DISSÉMINATION
verte de poils de nature diverse , analogues à ceux que nous avons vus sur d’autres parties; mais il en est qui offrent une forme particulière et remarquable : ce sont des utricules plus ou moins allongés, doublés à l’intérieur d’un fil spiral (par exemple dans VHydrocharis , le Collomia [fig. 488]).
§ 585. Nous avons dit que c’est dans le tégument externe de l'ovule que marche le raplié. Or, comme c’est ce tégument qui, soit seul, soit confondu avec d’autres plus intérieurs, forme le testa de la graine , c’est aussi dans le testa que nous trouverons généralement le raphé, suivant quelquefois une gouttière creusée à sa superficie, plus souvent un canal pratiqué dans son épaisseur. Le faisceau du raphé s’épanouit vers la chalaze en se réfléchissant vers l’intérieur, et, passant du testa dans la membrane interne, envoie quelquefois des rameaux qui se dispersent en remontant sur celle-ci ( fi g . 485, n). Dans toute l’étendue qui corres, ond à cet épanouissement les deux enveloppes se sont épaissies, et leur tissu s’est modifié d’une manière plus ou moins remarquable.
§ 586. Dissémination. — La maturité de la graine coïncide, le plus généralement, avec celle du fruit. Alors commence la dissémination, c’est-à-dire l’acte par lequel les graines, détachées de la plante qui leur a donné naissance, s’éparpillent plus ou moins loin d’elle pour vivre de leur vie propro. Souvent le fruit se détache avec elles par la désarticulation de son pédoncule, ils tombent l’un contenant encore l’autre. Le funicule se désarticule luimême au point du hile, et la graine devient libre dans la loge. Si le péricarpe est déhiscent, elle en sort naturellement dans les mouvements qui peuvent être imprimés au fruit desséché, souvent par la pression même des valves qui se contractent élastiquement en se séparant; s’il est indéhiscent, la sortie est plus tardive à travers le péricarpe, qui, désormais privé de vie, sc décompose peu à peu et se sépare par lambeaux. Des causes nombreuses favorisent la dissémination : la pesanteur qui a augmenté à mesure que la force d’adhérence diminuait , l’ébranlement donné par le vent ou la pluie; l’intervention des animaux qui transportent et quelquefois même enfouissent les graines, soit involontairement, soit volontairement et pour s’en nourrir, et, lors même qu’ils se
488. Utricules de la couche externe d’une graine de Collomia grandijlora trèsgrossjs et observés dans l’eau.
sont nourris du fruit, il arrive fréquemment que l’amande, défendue par un noyau ou un testa ligneux et épais, résiste à la digestion et est rendue intacte à la terre avec les excréments. Certaines graines offrent prise à l’action de ces agents extérieurs, comme, par exemple, toutes les graines pourvues d’aigrettes; sorte de parachute qui les soutient en l'air et permet au vent de les emporter au loin.
§ 587. Quelques graines continuent à pousser sans se détacher de la plante. Dans des arbres assez élevés (le Manglier par exemple), la radicule, perçant le testa et le péricarpe, s’allonge assez pour gagner la terre. Dans des plantes qui croissent ras-terre, la. graine s’enterre elle-même à l’extrémité du rameau qu’elle n’a pas abandonné, et qui souvent même l’aide en se recourbant à cette époque vers le sol (par exemple, dans le Trifolium subterraneum).
§ 588. Bien des graines échappent à ces actions, se dessèchent à l’air, se pourrissent dans l’eau, sont dévorées par les animaux; mais il en est toujours un certain nombre qui, par une cause ou l’autre, se conservent à la superficie du sol ou s’enfouissent à une certaine profondeur. La nature a assuré la conservation des espèces ■ végétales par le nombre des graines qu’elles portent, nombre horsde toute proportion avec celui des individus qui doivent vivre. On cite à cet égard l’exemple du Pavot, où chaque fruit renferme une telle multitude de graines qu’il suffirait pour couvrir de pavots toute la surface de la terre en peu d’années, si elles se dévelop-- 1 paient toutes pendant plusieurs générations successives.
§ 589. Germination. — Un certain degré de chaleur et d’humidité est nécessaire à la vie ultérieure de l’embryon dans la graine devenue libre, avec ou sans son péricarpe. Nous avons' 1 vu (§ 286) qu’il lui faut une certaine proportion d’oxygène , et par conséquent le libre accès de l’air ; mais chez beaucoup de graines, lorsqu’elles sont privées de ces conditions, la vie se suspend sanss’éteindre, et on peut les conserver ainsi pendant une longue suite d’années en les tenant à l’abri de l’eau et de l’air : de là l’usage ( de les enfouir à une grande profondeur dans des cavilés convenu- r blement préparées, et qu’on nomme des silos. Leur conservation spontanée s’observe fréquemment dans la nature. Les terrains nouvellement défrichés, les bords des tranchées plus ou moins profondes sur un sol très-long-temps intact, se couvrent presque toujours d’une végétation nouvelle différente de celle qu’on y observait auparavant, et il n’est pas rare d’y voir paraître des plantes depuis long-temps disparues du pays, où cependant on sait qu’elles ont autrefois vécu . Leur apparition prouve que leurs graines, en-