Grain de pollen de la Chicorée [Chicnrium in 'y bus
est pénétré. Si on le laisse quelque temps exposé à l’air, il se dessèche , se rétrécit ; ses pôles ou ses angles tendent à devenir de plus en plus aigus [fig. 347, 1). Si, au contraire, on le place dans l’eau, il se gonfle [fig. 347, 2) ; ses angles s’effacent et il ne tarde pas à prendre l’apparence plus ou moins complète d’un globule. Sa forme véritable doit être cherchée entre ces deux extrêmes : c’est celle qu’il a dans l’intérieur de l’anthère encore close, dans un milieu humide, mais non liquide.
§ 462. Déhiscence du pollen. — La déhiscence du pollen résulte de la faculté inégale qu’ont ses deux membranes de s’étendre lorsqu’elles sont mises en rapport avec un liquide. L’extérieure, qui la présente à un degré moindre que l’intérieure, doit, à la lin, pressée par celle-ci, lui donner passage. Ce passage a lieu à travers des ouvertures, soit accidentelles, soit ménagées d’avance sur la surface du grain.
Le premier mode a lieu lorsque sa face est parfaitement homogène dans toute son étendue, comme elle l’est, en effet, dans un certain nombre de plantes. Alors, si l’humidité se trouve appliquée à une certaine place du grain, la partie correspondante de la membrane interne tend à se distendre plus que les autres, tandis que celle de la membrane externe ramollie lui oppose un moindre obstacle, et, poussée de dedans en dehors, finit par se rompre.
§ 463. Mais, dans la plupart des pollens, les choses ne se passent pas ainsi, parce qu’il se trouve d’avance sur la surface de la membrane externe des places plus faibles que d’autres ; soit qu’elle s’y montre seulement amincie, soit qu’il s’y rencontre de véritables solutions de continuité. Ces amincissements se présentent,, en général, sous l’apparence de plis saillants vers l’intérieur du grain ; ces solutions de continuité, sous. celle de petites ouvertures circulaires qu’on a nommées pores, mais qui, comme celle des cellules auxquelles on donne le même nom (§ 17), ne sont peut-être le plus souvent que de petits espaces extrêmement amincis eux-mêmes et par conséquent susceptibles de se rompre beaucoup plus rapidement. Tantôt les grains d’un même pollen n offrent que des plis sans pores, tantôt que des pores sans plis, tantôt les uns et les autres.
§ 464. La partie amincie de la membrane qui correspond aux plis diffère, en général, par son aspect, du reste de la surface, quoique, dans certains cas, elle en rappelle les caractères affaiblis, qu’elle soit, par exemple , en partie couverte par des granulations ou des ponctuations. Mais le plus ordinairement elle est lisse et transparente. Les plis occupent quelquefois toute la Ion-
gueur du grain, s’étendant d’un pôle à l’autre, ce qui est leur direction habituelle. D’autres fois ils sont plus courts et également éloignés des deux pôles. Leur nombre varie : le plus fréquent est l’unité, qu'on observe dans la majorité des plantes monocotvlédonées (fig. 339), ou celui de trois, qui se rencontre au contraire dans beaucoup de dicotylédonées (fig. 310). L’existence de deux
plis seulement n’a été constatée que pour un petit nombre d’exemples; celle de quatre est aussi fort rare, celle de six beaucoup moins. On peut en observer davantage, jusqu’à douze et même au delà.
Ces plis sont presque constamment droits ; ce n’est que dans quelques cas très-rares qu’ils prennent une direction courbe ou môme spirale, en séparant ainsi I deux zones contournées en spirales elles-mêmes (par I exemple, dans le Mimulus moschatus [fig. 341 ]) .
Lorsque le grain est gonflé par l’eau , le pli disparaît et sa membcane, en se dépliant, prend à peu près l'aspect d’un fuseau sphérique, c’est-à-dire d’un segment de la surface compris entre deux arcs qui convergent vers les pôles. Dans un petit nombre de pollens, cette extension du pli paraît l’état normal, et on y observe les zones amincies, mais non repliées. Souvent alors elles ne s’interrompent pas aux pôles, mais s’y confondent ensemble.
§ -i6o. Les pores varient, de môme que les plis, par leur nombre, et offrent sous ce rapport les mômes combinaisons, c’est-à.-dire qu’on en trouve souvent en un seul, et cela ie plus ordinairement
339. Pollen d’un Ail [Allium ftstulosum). — p Pôle. — e. Équateur. — 1 Grain vu sur une face. — 2 Sur la face opposée. — 3 Sa tranche transversale, suivant l’équateur.
340. Pollen d’un Liseron | Convolvulus Iricolor). Les lettres et numéros ont la mênqe signification que dans la figure précédente.