‹ Cours élémentaire d'histoire naturelleChapitre 113 sur 262 · FRUIT. — PÉRICARPE · texte numérisé non relu

FRUIT. — PÉRICARPE

développera pas; le péricarpe avortant, les graines se flétriront. On peut, cependant, citer quelques cas exceptionnels dans lesquels ou les graines mûrissent sans péricarpe ou au contraire l’avortement des graines, loin d’arrêter le développement, semble le favoriser, comme dans les bananes, l’arbre à pain, etc. Leurs variétés qu’on mange, et dont le fruit devient si charnu et si succulent, ne produisent pas de graines fécondes ; et, lorsque celles-ci se développent, la chair du fruit perd d’autant en épaisseur et en sapidité. On observe, au reste, quelque chose d’analogue dans les fruits de nos vergers, et les sauvageons présentent, en général, un développement de la graine beaucoup plus grand par rapport à celui du péricarpe.

§ 503. Mais prenons le cas ordinaire et normal, celui où les deux développements marchent concurremment, et examinons d’abord les changements qui s’opèrent dans l’ovaire. Ceux de l’ovule et sa structure nous occuperont ensuite.

Rappelons d’abord la structure du carpelle, qui est celle d'une feuille repliée ou contournée sur elle-même, dont les bords se sont soudés ensemble, de telle sorte qu’il offre une surface intérieure correspondant à une cavité , et une surface extérieure, revêtues chacune par leur épiderme, et, entre ces deux couches d’épiderme, un parenchyme parcouru de bas en haut par des faisceaux fibro-vasculaires. On peut donc y reconnaître trois couches : l’épiderme intérieur [fig. 398a) ou épicarpe (epicarpium [d’siri, sur]) ; le parenchyme intermédiaire (fig. 398 n), ou mésocarpe ( mesocarpium [de y-s'joç, qui est au milieu]) ; le parenchyme intérieur]/?#. 398 m) ou endocarpe ( endocarpium [de sv^ov, en dedans]). L’utilitéde ces noms différents résulte du développement différent que prennent souvent ces parties dans celui du fruit.

§ 504. Le péricarpe, en se développant, conserve sa ressemblance avec la feuille, comme, par exemple, dans le fruit si connu du Baguenaudier : on le dit alors foliacé ou herbacé. Tantôt cette

398. Partie inférieure du carpelle ou gousse de la Fève de marais (Fala saliva), coupée transversalement pour faire voir la composition du péricarpe. — c Epicarpe ou épiderme extérieur. — m Mésocarpe — n Endocarpe. — sd Suture dorsale. — sv Suture ventrale. — g Une graine située à la hauteur de la section, et coupée de même transversalement.

ressemblance s’efface plus ou moins complètement par la couleur et la consistance différente que prennent une ou plusieurs des trois couches. L’extérieure (épicarpe), celle qui forme ce qu’on appelle le plus souvent la peau du fruit, conserve en général son apparence épidermique, quoique épaissie souvent par l’addition d’un certain nombre de rangées cellulaires. Le mésocarpe prend fréquemment un développement tout à fait différent du parenchyme de la feuille, et se change en une chair plus ou moins succulente, plus ou moins épaisse : c’est ce qui avait engagé Richard à proposer, pour cette couche moyenne, le nom de sarcocarpe ( sarcocaj'pium. [de aapij, crapy.oç, chair, pulpe]), nom qui d’après son étymologie ne convient pas aux fruits herbacés, et qu’en conséquence il vaut peutêtre mieux ou abandonner tout à fait ou appliquer seulement aux fruits charnus. L’endocarpe l'este quelquefois à l’état d’une fine membrane tapissant la surface de la loge; mais, d’autres fois, ses cellules s’encroûtent d’une matière ligneuse, et souvent alors celles de la portion voisine du mésocarpe éprouvent une modification analogue, de telle sorte qu’on a autour de la cavité du péricarpe une enveloppe plus ou moins épaisse, plus ou moins dure; c’est elle qui, dans beaucoup de fruits, forme ce qu’on appelle le noyau ( putamen ).

§ 505. Eclaircissons l’exposition précédente par quelques exemples bien connus. Dans une cerise, un abricot, une pêche, la peau est l’épicarpe ; la partie qu’on mange, le mésocarpe ou .sarcocarpe; le noyau, l’endocarpe. En ouvrant celui-ci, on trouve ài l’intérieur une amande, qui est la graine. Dans le fruit de l’Amandier, en dehors de l’amande, on trouve l’endocarpe sous la forme d’une coque mince et cassante, que revêt un mésocarpe à chair coriace, verte et mince. Dans celui du Noyer, la noix est la graine enveloppée de son endocarpe; l’enveloppe verdâtre et fibreuse, dont on s’est débarrassé en l’écalant et qu’on connaît sous le nom de brou, est le mésocarpe avec son épiderme. C’est donc la graine de ces deux derniers fruits qu’on mange en rejetant les péricarpes; tandis que dans les premiers on mange une partie du péricarpe en rejetant l’endocarpe et la graine. Ils résultent tous d'un carpelle simple. La poire, la pomme résultent, au contraire, d’un ovaire composé et adhérent; leur peau, ou épicarpe, était donc l’épiderme du calice confondu avec l’ovaire; leur chair est le mésocarpe, et leur centre est occupé par cinq petites cavités renfermant les pépins ou graines, et tapissées d’une couche écailleuse, qui est l’endocarpe. Celui-ci, dans la nèfle, prend un développement beaucoup plus grand, celui d’un noyau : on y trouve

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