

lairc épanchée en membrane sur toute la surface du pollen. Ce serait donc cette matière seule qui formerait l’enveloppe externe lorsqu’elle est simple.

§ 458. Quant à la membrane interne, elle est toujours identique dans tous les pollens différents, unie, très-mince et transparente, extrêmement extensible. Dans quelques plantes, les graminées, par exemple, elle adhère dans toute son étendue à la membrane externe ; dans d’autres, à certaines places seulement ; dans la plupart, elle s’en détache en totalité.

§ 459. Fovilla. — Au dedans de cette enveloppe interne est renfermée une matière à laquelle on a donné le nom de fovilla, formée d’un fluide épais et d’une foule de petits corpuscules granuleux, auxquels viennent fréquemment s’associer des gouttelettes huileuses et, beaucoup plus rarement, se substituer des granules de fécule. Les corpuscules sont en général de deux sortes ( fi g. 348, f) , la plupart extrêmement petits et sphériques ; quelques-uns [fig. 349) beaucoup plus gros, globuleux eux-mêmes, ou ellipsoïdes, ou allongés en courts cylindres, amincis à leurs extrémités. Ces corpuscules, surtout les derniers, ont fixé particulièrement l’attention des physiologistes, qui croyaient reconnaître en eux les agents immédiats de la fécondation, et y ont constaté certains mouvements fort remarquables. Mais cette faculté de se mouvoir est-elle réellement une faculté vitale? M. R. Brown a reconnu qu’un trémoussement très-actif, qui agite tous ces corpuscules, se rapprochant et s’éloignant tour à tour les uns des autres, et susceptibles ainsi d’une locomotion bien évidente, n’est pas une propriété qui lui soit particulière, mais qu’elle se retrouve également dans les molécules de tous les corps, non-seulement organisés, mais aussi inorganiques. Il ne doit pas être ici question de ce mouvement, qu’on a nommé brownien, et qui parait être une propriété physique et générale de la matière extrêmement divisée; mais on a cru reconnaître dans les corpuscules de la fovilla quelques phénomènes de locomotion mieux caractérisés, ne tardant pas à s’arrêter dans des liquides impropres à la vie, comme l'alcool, ou quelque temps après leur sortie du grain pollinique, et rappelant jusqu’à un certain point celle des animalcules infusoires, surtout dans ceux qui sont plus gros ou plus allongés, et où l’on a aperçu des mouvements de contraction ou de flexion {fig. 349). Ces délicates observations, objet de nombreuses controverses, demandent donc à être vérifiées, en recherchant si le phénomène bien réel ne pourrait pas être expliqué par une illusion ou par une cause purement physique. Quoi qu’il en soit, que la partie active réside dans ces corpuscules

ou dans le lluide où ils nagent, ou dans tous les deux à la l'ois, il est indubitable que la fovilla est l’élément essentiel du pollen.

§ 400. Enveloppes et formes extérieures du pollen — 11 nous

reste à exposer comment son action a lieu à travers les membranes qui l'enveloppent : c’est ce que nous fera connaître l’examen des formes diverses du pollen et de ses divers modes de déhiscence. Les grains de pollen se présentent le plus fréquemment sous la forme d’un ellipsoïde [fig. 339, 340), plus ou moins aminci à ses deux bouts [pp), qu'on peut appeler ses pôles; de même qu’on peut appeler équateur la ligne circulaire (e) qui, également distante de ces deux extrémités, la partage en deux moitiés égales. Cette ligne, le plus ordinairement idéale, est quelquefois marquée par la présence de certains points particuliers, ainsi que nous le verrons tout à l’heure. Dans le cas où le grain est un ellipsoïde , comme dans le cas plus rare où c’est un sphéroïde, la surface offre une courbe continue. Dans un très-petit nombre de plantes (. Zostera marina et plusieurs autres Zostéracées), le grain s’allonge en un véritable tube ou cylindre , une sorte de fil creux ( fig . 337). D'autres fois la surface n’offre pas cette régularité, mais semble formée par la rencontre de plusieurs segments courbes.

Une forme assez commune est celle qui résulte de la rencontre de trois de ces segments, et alors on dit que le pollen est trigone ( fig . 348, 350).

Enfin, il n’est pas rare que les grains de pollen affectent la forme d’un polyèdre. Alors des faces planes ou à peine courbes sont séparées par des angles solides, quelquefois même saillants en manière de crêtes. Ces faces peuvent être toutes semblables entre elles; mais dans le plus grand nombre de cas, elles ne le sont pas toutes, et, par exemple, on trouve celles qui correspondent aux pôles, p, différentes de celles qui correspondent à l’équateur e (fig. 338).

§ 461. Nous devons faire remarquer que la forme du pollen se modifie suivant le plus ou moins grand degré d’humidité dont il

337. Pollen du Zostera marina. — 1 Amas des grains contenus dans une anthère, et représentant comme un écheveau de fil. — 2 Deux bouts de ces fils beaucoup plus grossis.

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