MOUVEMENTS DIVERS
rées dans leur ensemble, diminuent; dans les racines dépourvues de moelle et où le système cortical a pris un bien plus grand développement, c’est de la circonférence au centre. Si l'on vient à les écarter de leur tendance naturelle, par suite de la position plus on moins rapprochée de l'horizontale qu’elles auront prise, la force d’endosmose sera affaiblie dans le côté qui regarde en bas ; il cessera donc de neutraliser la tendance du côté qui regarde en haut, et celui-ci se courbera dans le sens que commande la disposition de ses plans cellulaires, en formant un arc dont, la concavité regarde en haut si c’est une tige, en bas si c’est une racine, en dirigeant son extrémité libre en haut dans le premier cas, en bas dans le second.
Quoi qu’il en soit de la valeur de cette explication par rapport à ce problème si difficile de la direction des axes végétaux, le principe sur lequel elle repose peut aider à se rendre compte d’un grand nombre de cas moins compliqués, où il y a mouvement par suite d’incurvation, et cela au moyen d’une force déjà connue, l’endosmose, que nous avons vue jouer un si grand rôle dans le mouvement des liquides, et qui paraît en jouer également un dans celui des solides, par suite du gonflement inégal dont sont susceptibles des parties juxtaposées. Nous a\ons donc dû entrer dans tous les détails qui précèdent, quoique jusqu’à présent il n’ait pas été question de mouvement proprement dit, et que les changements de direction dont nous nous sommes occupés n’aient lieu que par suite de la croissance , par l’addition de parties nouvelles aux parties déjà formées, et n’entraînent nullement un changement de place dans celles-ci.
§ 652. Mouvements divers. — La déhiscence des anthères et celle des péricarpes estaccompagnée d’un changement de forme dans ces organes. Il est souvent fort lent et ne s’opère que graduellement de manière à ne pas donner à l’observateur l’idée de mouvement; mais il la donne d’autres fois en s’opérant brusquement et presque soudainement. Nous avons exposé ailleurs (§ 45 f , 508) le mécanisme de ce mouvement, qui résulte de la structure des parties : certains points ou certaines lignes présentent moins de résistance que le reste des parois ; celles-ci se dilatent ou se contractent, soit par l’acte même de la végétation de laquelle résultent l’extension progressive des tissus, l’afflux des sucs liquides à une certaine époque et à une autre leur diminution ; soit par l’action des causes physiques venant du dehors, comme les variations dans la température, dans l’état hygrométrique de l’atmosphère, etc. f.a déhiscence brusque suppose toujours un certain état de tension dû généralement à
une disposition analogue à celle que nous venons de signaler dans les axes (§ 651), savoir, à l'inégale extensibilité de plans juxtaposés de fibres ou de cellules qui se remplissent par l’effet de l’endosmose, ou, au contraire, se vident par la perle graduelle des parties liquides. Les valves, jusqu’à la maturité, ont été maintenues dans leurs rapports par leur mutuel antagonisme ; mais, l’équilibre une fois rompu, ces valves séparées obéissent à leur tendance propre, se redressent, se courbent ou se recroquevillent de diverses manières. C’est ce qu’on peut observer dans les coques des Euphorbiacées, notamment du Sablier élastique ( Hura crepilans), et dans celle des Diosmées où même, par suite de ces tensions inégales, les différentes couches du péricarpe, le mésocarpe et l’endocarpe, se séparent entre elles en affectant des formes différentes, le premier restant dressé, le second se recourbant avec force.
Chacun peut voir la capsule mûre de la Balsamine se partager en cinq valves, dont chacune se roule alors en spirale en dedans. M. Dutrochel a montré que ce mouvement est augmenté si l’on plonge la valve dans l’eau pure, qu’il s'opère en sens inverse si c’est dans le sirop de sucre; qu’examinée anatomiquement elle présente des cellules décroissant de l’extérieur à l’intérieur; que c’est donc une véritable incurvation par endosmose, ces cellules se trouvant occupées par un suc plus dense que l’eau , moins dense que le sirop de sucre.
Le fruit du Momordica .elaterium se détache à la maturité de son pédoncule, et il en résulte, à sa base, un trou par lequel un Il m idc épais contenu dans sa loge avec les graines est lancé violemment au dehors, et on peut remarquer qu’alors le péricarpe s’allonge un peu en diminuant de diamètre. C’est que le tissu cellulaire de ce péricarpe va, comme celui de la Balsamine, en décroissant de dehors en dedans ; que le fluide contenu dans son intérieur, et qui s’épaissit d’autant plus qu’on approche davantage de la maturité, agit à la manière du sirop de sucre et tend à redresser les valves, et celles-ci, pressant ainsi sur le liquide et repoussant le sommet du pédoncule qui sert comme de bouchon, déterminent celle déhiscence singulière.
Ces mouvements peuvent s’expliquer par des causes physiques et mécaniques. Passons à d’autres où l’intervention de ces causes est beaucoup moins claire, et pour lesquels notre ignorance est souvent obligée de recourir à l’agent mystérieux de la vie.
§ 653. Nous savons (§ 123) que dans la très-grande majorité des plantes les feuilles offrent deux faces : une supérieure, tournée